XI. Nous avons ordonné et ordonnons de
nouveau que dans toutes les paroisses il soit fait tous les jours 9 pendant le Carême 9 une prière le soir et une lecture de piété 9 ou une instruction. On ne pourra se dispenser de ce de* voir sans en donner la raison à nos archiprê* très. Le dimanche cette instruction pourrait se faire à vêpres 9 avant la bénédiction du saint Sacrement (1).
(I) Le Petit Carême de l'abbé Reyre , la Vie des Saints f V Explication du Catéchisme de Genève , les Ins» tractions fam,ilihres de Bonardel , les Instructions de Lambert, la Doctrine chrétienne de Lbomond, les Pen" sées sur les principales vérités de la religion y VAm,e élevée à Dieu , et les autres oayrages de Baudrand , fouiw pissent de grands moyens pour faire cet exercice avec facilité et avec fruit.
XII. L'instruction la plus importante et même la plus fructueuse est celle qui est donnée aux enfans dans le catéchisme. Nous invitons tous les pasteurs à lire le Règlement qui est à la tête du catéchisme du diocèse 5 et nous renouvelons l'ordre donné par nous;, de n'enseigner que ce catéchisme dans toutes les paroisses. Nous renou* vêlons aussi la défense, sous peine de suspense, de rester plus de quinze jours sans faire le catécliisme , sauf pendant le temps de Pâques et pendant les deux mois que durent les grands travaux de la campagne.
K'oublions pas que c'est l'ignorance de la, religion qui nous a perdus , et qu'il y a beaucoup de fidèles qui n'ont jamais étudié la religion que dans leur enfance et en apprenant leur catéchisme. Cette sorte d'instruction a sans doute de& difficultés ; mais les fruits en sont si grands et si généralement connus , qu'ils compensent d^une manière bien consolante le temps qu'on y donne et les peines qu'on y prend.
L'importance que nous mettons à l'accomplissement de ce devoir fait que , dans nos visites 9 BOUS interrogerons quelquefois les enfans sur le catéchisme , et que nous apprendrons toujours avec plaisir • de la bouche des pasteurs, la manière dont ils Iç font et les succès qu'ils
obtiennent.
XIII. il y a de8 pasteurs qui , afïligés de l'îgnorance qui règne dans les villages dispersés de leur paroisse, choisissent dans chaque hameau des personnes zélées , qui réunissent les enfans pendant l'hiver 9 leur font réciter le catéchisme , leur lisent l'Abrégé de la Doctrine chrétienne (1)9 leur font des questions sur cet Abrégé , leur apprennent des cantiques instructifs , et les leur expliquent. Oo ne saurait donner trop d'éloges à un zèle aussi éclairé et aussi actif.
Les pasteurs ne doivent pas oublier que c'est une obligation très-rigoureusa polir eux d'instruire tous leurs paroissiens ; et quand ils ne peuvent pas avoir les enfans pendant la semaine^ a raison de leurs occupations rurales^ ou de leur éloignement de la paroisse, ils doivent pourvoir de la manière que nous venons d'indiquer^ ou de toute autre, à leur instruction (q).
(1) Nous sommes persuadé que les enfaDS qui entendraient lire plusieurs fois cet Abrégé , le retiendraientt facilement , et y trouveraient la base d'une instruction suffisante , qu'on pourrait développer en leur faisant des questions. Vojez le règlement du catéchisme, art. 31.
(2) Pour encourager les personnes charitables qui s'adonnent à cette bonne œuvre , il faut leur apprendre qu'il y a indulgence plénière tous les mois pour ceux
et celles gui enseignent le calécbisme plusieurs fois dans
XIV. Quoique nous soyons persuadé que les catéchismes raisonnes, les homélies, les prônes et les instructions familières soient préférables aux sermons , nous invitons néanmoins les pas-*tears à en donner quelques-uns à vêpres, surtout dans les grandes paroisses et les jours de grande solennité. Cet exercise attire quelquefois à l'église des personnes qui sans cela n'y viendraient point, et n'entendraient jamais la parole de Dieu ; il concilie plus de respect et de confiance aux pasteurs, et fournit l'occasion de développer certains sujets élevés qui entrent difficilement dans dés instructions familières (i).
Poui* les mêmes raisons , il est à propos d'inviter des prêtres étrangers à venif prêcher les jours de fêtes patronales, on dans d'autres circonstances remarquables : nous en donnerons nous-même
le mois , et <pi*il y a indulgeoee de 7 ans et 7 quarai^ taraes chaque fois qu'on le fait : cette indulgeiice a été Siccoràée par Benoit XIV : elle peut être appliquée aux âmes du purgatoire.
(I) On trouvera sans doute de beau^ modèles de ser> mons dans Bossuet> Bourdaloue, Massillon , etc., mais rien n*est comparable aux anciens Pères de l'église ; c*êst pourquoi nous conseillons aux ecclésiastiques de se procurer et de lire la Bibliothèque choisie des Pères de Vér glise, par M* Guillon, en français ou eu \a\Àu«
l'exemple à la cathédrale, en faisant prêcher devant nous les pasteurs et autres prêtres qui se distinguent par leur zèle et leur application à bien annoncer la parole de Dieu.
TITRE X
Des Missions.
L'empressement que les fidèles et tes pasteurs témoignent aujourd'hui d'un bout de la France à rautrc'.pour avoir des missions 9 la protection que le Roi leur accorde , le zèle que montrent un grand nombre de prêtres pour se livrer aux travaux de ra|>ostolat , les succès étonnans qui accompagnent les prédications des mission* naires^ tout annonce que la Providence veut se servir des missions pour régénérer la France.
Tous les pasteurs doivent s'empresser de procurer à leurs paroisses le précieux avantage d'une mission ; nous les invitons en conséquence à nous adresser leurs demandes 9 en nous indiquant les ressources qu'ils ont pour cette bonne œuvre. Mais 9 comme il est impossible que toutes les paroisses soient servies à la fois , nous les inscrirons par rang de dates ^ et nous nous con* formerons , autant qu'il sera possible , à l'ordre de l'inscription. Nous n'indiquons point ici la marche qu'on suivra pendant les missions ^ parce
qae les missionnaires reçoivent de nous des instructions et des pouvoirs pour cela. Il ne nous reste qu'à inviter les pasteurs à les seconder.
Ce n'est pas assez d'avoir eu une mission ; l'essentiel surtout est d'en soutenir les fruits ; car une. paroisse qui serait négligée après une mission y retomberait bientôt dans un état plus mauvais qu'auparavant (i). C'est donc après ces saints exercices que le zèle des pasteurs doit redoubler, pour entretenir la piété et perfec-tionner les conversions. Une grande assiduité au confessionnal , des instructions plus fréquen* tes , beaucoup de décence dans les cérémonies religieuses , le chant des cantiques dans les familles , l'établissement ou le renouvellement des confréries , etc. , sont les moyçns les plus propres à conserver ou à ranimer le zèle et l'amour de la religion dans tous les états et dans tontes les conditions.
Mais ce qui contribue surtout a renouveler le fruit des missions dans les paroisses y ce sont les retraites qu'on y donne quelque temps après , soit à l'occasion des premières commu-* nions y soit à raison des missions données dans les paroisses voisines, soit dans le temps de Pâques.
(I) S. Math., ch. 12, t. 45'
( 174) Les pasteurs ne sauraient donc être trop eaw pressés de se procurer ces' saints exercices.-Nous savons que les vœux de plusieurs n'ont pas pu être remplis ; mais nous avons lieu d'espérer que le nombre des missionnaires devenant plus considérable , il nous sera plus aisé de seconder le zèle de nos pasteurs.
. Pour y parvenir plus tôt et plus sûrement ^ nous invitons tons nos chers coopérateurs à contribuer de tout leur pouvoir à procurer de3 secours à l'établbsement des missionnaires 9 soit en les recommandant aux fidèles ^ soit en faisant eux-mêmes quelques sacrifices.
On ne doit pas oublier que les missionnaires n'ont aucune dotation ^ aucun revenu fixe ; que pendant les missions il est absolument néces-^ saire de pourvoir à leurs besoins et de les défrayer de toutes les dépenses qu'ils sont obligés de faire.
Pendant Tété 9 quand les missions sont finies , ils se retirent dans une maison qui leur est destinée y et où ils consacrent leur temps à la prière et à la lecture 9 à faire dés conférences sur la théologie et l'Écriture Sainte , à préparer des instructions 5 etc. Pendant ce temps il faut aussi pourvoir à leurs besoins , et c'est à cela que sont destinés les dons que nous invitons le clergé à nous adresser pour eux»
C'était l'usage autrefois qu'on donnait aux missionnaires une petite rétribution comme on la donne aux prédicateurs du Carême. Quand les paroisses sont pauvres, ils renoncent à cette ré* tribution; mais plus ils se montrent désintéressés ^ plus nous devons être empressés de pourvoir à leurs besoins.
Il arrive quelquefois qu'à la suite des missions , il reste des fonds provenant des fondations ou des quêtes qui ont été faites pour fournir aux frais de ces saints exercices : il est essentiel d'observer que ces fonds doivent être donnés de préférence nà la maison des missionnaires : on ne . remplirait pas l'intention des donateurs en les employant à tout autre objet.
TITRE XI
Des Confréries.
Les associations pieuses , quand elles sont cultivées avec soin 5 contribuent singulièrement au maintien de la foi et des bonnes mœurs. Nous exhortons tous les pasteurs à en établir dans leurs paroisses , ou à ranimer celles qui existent déjà. Méprisons les discours des impies et des libertins : ils se réunissent pour faire le mal ; cette réunion leur fournit l'occasion de se
( >76) livrer à de nouveaux crimes ; ne rougissons pas de faciliter les réunions religieuses , qui sont si propres à ranimer la piété parmi les fidèles , et â leur faire pratiquer la vertu. En conséquence nous avons cru devoir établir les règles suivantes.
SECTION PRERMÈRE.
Règles générâtes sur tes Confréries.
I. Aucune confrérie ne peut être érigée dans le diocèse sans notre approbation , même lorsqu'elle est établie en vertu d'un bref du souverain Pontife. L'autorité qui en approuve l'érection y a toujours le droit de la supprimer et d'en modifier les réglemens (i).
II. Nous mettons toutes les confréries sous la direction et la surveillance du pasteur de la paroisse : il est de droit premier recteur de l'association ; il peut assister à toutes les assemblées f conférences , délibérations , élections 9 demander compte de l'emploi des fonds , faire la cérémonie des réceptions 9 etc. Aucun confrère ne doit être admis ou renvoyé sans que le pas-
Ci) Benoit XIV , Tnstit. 103 , n.^ &9 ; -^ Clément VIII, Bulle 113, S 2, 3 et 5 ; — Actes de Milan , liv. 5, titre Quœ ad Sodalitates périmant ^ n. 7 et 21.
C Ï77 ) teur ait été consulté. En l'absence du curé^ ou d'après son autorisation ^ le vicaire le rempla-cera en tout, et présidera comme lui les réunions.
III. Les confréries ne pourront occuper une chapelle dans l'église paroissiale que du consentement du pasteur : elles ne pourront avoir une chapelle séparée de l'église sans un con-* sentement exprès et par écrit de notre part , qui sera accordé sur la demande motitée du pasteur et de l'avis de rarchiprêtre.
lY. Aucun des exercices de piété de la conlirérie ne pourra concourir avec les offices de la paroisse , auxqueb les confrères doivent assister comme les autres, et même avec plus d'assiduité, étant plus étroitement tenus à donner le bon exemple (i).
y. MM. les pasteurs, de concert avec les principaux membres des confréries, doivent en exclure ceux et celles qui ne font pas leur devoir, qui ont des fréquentations scandaleuses, qui sont sujets à l'ivrognerie , qui sont usuriers , concubinaires (2) , où dont les mariages ne sont
(1) Concile d'Avignon en 1725 ; tlt. 40 ; — Actes de Milan , ibid. , n. 14 et 13.
(2) Actes de Milan , ibid. n. 7 , 9 et 27. — Gonstitat. de saint François de Sales, titr. 2, cb. 6, n. 8.
( >78) eontractés que civilement , etc. Cette exclusion se fait en ôtant leur nom du catalogue sans éelat ; mais elle n^aura lieu qu'après une ou deux monitîons , et après que le pasteur en aura conféré avec notre archiprêtre^ s'il aperçoit des difficultés. Peu et bons-5 voilà la maxiine qu'il faut suivre dans le- choit des associés , pour que les confréries Soient utiles et édifiantes.
YI. Pour des fautes moins graves , k^ conseil de chaque confrérie pourra priver ses membres ^ pendant quelque temps , du droit de voter aux élections, d'être élevés en charge, de porterie costume si c'est un homme 9 ou le voile si c'est une personne du sexe ^ d'occuper une place au chœur, etc. ; il pourra aussi les engager à fair^ une aumône (i). Mais ces punitions ne se<« ront jamais infligées que par la majorité du conseil f qui sera composé au moins de neuf membres , y compris le pasteur de la paroisse , s'il juge à propos d^y assister.
VU. Les membres de toutes les confréries doivent se dUtingner par leur respect dans le
(I) Statuts des Pénitens , I.re part. , ch. 5 , art. 5 ; flî. 8 , art. 7 et art. 8 ; cb. 9, art. 2 et art. 8 \ ch, 10 , art. 7 > — Actes de Milan | ibid.
( Ï79) lien saint , par leur assiduité aux offices divins 5 par leur empressement à orner les autels , à se trouver dans toutes les cérémonies religieuses ; ils doivent aussi soulager les pauvres ^ visiter les infirmes ^ les aflligés et les prison-niers , instruire les ignorans , faire des lectures de piété dans les veillées , chanter des canti* ques f etc.
YIII. Le pasteur doit faire remarquer aux fid^es que les réglemens et pratiques de piété qui sont la base des confréries , ne sont point obligatoires^ et que ce n'est point offenser Dieu que d'y manquer ; mais il doit aussi les avertir qu'ils se privent des grâces précieuses attachées i ces exercices, quand ils y manquent sans raisons légitimes. Ce qu'il faut surtout leur rappeler^ c'est que les offices divins et les commandemens de Dieu et de l'Église doivent toujours être préférés aux exercices des confréries. Il n'est pas rare de trouver des personnes de l'un et de l'autre sexe qui manquent sans scrupule aux règles de la charité 9 de la subordination et de la bienséance^ par attachement aux usages reçus dans les confréries,
IX. Nous pensons qu'il vaut beaucoup mieux soutenir et renouveler les anciennes confréries que d'en établir de nouvelles. Or les confréries qui nous paraissent mériter la préférence ,. soit
Delleft des pënitens^ da saint Sacrement et da faint Rosaire. Notre intention est de les ranimer^ de les faire jouir de toutes les laveurs et privilèges que leur ont accordés les souverains Pon- ^Sds , de retrancher les abus qui s'y sont glissés 5 et de les organiser de manière à donner au culte extérieur plus d'éclat et de solennité.
X. La préférence que nous donnons à ces trois confréries , pour les organiser et les ad-* mettre dans les cérémonies publiques de la Religion , n'empêche pas que nous n'approuvions les autres associations pieuses qui sont autorisées par les souverains Pontifes et par nos prédécesseurs , mais particulièrement celle du Sacré Cœur de^ésus et de Marie 9 celles du Scapulaire> de Notre-Dame auxiliatrice , etc.
XI. Nous reconuuandons à nos archiprêtres de prendre des renseignemens exacts sur toutes les confréries qui existent dans leur arrondissement ^ mais particulièrement sur celles des pénitens; du saint Sacrement et du saint Rosaire^ et de les insérer dans les procès-verbaux de visite. Ces renseignemens doivent indiquer le nombre de personnes qui composent la confrérie, et le zèle qu'elles mettent à la soutenir , les exercices de piété qu'on y fait , l'esprit qui y règne , les fonds qui y sont consacrés , la chapelle qui est à leur usage , l'état où elle se trouve , les béné-
dictions 9 qaarante-heares 5 indulgences qui lui ont été accordées, depuis quelle époque et par quel titre y etc.
. XII, Nous avons envoyé à toutes les confré-, ries que nous avons trouvées établies 5 et qui nous ont paru mériter d'être conservées, un titre d'institution imprimé , signé de nous et scellé de notre sceau , qui en est devenu le titre fondamental pour Tavenir, et leur assure les indulgences et autres faveurs spirituelles attachées à ces institutions, dont l'établissement n'avait pas toujours été sufiisamment constaté.
XIII. Cet acte d'érection doit être transcrit dans le livre de la confrérie (1): à la suite on mettra le nom des associés déjà reçus , et l'époque de leur réception. A côté du nom de chaque personne on mettra le jour de son décès , à mesure que la Providence en disposera ; cette inscription rappellera la communion de prières qui continue à exister entre les associés vivans et les défunts.
Outre le catalogue en forme de livre, dont nous venons de parler, qui sera mis dans une armoire
(I) Pour qae cette transcription se fasse avec plus de
solennité , les pastenrs pourront inviter l'archiprétre A
s'y trouver. On poorra chanter une grand'mcsse , et dans
ce cas nous autorisons à donner la bénédiction du saint
' Sacrement.
oa crédence ^ il y en aura un second en forme de tableau 9 affiché dans la sacristie oa dans la chapelle de l'association , où seront inscrits le» noms des personnes vivantes de la confrérie.
XIV. Chaque associé recevra , le jour de son admission , un billet imprimé qui en indiquera Tépoque ^ et qui renfermera la promesse qu'il a faite de se conformer en tout au règlement du diocèse sur les confréries Ce billet sera signé du pasteur et de la personne qui est à la tête de la confrérie. La même chose sera consignée dans le livre de la confrérie , sur lequel le récipiendaire signera, s'il sait le faire. « On n'y admettra, » dit saint François de Sales (1), que ceux et 9 celles qui, depuis un certain temps, auront » mené une vie chrétienne et bien réglée. On » les exhortera de faire une confession géné« » raie, si leur directeur le juge à propos, et d# D communier le jour de leur réception. »
XV. « Ceux qui auront la direction des con- » f ré ries, donneront leurs soins pour que tous '0 les membres qui les composent, s'approchent, » s'il se peut , des sacremens le jour de leur ti- » tulaire. Ils travailleront aussi charitablement à » éteindre les procès, les dissensions et les que-
(I) GoDStit. sjnod. f titre 2, chap. 6; n,^ 4^ 5 et 6.
» relles^, entre les confrères, qui doivent toutf » être animés du même esprit de charité. » XYI. « Puisque les confréries, continue le même
> Saint 9 ne sont instituées que pour faciliter' » le salut de ceux qui les composent ^ et pour » s'entr'aider mutuellement dans le spirituel et
> le temporel, les confrères se visiteront et se » consoleront réciproquement dans leurs afilic- » tions; ils feront en sorte que les sacremens
> soient administrés de bonne heure au|L mala- » des, accompagneront le saint Sacrement quand » on le k^urportera en viatique, assisteront à leur » sépulture et prieront pour eux. »
XVII. Aucun membre de confrérie ne doit faire sa communion pascale hors de la paroisse, et nous déclarons que ceux et celles qui l'auraient faite ainsi, n'auraient pas rempli leur devoir pascal, à moins que le pasteur n'en eût accordé l'autorisation particulière. Nous défendons à tous les aumôniers de confrérie de s'écarter de cette régie , sous quelque prétexte que ce soit.
XVIII. Les confréries de pénitens et autres ne feront jamais aucune procession qu'il n'y ait un prêtre, et nous défendons expressément qu'on en fasse la nuit (i). Nous défendons aussi de la
(!) Actes de Milan, liv. 5, liU-e Qucc ad SodalitaiêM pertinent y n.<* 16 et 26.
( i84 ) manière la plus sévère que les confrères fâail* gent ou boivent dans l'église 9 ou dans les lieux attenans , le Jeudi-saint et autres jours.
XIX. Les confréries qui ne se conformeraient point à nos réglemens^ seront supprimées; mais cette suppression ne pourra être faite que par nous , et elle n'aura lieu que d'après un rapport contradictoire, présenté à notre conseil et soi* gneusement examiné.
XX. 0 AOn que personne n'ignore les règles » de la confrérie dont il est membre 9 dit encore » saint Fra nçois de Sales ( 1 }, nous enjoignons que » Ton tiendra chaque année une assemblée gé- » néraie , à laquelle tous les confrères et sœurs » seront eidiertés d'assister ; et que dans cette as- 9 semblée on fera la lecture des statuts de la » confrérie. Les recteurs et prieurs saisiront » cette occasion pour inspirer à tous une noun velle ferveur, et pour corriger les abus, s'il » s'en est glissé. Il conviendra aussi de pourvoir » alors à toutes les charges et autres offices, » par la voie de l'élection.
XXI. Les pasteurs éclairés qui ont acquis la connaissance des abus qui régnent dans la plupart des confréries, sauront apprécier toute la
(I) Goost. sjn. Wxre 2, ch, 6, d.*> 2.
sagesse de ces règles , et s'empresseront de noaf seconder pour les maintenir: s'il en était qui fussent tentés de les regarder comme minutieuses et peu dignes de Axer l'attention de l'administration ecclésiastique ; nous les invitons à réfléchir un instant sur les faveurs spirituelles que les souverains Pontifes ont attachées à ces institua lions dans tout le monde chrétien 5 et qui an-< noncent assez l'intérêt que le père commun des fidèles. met à ces pieuses réunions^ Le savant Benoit XIY, dans ses Institutions, qui sont pour là plupart adressées au clergé du diocèse de Bologne ; entre dans de grands détails sur cette matière, et c'est presque toujours d'après lui que nous avons parlé (i).
En conséquence nous recevrons avec plaisir tous les renseignemens qu'on nous donnera sur , ce point : nous recommandons à tous les pasteurs de ne rien négliger pour faire revivre l'ordre et la ferveur daus ces pieuses associations.
(I) Voyez Institut. IOS« — - Voyez aussi saint Charles Borromée , Actes de Milan , liv. 5 , tit* Qumad So^ daUtates pertinent, — Gonsiit. de St.-François de Sal, tit. 2, ch. 6. — Ferraris , Bihliotlieea canonica , Terb. de Confraternitatibus } — Concile d'Avignon ; deTan-ITlSi tir. 40.
Nous allons ajouter ici quelqfues r^les à observer pour chaque coufrérie eu particulier. •,.
SECTION n.
Sur les Pénitens et la Confrérie du saini
Sacrement.
La plupart des confréries de pénitens ont été supprimées par un effet de la révolution et de l'affaiblissement de la foi ; mais comme on a témoigné le désir de les voir rétablir dans quelques paroisses , nous en accorderons l'autorisation quand on nous la demandera.
I. Nous approuvons le bréviaire et le régie* ment fait9 pour les pénitens de Grenoble, dont le but est de rendre un culte particulier d'adoration au très-saint Sacrement , et d'honorer la sainte Vierge ^ sans préjudice néanmoins des règles établies dans cette section et la précédente (i ).
(I) Les pénitens sont persuadés que leurs statuts ont été faits par le souverain Pontife, et les obligent a\ant tout : il faut les dissuader ; en leur apprenant que ces statuts ont été faits par M.sr l'évéque de Grenoble , pour son dioeèse, d'après ceux de saint Gharles-Borromée , et qu'ils n'ont d'autorité dans les autres diocèses qu'autant qu'ils y sont approuvés ou tolérés, ce qui ne peut jamais être au préjudice des réglemens faits par chaque
II. La réception des pë'nitens se fera comme elle est marquée dans le livre qui leur est destiné ; mais nous exigeons absolument que dans toutes les paroisses, ce soit le pasteur de l'église où est la confrérie 5 ou son vicaire, qui fasse la cérémonie de la réception.
III. Dans toutes les paroisses où il n*y a point de pénitens, nous recommandons d'une manière très-pressante aux pasteurs de former une confrérie du^saint Sacrement (i) pour les homtnes et les jeunes gens, qui se distinguent par leur piété et leur assiduité aux offices divins.
évéijat. Voyez la bulle 115, de Clément VIII, qu'oa trouve en partie dans le bréviaire des péniteos , dont nous parlons ; et qui est le seul en usage dans tous les diocèses environnants.
(I) C'était le vœu de Paul 111, dans sa bulle Dominus noster, etc. ; celui de saint Charles-Borromée, Actes de Miîan, liv. 2. tit. de Euchan'stiâj n,° 2; celui de saint François de Sales, de saint Fran çois- Régis , etc.; celui de la Congrégation des indulgences , qui le déclare dans un décret du 7 février 1607 , approuvé par le pape Paul V, lequel, dans un autre décret du 15 février 1608, décide que dès l'instant qu'une confrérie du saint Sacrement est approuvée par l'Ordinaire, elle participe à toutes les indulgences accordées par le pape Paul III à .la confrérie du saint Sacrement érigée à Rome dans 1*4glise dite dii la Minerve,
Dans beaucoup de paroisses, ce sont les membres de la fabrique qui sont Tâme de cette association. IV. Les pasteurs pourront donner, s'ils le jugent à propos , à tous les associés de cette confrérie un costume religieux, qui sortait une robe blanche et une ceinture rouge. Il est convenable de* donner ce costume aux confrères du saint Sacrement qui sont dans les petites paroisses, afin qu'ils puissent aider les pasteurs à donner au culte divin plus de décence et de solennité, y. Cette confrérie sera particulièrement des* tinée à rendre hommage à J.-G. dans le sacrement de son amour ; à faire l'adoration perpétuelle , dont il sera fait mention en parlant de la sainte Eucharistie ; à prendre soin de l'autel où repose le saint Sacrement ; à l'accompagner dans les processions, et quand on le porte aux ma* lades, en prenant des flambeaux, le dais, la clochette ; à tenir la lampe allumée nuit et jour et à se procurer de l'huile quand la fabrique ne peut pas en fournir (i). Il y a des paroisses où tous les confrères tiennent en main un cierge
(I) C'est ce qa'exige Paul III, dans labidle d'érection de cette confrérie, donnée le 30 novembre 1539; et saint Charles-Borromée, Act. de Milan, Kéglement pour la confrérie du saint Sacrement ^ art. 6 et 8.
allumé^ toutes les fois qu'ils assistent à la bénédiction du saint Sacrement. C'est un usage trèsédifiant.
¥1. Les associés n'auront aucun office particulier; mais ils seront chargés d'assister les pasteurs dans les offices de paroisse 9 en faisant chantres , céroféraires , thuriféraires , etc.
VII. La confrérie sera assujettie à toutes les règles indiquées dans la section 1.'* du présent titre :: elle sera organisée de la manière qui est indiquée dans un petit ouvrage ipfiprimé pour le diocèse , intitulé Instructions et prières pour la confrérie du saint Sacrement étahiie dans le diocèse de Belley , dans lequel on trouve aussi le recueil des indulgences accordées par le souverain Pontife ; la manière de recevoir les confrères et de bénir l'habit , est la même que celle qu'on emploie pour les pénitens.
y III. Dans les grandes paroisses il pourra y avoir confrérie des pénitens et confrérie du saint Sacrement. Mais , dans ce cas , lorsque la confrérie du saint Sacrement a un costume, elle a le pas sur les pénitens toutes les fois qu'il y a procession du saint Sacrement (i)*
(!) Cette préséance est accordée aux confrères da saint Sacrement par Grégoire XIII ; avec la clause cp^'iXs
( iQO )
IX. Parmi les pénitens ou les confrères du St.- Sacrment il y en aura toujours au moins quatre qui seront infirmiers, et dont la fonction sera d'aller visiter les hommes malades de la paroisse, nofi seulement ceux qui .sont de la confrérie 5 mais les autres également; ils les disposeront à recevoir les sacremens , leur feront de pieuses lectures, les veilleront la nuit, leur donneront du secours, etc. C'est surtout lo dimanche qu'ib se livreront à cette couvre de charité. Ils pour*raient se distribuer les divers quartiers de la paroisse , et y aller deux à deux. Dans les grandes paroisses il faudrait choisir huit infirmiers ou m$me davantage. Les recteurs , et autres qui sont en charge, doivent donner l'exemple. Afin que ces visites se fassent avec plus d'ordre et plus de fruit, le recteur devrait réunir ceux qui les font , tous les premiers dimanches du mois , pour se concerter avec eux sur ce qui s'est fait et ce qu'il y aurait encore à faire.
X. Quoique la confrérie du saint Sacrement soit instituée pour les hommes, et que l'administration doive rester uniquement entre leurs mains, les femmes peuvent y être reçues; nous
seront revêtus de leur habit. Voyez Beuott XIV, JnstU, 103 , n. 83.
(19» ) désirons même qu'elles s'y fassent recevoir : elles participeront à toutes les indulgences , et pourront assister avec un cierge aux processions et bénédictions du saint Sacrement 9 etc. Mais nous leur recommandons surtout d'accompagner le saint Sacrement quand on le porte aux malades.
SECTION m.
De ta confrérie du Rosaire et de V association de ta Persévérance ou de V Immaculée Con^ ception.
I. Nous recommandons instamment à tous les pasteurs de former une confrérie du saint Rosaire dan^ leur paroisse 9 pour les personnes du sexe (1).
II. Cette confrérie sera chargée spécialement d*orner et d'entretenir l'autel dédié à la sainte Vierge, qui se trouve ou doit se trouver dans chaque paroisse.