‹ RITUEL DU DIOCESE DE BELLEYChapitre 11 sur 48 · II. Il ne faudrait pas conclure de cette déA · texte numérisé non relu

II. Il ne faudrait pas conclure de cette déA

nllion qne les Evcques ne peuvent pas faire de i^emens obligatoires sans le concours d'un synode. Il est certain , au contraire ^ et par les principes de la foi et par la tradition de tous les siècies , que le pouvoir législatif d'un Evèque est indépendant du clergé du second ordre. Le sentiment de tous les théologiens et de tous les cano- Bistes catholiques est unanime sur ce point (i)^ III. Les synodes sont très-utiles pour le maintien de la discipline. Les prières qu'on y fait^ les conseils qu'on y reçoit 9 les ifxemples qu'on a devant les yeux y tout concourt à réveiller l'esprit ecclésiastique de ceux qui assistent à ces assemblées. On est d'ailleurs plus disposé à obéir aux lois et aux réglemens quand on en a eu communication, quand on a fait ou entendu faire des observations dont on est préoccupé et auxquelles l'autorité épiscopale a donné des réponses satisfaisantes. C'est pour cela que les synodes

(I) BeooU XIV, de^S'ynodo Dixec»^ lib, i3, c. 1 et%i Bellarmio , lih, 1 , de Concilns , c. 4 » Suares , de Legib», Ub. 5, cap, 4) ^' ^^^* ^f ^- ^^» ^^° Ëspen, tr. 23 , p. i, ar^. 8) c. 4; Gonfér. d'Angers, lois, quest. 4, art. 3; tnr la Hiérarcbie, tom. 2, confér. 4, part. I; sur les Synodes , confér. 3 ; Fleuri , instituf. au droit ecc. , Jj* part., cbap. 13; d'Héricourt, lois eccl., ch. I, n.» vii} et cb. 14 , n.o usj.

sont 6t fortement recommandés par les saints caf nons, et en dernier lieu par le concile de Trente^ sess. 24) chap. 2^ de re formation. ^

IV, L'Evêque seul peut assembler le synode^ les vicaires*généraux ne peuvent le faire que par délégation spéciale. Cependant, les grands-yicaires capitulaires ayant une juridiction plus étendue, peuvent assembler le synode aux Coques accoutumées, quand il y en a de fixées par les ré* glemens antérieurs.

y. L'Ëvêque ébnvoque au synode les chanoines de sa cathédrale^ qui sont ses premiers conseillers, les curés, prieurs et autres prêtres.

yi. Tous les ecclésiastiques que l'Evêque appelle au synode sont dès-lors obligés de s'y ren« lire» et de ne s'en retourner chez eux qu'après -4{u'il est fini.

VII. L'Evêque peut restreindre la convocation au synode à une classe particulière du clergé^ par exemple aux archiprêtres , aux curés inamovible^. Et alors xil n'y aurait que ceux-là qui fussent obligés de s'y rendre ^'et qui encourraient les peines ecclésiastiques prononcées contre les abscns.

VIII. L'assistance «luqrDode convoqué par l'Evêque est un devoir plutôt qu'un droit. Aussi ^ d'après les saints canons 5 ceux qui ne sont pas venus doivent s'excuser auprès de leur Evêque

(^9 ) de ne pas s'être rendus à ses ordres. Ce devoir est imposé principalement aux pasteurs ^ parce qu'ils ont plus d'expérience et peuvent être plus utiles  l'Evêque qui veut les consulter ^ et aussi parce qu'ils ont des devoirs plus étendus à remplir. IX. L'Evêque nommait autrefois plusieurs offieîers synodaux qui avaient chacun leurs fonclions particulières 9 qui n'ont presque plus d'objet aujourd'hui 9 ou sont remplies d'une autre manière. Il nommait: i.'un ecclésiastique chargé de procurer des logcmens; a.* des portiers qui ne laissaient entrer que ceux qui étaient appelés; 3.* un confesseur ; 4'* deux promoteurs qui proposaient les affaires à traiter; 5.* des juges synodaux qui examinaient les contestations qui exis« taient quelquefois entre les ecclésiastiques ^ quelquefois même avec des laïcs , et les terminaient ordinairement à l'amiable^ ou en faisaient le rapport au synode; 6." d'autres juges synodaux qui étaient chargés d'examiner et de juger sur les lieux les affaires qui étaient portées en cour de Rome et que les papes leur renvoyaient par prudence et pour éviter les surprises; 7.** un orateur qui portait à TEvêifiie les voeux de l'assemblée ; 8.* des préfets de mœurs qui veillaient en général sur l'observation de la discipline ecclésiastique dans un arrondissement qui leur était assigné; 9.* des 'témoins synodaux chargés d^

(6« ) ▼eîller particalièTeiiient sur rohsermtioB de ce qcÀ avait été réglé dans) le «jueode pour en rendre compte au synode prochain. Leurs fonctione étaient à- peu-près les mêmes ^e celles des peéfets de mœurs, et on les réunissait souvent; lo.** des examinateurs qui prenaient des informations sur la conduite , les mœurs et la science des ordf nans , ou étaient juges dans les concours qui avaient lieu pour la collation des bénéfices à chaire d'âmes.

Aujourd'hui l'Evêque ne nomme qu'un promoteur qui expose les affaires à traiter, auquel chacun peut s'adresser pour faire connaître ses vœux, ou les renseignemens que sa conscience lui faisait une loi de donner pour empêcher des désordres.

X. Tons les prêtres qui assistent au sjrnode doivent y être en habit ecclésiastique; les chanoines en habit de chœur , les curés et tous les autres eccléHiustiques en surplis.

XI. Pour éviter des incertitudes on des discussions embarrassantes, nous déclarons que nos grands-vicaires et les membres du chapitre occuperont les premières places autour de nous; après eux viendront les Écchiprêtres, selon l'ordre de leur nomination ; ensuite les autres ^lasteurs au9si d*après l'époque de leur nomination ; et enfin les autres prêtres d'après l'époque de leur

ordination. Quoique nous regardions cet ordro^ comaie utile , il ne constitue pas un droit.

XII. Aussitôt que les cui*ës ont reçu le man« dément de convocation au synode , lequel contiendra rindication du lieu , du jour et de Theure de rassemblée, ib doivent prendre leurs mesures^ 8*ils n'ont point de vicaire, pour qu'un prêtre af^rouvé dans le diocèse rende à leur paroisse les services nécessaires pendant qu'ils seront absens. Si quelques-uns ne peuvent se faire remplâc^er , ib en informeront Monseigneur l'£vêque, afin qu'il désigne, s'il le faut, ceux d'entre les curés qu'il croira devoir rester sur les lieux en Tabsence des autres.

XIII. Le dimanche qui précédera le départ des curés pour le synode, ils préviendront leurs paroissiens de la tenue prochaine de cette sainte assemblée; ib en recommanderont le succès à leurs prières. Ils les avertiront en même temps d'avoir recours pour l'administration des sacremens , durant leur absence , aux prêtres approuvés qu*ib en auront chargés. Ils auront soin aussi , la veille de leur départ , de visiter tous les malades , d'adminbtrer les sacremens à ceux qui seraient en danger , et de pourvoir d'ailleurs aux besoins les plus urgens de leurs paroisses.

XIV. Dans le voyage et durant la tenue de l'assemblée, tous se comporteront avec la cir-

conspectioti et la modestie qui conviennent à des ministres de J.-G. Ils observeront aussi de ne prendre leur logement que dans des maisons convenables à' leur état, lorsqu'ils ne pourront avoir place dans notre séminaire.

XY. L'église où se fera Touverture du synode , sera ornée comme dans les grandes solennités. On aura soin d'y préparer autant de sièges qu'il sera nécessaire pour placer tout le clergé, chacun selon son rang. Le siège ou fauteuil de l'Evêque, avec l'estrade , le tapis , le carreau et le dais seront à l'endroit le plus éminent. Il y aura des sièges des deux côtés pour ses grands-vicaires^ o£Eiciaux, promoteurs, secrétaires et autres officiers ecclésiastiques 3 et devant l'estrade pour ses porte-insignes.

XVI. La veillé du synode, après V Angélus, et le jour même de l'assemblée , au moment de l'ouverture , on sonnera les cloches pendant un quart d'heure dans les églises de la ville , afin que les fidèles soient avertis de prier pour une si sainte action.

XVn. A l'heure indiquée pour Touverture du ïyviode qui se fait ordinairement à huit heures tlu matin, tous les eoclésfaatiques qui doivent y assister, s'étant rendus à l'église avec l'habit de chœur qui leur ei^t propre > ise mettent à leur place en silence, chacun selon son rang qui a

été désigne ci-dessus. Ensuite l'Svèque , en rochet^ en camail, avec l'étole de couleur rou^ et le bonnet carré » se rend aussi à l'église précédé des porte-insignes 9 et accompagné de ses grands-vicaires , offîcîaux , promoteurs et secré* taires.

]LVIII. Tout le clergé étant à genoux, le prélat entonne le Feni Creator, que le chœur conti* nue; puis^ debout et découvert, il chante les versets et oraisons qui sont marqués dans la seconde partie. La messe ayant ensuite été célébrée y conmie il est spécifié dans le missel , et selon qu'il aura été réglé par l'Evêque, le De profundis pour les ecclésiastiques décédés ayant été chanté, on se rend en procession, chacun selon sbn rang, au lieu destiné pour tenir le synode, en chantant les litanies propres, et en suivant les autres cérémonies telles qu'elles sont marquées au même endroit indiqué ; les litanies finies, le Prélat s'étant assis et tous les assistaus après lui , le promoteur diocésain fait son réquisitoire d'usage concernant la préséance, dont le secrétaire de l'évêché lui donne acte; celui-ci fait l'appel nominal; ensuite TEvêque, ou celui qu'il en aura chargé , prononcera l'oraison synodale dans une chaire préparée à cet effet.

XIX. Le discours fini, le promoteur fera toutes les réquisitions qu'il 'estimera nécessaires et'con-

tenaUe9| après lesquelles le Prélat donnera l'avis, qu'il jugera à propos, entendra tout ce qui sera proposé pour le bon Qjràre du diocèse , déclarera ses intentions pour l'ordre des séances et des opérations du synode , et fera publier les résultats, statuts, ordonnances et mandemens que les circonstances exigeront. Après la dernière séance et la clôtui*e du procès-verbal de l'assemblée, tout le clergé s'étant rendu à l'Eglise à l'beui^ indiquée , et de la même nninière qu'à l'ouverture du synode , Monseigneur l'Ëvêque entonnera le Te Deum que le cbœur continuera; puis l'oraison Omnipotens sempiterne, etc. étant dite , il terminera par la bénédiction pontificale iiolennelle.

TITRE IX

Sur tes Retraites pastorales.

On sera peut-être étonné que les synodes étant aussi utiles et aussi recommandés par les saints canons, on en tienne si rarement aujourd'hui. Nous répondons que les retraites ecclésiastiques peuvent être regardées comme l'équivalent des synodes, et sont même plus efficaces pour le maintien de la discipline ecclésiastique, parce qu'elles durent plus de temps , que les exercices de piété y sont plus nombreux^ que les dise us*

sioDS y sont plus rares ^ que le recueillement y est plus profond. C'est pour cela que dans presque tous les diocèses on tien( à ces saints exercices ^ et que nous avons tenu fortement et constamment nous-même à les procurer à notre clergé et à les suivre^ avec exactitude.

Il n'entre pas dans notre plan de rappeler ici tous les motifs qui doivent engager les ecclésiastiques et surtout les pasteurs des âmes à faire une retraite toutes les années. Ces motifs sont développés dans plusieurs ouvrages qui traitent de nos devoirs, mais l'expérience en dit plus que les livres; ce que nous ayons particulièrement en vue , c'est d'affaiblir les prétextes qu'on prend pour s'éloigner des retraites pastorales communes. Nous convenons d'abord qu'il est quelquefois utile 9 quelquefois même nécessaire 9 de faire des retraites particulières dans des maisons solitaires où , seul avec Dieu, on rentre profondément en soi-même , et on dit avec le Roi-prophète : Cogitavi dic$ antiquos et annos œternos in mente habui. Mais hors de ces cas extraordinaires , qui peuvent être nécessaires une fois à un petit nombre de personnes , nous pensons qu'il est plus utile de faire sa retraite au séminaire , et surtout de la faire en commun avec les autres prêtres du diocèse : 1." parce que Dieu y répand plus de grâces à raison de l'appel qui est fait par

le premier pasteur au nom de J.-C. et de TEglise; a.*" parce que les prières communes sont plus fréquentes et plus efficaces ; S."" parce que les instructions y sont plus nombreuses et plus appropriées aux besoins de ceux qui exercent le saint ministère ; on entre dans des détails plus eirconstanciés ; on dévoile plus clairement les replis du cœur, les pièges de l'ennemi et les dangers auxquels on est exposé ; on a plus de facilité, plus d'occasions de dissiper les illusions nombreuses auxquelles on ne se laisse aller que trop souvent; 4**' Parce que la parole de Dieu, annoncée officiellement par un ministre de J.-C, porte avec elle plus de grâces, outre qu'elle fait naturellement plus d'impression , ayant plus de force, plus de vie, que la parole écrite; 5.* Parce que dans les retraites commupes l'exemple entraîne et remue jusqu'au fonf de l'ânie , en nous mettant sans cesse sous les yeux ces paroles qui firent tant d'impression sur Saint Augustin : Numquid poteris quod isti et istœ; 6."* dans ces retraites on a plus de liberté pour le choix d'un confesseur éclairé et expérimenté, tandis que dans une maison religieuse on est ré* duit souvent à s'adresser a un seul homme , qui ne connaît qu'à demi des devoirs auxquels il est étranger, et s'appesantit sur des pratiques de piété , de surérogatioii , tandis qu'il laisse croupir

son pénitent dans des négligences graves et qui ont des suites funestes pour lui et pour ses ouailles. Nous en avons vu plusieurs exemples.

Nous sommes donc persuadés, d'après une longue expérience, qu'il vaut mieux assister à des retraites pastorales que de faire sa retraite en particulier; mais comme il est impossible que tocts les prêtres du diocèse assistent chaque année à la retraite pastorale, et qu'il est cependant nécessaire pour eux de vaquer annuellement à ces saints exercices, nous pensons qu'il est à propos que les prêtres voisins s'entendent pour aller alternativement à la retraite tous les deux ' MIS, et nmis conseillons à ceux qui ne pourront pas s'y renoue de^ venir faire leur retraite partieuliëre avec )es séminaristes au commencement OQ à la fin de l'année, ou même pendant le eours de l'axée. Nous avons eu la consolation d'en voir plusieurs qui ont prévenu nos désirs à cet égard; mais nous espérons et désirons ardemment en Voir augmenter le nombre.

Quelques ecclésiastiques respectables s'éloignent des retraites pastorales dans la crainte d'être désignés comme confesseurs; mais^nous faisons ici un appel à leur zèle et à leur conscience, et nous leur demandons s'ils n'auront pas accompli d'une manière plus parfaite et plus fructueuse pour eux les desseins de Dieu, quand

ils auront contriboé â ranimer la foi et la piéli , d'un pasteur qui doit aDer ensuite commnniqiier le leu sacré qui aura été allumé dans son cfleor i toutes les âmes qui sont sous sa direction. Ce genre de ministère est diffîcUe et pénible sans doute 9 mais les fruits sont proportionnés am dangers et les surpassent , mais les secoois dn , ciel sont plus abondans, mais les dispositioiis sont plus sûres 9 parce qu'on ne vient pas dans ces réunions sans être résolu à rompre les liens qui captivent; et sans avoir cessé de dire avec saint Augustin: Demain, demainx On ne vient que pour dire avec le saint Docteur : Pourquoi su êerait-ce pas aujourd'hui ? On n*a plus besoin que d'une main charitable qui soutienne et £ai« cilite le retour , et cette main croirait pouvoir sa fermer sans remords, sans crainte d'avoir un compte à rendre ? O qu'il nous est arrivé souvent de voir des âmes pieusement timides se féliciter d'avoir surmonté leurs répugnances et bénir le Seigneur des grâces inattendues qu'il avait atta* chées à leur ministère. Jamais > non jamais » on ne médite plus efficacement sur la nécessité de veiller sur soi , d'être fidèles à la grâce dans les plus petites choses , de fuir les plus légères occasions 9 de s'attacher inviolablement aux règles canoniques et d'en admirer la sage prévoyance» que dans l'exercice de ce saint ministère: on mééJte pour soi en ne travaiUaul ce stable <^ue

(69) pour les autres^ et chaque jour, chaque moment^ fournit des motifs d'humilité ou de recounaistence envers Dieu , dont le souvenir est ineffaçable.

Quelques ecclésiastiques, en petit nombre sans doute , s'éloignent des retraites à cause des petites dépenses qu'elles occasionnent; mais* s'il en est qui soient mus par ce motif, nous sommes persuadé qu'ils se le dissimulent et n'oseraient pas se l'avouer à eux-mêmes, dans la crainte d'y trouver une preuve de plus du besoin qu'ils ont de sonder les dispositions de leur cœur. Cepen* dant, comme il pourrait se faire que des circons* tances extraordinaires eussent en effet occasionné la gêne qu'ils éprouvent, nous les invitons à fkire part en toute confiance de leur embarras à M. le supérieur du séminaire, qui connaît à cet égard nos intentions , et mettra fort à l'aise •eux qui lui donneront cette marque de confiance, s

Que rien n'arrête donc nos vénérables coopérateurs dans l'œuvre du salut , dont nous sommes chargés en commun , et ne les empêche de venir méditer avec nous les grandes ^vérités qui nous sont annoncées. Le plus beau moment de l'année pour nou9 sera toujours celui où ils seront autour de nous , pour s'unir à nos prières , nous faire part de leurs peines et nous rendre témoin de leur ferveur.

( 7o) Nous recommandons expressément à tous les prêtres qui viendront à la retraite : i.* d'apporter un Nouveau Testament» l'Inûtation de J.-G.f un livre de méditations ou une vie de saints 9 pour s'occuper utilement dans l'intervalle des exercices; 3." deprendi-e toutes les précautions nécessaires pour ne pas interrompre la retraite qui doit durer ordinairement huit jours; quand oa a travaillé toute l'année au salut des antres 5 on a droit de réclamer pour soi ce petit nombre de jours ; 3.* de visiter leurs malades avant de partir, d'indiquer à leurs paroissiens )e prêtre auquel ils doivent s'adresser, s'il arrivait quelqu'accident pendant leur absence ; 4-'' ^ conserver beaucoup de gravité et de modestie pendant 1q Toyage pour ne pas scandaliser ceux qui d'abord auraient été édifiés de leurs pieuses résolutions; 5.** d'apporter un surplis et une étolc pour le jour de la communion générale; 6.' de dire avee confiance à M. le supérieur de la maison les adoucissemens dont ils auraient besoin pour soulager leurs infirmités ; 7." mais ce que nous recommandons avant tout , et avec plus d'instance, c'est le recueillemement le plus profond et le silence le plus rigoureux , afin que rien ne mette obstacle aux trésors de grâces et de bénédictions que le Seigneur répand sur toujs ceux qui sont disposés à les recevoir»

71 ) TITRE X

Devoirs des Eectésiastigues à V égard de leurs

Supérieurs.

Saint François de Sales dont la sagesse et les fertus sont admirées et vénérées dans toute la France et même dans toute l'église, commence la a.* partie de ses constitutions synodales, en exposant les devoirs que les ecclésiastiques ont à remplir envers leurs supérieurs. Nous avons pensé que dans un siècle où Ton ne parlait que de liberté , et où Toubli de toute subordination avait causé tant de maux même dans le sanctuaire, il pouvait être utile de rappeler au clergé les devoirs qui lui sont imposés, et dont il est obligé de rappeler aux autres le souvenir. Nous copierons d'abord les paroles du saint évcque de Genève , auxquelles nous ajouterons ce que les circonstances actuelles semblent exiger qu'on ait devant les yeux, pour ne pas se laisser entraîner par un torrent qui a déjà fait tant de ravages.

SECTION PREMIÈRE

De ce que tes Ecclésiastiques doivent au Saint

Siège,

« Puisque les Conciles, dit saint François de » S .lies, donnent au Souverain Ponlire le uoia.

> dTvêqoe cecuméniqne (1)9 et aa si^e qa'i » ocGope celui de trône de l'Église anÎTerselle (3); 9 que les saints Pères et les empereurs l'appel- 9 lent le Père de Tunivers , TÉTeque des patriar-

• ches, le Recteur de toutes les églises et le che » de la milice sacrée (3); puisqu'enûn il est le

• Pasteur de l'Église romaine ^ c'est-à-dire de » celle qui est la mère et la nourrice de toutes' » les autres, aussi bien que le centre de leur unité, n dans laquelle, suivant la remarque de Tcrtul- » lien (4) 9 les apôtres ont fait couler leur doc* » trine avec leur sang ; personne ne peut douter » que tous les ministres du sanctuaire ne soient » obligés d'avoir pour lui un profond respect et » une crainte filiale ; de s'approcber avec con- » fiance de sa personne sacrée, autant de fois » que leur nécessité spirituelle l'exigera; d'écou* » ter sa voix, de révérer ses décisions comme 9 celles'du pasteur de tous les fidèles, qui tient » sur la terre la place de J.-C, et de prier in- » cessamment pour lui, comme faisaient les » premiers chrétiens pour saint Pierre, dont il

(I) Goncil. Cbalced. — (2) Goncil. Gonstantinop. act 18. — (3) Gassiod. Epist. 9. Theod. Novel. Gonst. Tit' 24. Gonstant. Pogon. Gjprian. Epist. 45. — (4) Tertull] àe prxacT. G. 36. ê, Ghrisost. Homil, 55 in Math.

• est le successeur, afin d'obtenir de Dieu tontes » les grâces qui lui sont nécessaires pour résister ■ généreusement à tous les ennemis de la sainte

• église qu'il gouverne , et conduire saintement

• le troupeau que J.-G. a racheté de son propre 1 sang, et qu'il a confié à ses soins. »

On aurait tort de croire que cette doctrine de Saint François de Sales est différente de celle qui est enseignée par nos auteurs français les plus attachés aux libertés de l'Eglise gallicane. On peut en juger par. les propositions suivantes extraites de leurs ouvrages :

I. Il est de foi que le Pape a» de droit divin , une primauté d'honneur et de juridiction dans toute l'Eglise (i).

(I) Cest renseignement de tous les Théologiens catholiques français et étrangers. Gonf. d'Ang. sur la }iiérarchie, t. I.er, conf. 2.e — Bossuet : Gcdlia ortho' dojea, D.o ^, défense de la déclaration de 1682, livre 10 , chap. 5; ùL, Préambule des 4 articles ; id, , Expositiou de la doctrine catholique , n.*» 21. — Fleury : Institution au droit eccl., 3.< partie, chap. II. — M.s'' Frayssiooos : Vrais principes de l'église gallicane , chap. 2. — Barruel : Du Pape et de ses droits religieux, I.'<^ partie, chap. 2, 3 et 4. — Le cardinal de la Luzerne sur la déclaration de 1682, I.***^ partie, chap. !.<:', n.<* 4. Le cardinal cite à l'appui de ce sentiment le concile de Bâle: Responsio synodaUs de auctorUate coacilU super Papam, en 1432.

II. a La juridiction dont le Pape est investi de ) » droit divin 9 dit le cardinal de la Luzerne (i)» i » réunit une double universalité sur les person- » nés et sur les choses. £lle est universelle sur » les personnes , c*est-à^re sur tous les ca« ' » tholiques. Tout est soumis aux clefs de Saint

» Pierre, tous, rois et peuples, pasteurs et » troupeaux.,.. (2). Il n'y a pas de gallican qui , » ne répète ces belles paroles de Bossuet^ ajoute » le cardinal de la Luzerne ^ et notre Église » rejetterait de son sein quiconque les contredl* » rait. »

III. « Le Pape est supérieur à chaque évêque, » quelle que soit sa dignité ; il l'est aussi à toutes » les sections partielles d'évêques, c'est-à-dire aux 9 conciles , soit provinciaux, soit nationaux (3}. »

IV. a Nous reconnaissons que c'est au Pape » qu'il appartient de convoquer les conciles gé- » néraux 9 ou qu'au moins ils ne peuvent être » convoqués qu'avec son consentement; que c'est

(I) La Luzerne, ibid, , 11.° 4. — Nous déclarons une fois pour toutes qu'il ne s'agit ici que d'une juridiction spirituelle. Tous les auteurs que nous venons de citer, reconnaissent avec M. de la Luzerne {Ibid. n,** 3) çue ni Je Pape, ni nLéme V église entière n*ont de droit divin aucune puissance sur les chnses temporelles ^ ni sur les souverains, — (2) Bossuet : Sermon sur l'unité de l'Eglise, — (3) La Luzerne, ibid., n.^ 6.

I aassi à lui qu'appartient le droit de les présider^ » ftoit personnellement, soit par ses légats; qu'il I y a la part principale , qu'il en dirige les déli* » béralions. Le concile de Bâle , ajoute le cardi- » nal, tout opposé qu'il était au Pape 5 recon- » naissait et établissait ces vérités (1). » Le concile fait plus, il reconnait que tout ce qui est statué dans les saints conciles , l'est d'après l'au* toiité du Pape. Suâ eliam auctaritate constitua tuts qtuB semper ibi refuiget ut prima et prœ^ eipua (3).

y. « Nous convenons sans difficulté qu'un » concile sans sa jonction avec le Pape , n'a pas » Tautorité suprême. Un concile n'est œcuméni- » qoe que parce qu'il est composé du chef et des » membres. L'une des deux parties venant à 1» manquer, il n'y a plus d'œcuménicité (5). »

YI. C'est le Pape qui confirme les décrets des conciles généraux (4)9 et on peut dire qu'ils sont de lui et du siège apostolique , selon les pères de

»■ ■ ■■ H I , 1^1— — ■— ^— Hi^—i .— — — —

(1) La Lnzeroe, ibid, n,^ 7. — > (2) Epist. Synod. n.* 3. — (3) La Luzerne, ibid., chap. 8, ii.° 3. — Bossuet, Gallia ortltodoxa, n.^ 84. " Barruel, ibid,, l,^ pariie » chap. S. — (4) Concile de Trente, Sess. 25. de recitandis deeretis et cenjirinatio concilii, — La Luzerne, ibid» cb. 8, reconnaît que les conciles œcuméniques ont toujours été coufîmiés par le Pape. Bossuet le reconnaît aussi* Pour le détail des faits, voj*. MuzzarelU d^ auc-

Bâle 9 parce qu'il est le recteur et le pasteur de l'Église. Ciim EccUsiœ reotor et pastar sit s de^ creta conciiiorum etiam sua et sedis wpostolicœ non immérité did possunt (i).

VU. Il est de loi que les décisions dogmatiques portées par le Pape et les évêques réunis en concile ou dispersés sont infaillibles (a).

YIII. « La puissance du Pape sur les choses « s'étend à toutes celles qui sont soumises à » l'autorité de l'Église, c'est-à-dire sur les objets » spirituels 9 dogme, morale, discipline; tout » est du ressort du successeur de Saint Pierre » et doit être fixé et réglé par lui (5).

IX. « Le pape peut décider avec autorité tou- » tes les questions de foi et de morale. Il a droit » d'approuver les doctrines conformes à la foi

toritate Rom. Pontijicis , t. L , c. 4. — (I) Gonc. Basil. Epist, Synod. n.* 5. -— (2) C'est le sentiment de tous les théologiens français et étrangers ; mais il n'est pas de foi que le Pape seul soit infaillible , méftie quand il parle ex catliedrâ-, voy. Billuard, de regulis Jideiy dissert. IV. art. V. et Ferraris , verb. Roman. Pontifex, art. X. édit. de Venise 1782. Tout comme il n'est pas de foi que le concile soit infaillible ,, quelque nombreux qu'il soit f quand il est séparé du Pape , puisqu'il n'y a pas même alors de concile (œcuménique , ainsi que nous l'avons dit plus haut , n.** V. — Bossuet > Gallia orthod, n.®. 84. — Gal>assut, Noiitia concUior. secuU XVI. — (3) La Luzerne I ibid. , n.° 4 et 8.

(77) 1 catholique , et de condamner celles qui ne le » sont pas; d'appliquer les diverses qualifications » aux propositions qu'il réprouve ; de donner son » approbation ou de flétrir de ses censures les > manières de s'exprimer conformes ou contrai- » res à la doctrine de l'Église (i).

X. Nous reconnaissons que le chef de l'Eglise » a un pouvoir législatif très-étendu sur la dis- » cipline 9 soit pour dicter de nouveaux canons, » soit pour les changer , soit pour statuer, régler,

(!) Ce sont les propres paroles de Mi de la Luzerne^ ihid» , n.* 9. Mais il ajoate qae ces décisions doctrinales da PapC) quoi^e rerétues d'une g;raiide autorité, n'acquièrent le snpréme degré d'autorité d'InfaUlibrlité que lorsque le consentement de l'Eglise enseignante (c'est-à-dire celui des évoques) y adhère, soit réunis, soit dispersés, soit formellement énoncé par tous les évéqaes , soit donné tacitement ; mais il est nécessaire d'obserrer que la réclamation devant être faite par les érèqaes, les fidèles et même les simples prêtres doivent commencer par se soumettre provisoirement à cette grande et première autorité. Voyez la manière dont les éréques de France se sont conduits à l'égard de la Bulle Unigenitus, et des Brefs de Pie VI. Us ont donné alors on grand exemple du respect et de la déférence qu'il faut avoir pour les décisions du Souverain Pontife. — M^ moires pour servir à l'hist. eccl. du I8.e siècle, années I7I2, I79I et suiv. — Bossuet, Gallia orthod. n.*" 93 « — Barruel^ 3.*' partie, chap. 3.

» commander tout ce qu'il juge utile pour le 9 maintien de la saine discipline (i).

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