‹ Ris et croquis [microforme]Chapitre 11 sur 76 · VISA · texte numérisé non relu

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seuls, n, de exhor-

route

Et les bergers de répondre à l'unisson :

Courons au, z'au, z'au Courons plus, plus, plus Courons au Courons plus Courons au plus vite A cet humble gite.

Le Canada a conservé quelques-uns de ces vieux noëls bretons ou normands, si populaires en France au XVII® siècle.

Qui de nous, dans ses souvenirs champêtres,

ne se rappelle point les paroles suivantes :

D'où viens-tu, bergère, D'où viens-tu ?

—Je viens de l’étable De m’y promener, De voir un miracle Qui vient d'arriver,

Et après plusieurs strophes de ce genre, toutes aussi naïves que gracieuses, le noël finit par cette perle :

Rien de plus, bergère, Rien de plus ?

— Sont trois petits anges, Descendus du ciel, Chantant les louanges Du Père éternel !

Il y aurait toute une étude à faire, sur ces jolis petits poëmes, nés de l'inspiration spontanée de poètes, pour la plupart illettrés, mais qui, corme les anciens troubadours, avaient une certaine disposition pour la rime, et la facilité de donner à leurs pensées, cet ensemble mélo. dieux qui vient de l’âme, et qui s’épanche audehors, en accents émus et sympathiques.

Et les pieux cantiques qui remplissent le tem. ple saint de leur douce mélodie, dans les fêtes de Noël, pouvons-nous les oublier? Pouvonsnous oublier ces chants suaves et touchants que le temps apprend chaque jour à respecter, et

qu’il désespère de ne pouvoir jamais vouer à l'oubli ?

Les années s’écoulent ; les prétendus bijoux

du lyrisme lascif, brillent quelques secondes, comme des météores d’un instant, puis disrarais-

sent dans les brumes du passé, et cependant, nous entendons avec un plaisir toujours nou:

veall,

Il est né le divin enfant, Jouez hautbois, résonnez musettes, tanée Il est né le divin enfant,

à Chantons tous son avènement ; s qui,

»s jO-

t une Ah! qu'ilest beau, qu’il est charmant, tee Ah ! que ses grâces sont parfaites !

acihté Ah! qu'il est beau, qu’il est charmant,

mélo. Qu'il est doux ce divin enfant !

e &ll-

On a beau dire, le christianisme par la simplicité de son origine, le grandiose de ses fêtes, et le sublime de sa fin, sera toujours la source par excellence de l'inspiration.

le tem.

s fêtes uvonsts que Quand l’orgue, à minuit, de sa voix puissante, ter, et accompagne les chœurs ra,,.elant à la foule agenouillée et recueillie, le grand événement qui marque d’un sceau divin, la première seconde bijoux de l’ère chrétienne, ne nous ondes,

kr arais-

ouer à

dirions-nous pas en effet, transportés dans ces plaines de Be-

thléem, où les anges, jadis, ansonçaient aux

bergers la naissance du Messie? la table sainte où nous accourons tous, n'est-elle pas la crèche sacrée où nous, bergers d’un autre âge, nous venons rendre hommage au Sauveur des nations ?

et, à ce moment suprême, ne pouvons-nous pas redire avec de Fontanes :

Les pleurs, les vœux, l’encens qui monte vers l’autel, Cet orgue qui se tait, ce silence pieux,

L’invisible union de la terre et des cieux ;

Tout enflamme, agrandit, émeut l’âme sensible,

11 croit avoir franchi ce monde inaccessible,

Où sur des harpes d’or l’immortel séraphin

Aux pieds de Jéhovah, chante l'hymne sans fin,

Noël est encore le commencement du dernier acte du grand drame d’Eden : drame qui plongea d'abord le mortel dans l’abîme du péché, drame qui le sauva ensuite, et lui rendit l’immortalité par la main d’une femme.

Quelles scènes majestueuses se déroulent de-

puis le premierr eflet du glaive flamboyant du

nt

ainte ‘èche 1$ VEons ?

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utel,

lernier longea drame rtalité

ent deant du

et

chérubin aux portes d’Eden jusqu'aux premiers vagissements de l’Enfant-Dieu, dans l’étable de Bethléem.

Le roi des enfers triomphe durant des siècles, et impose son sceptre usurpateur aux créatures de Dieu: œuvre du Créateur, lui-même, il s’arme contre son auteur, et lui livre des combats acharnés.

Mais Dieu a parlé au commencement des temps.

Sa parole ne faillira point.

Un dernier combat se livre, à la naissance de Jésus, et la Vierge de Nazareth écrase la tête du serpent infernal. Lucifer avait triomphé de la femme dans le paradis terrestre ; la femme triomphe de l’ange des ténèbres dans l’étable de Bethléem.

En célébrant cette mémorable victoire, dans la belle fête de Noël, chrétiens, n'oublions pas de dire avec Turquety :

Oh ! sois heureuse entre les femmes, Vierge au front pur, au nom béni!

Ton sein, plein de célestes flammes, Ton sein a porté l'infini ;

Le Seigneur t’a faite si haute,

Que tu peux réparer la faute

De l’ancien couple criminel.

Le sceau qui le marquait s’efface, L’Eve antique reprend sa place Aux applaudissements du ciel !

Et nous devons ajouter: aux acclamations

unanimes et reconnaissantes de la chrétienté.

ations nté.

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