III. La confrérie sera organisée d'après le
(I) Voyez Actes de Milan , Lettre pastorale de sahit Charles sur Tinstitution de la confrérie du Saint Ro« flaire, dans l'église métropolitaine. — Voyez aussi Benoit XIV, Instit. 79, n. 7 et suiv.
règlement inséré dans le petit ouvrage imprimé pour le diocèse , intitulé Instructions et prières pour ta confrérie du saint Rosaires étaétie itans te diocèse de Belley.
IV. Toutes les règles insérées dans la première section de ce titre XI y doivent être appliquées à la confrérie du Rosaire.
y. Cette confrérie n'a point d'office particulier ; mais chaque associée , pour gdgner les indulgences 9 doit réciter le rosaire une fois par semaine 9 ou en disant le chapelet de cinq dizaines 9 ou en disant deux dizaines par jour pendant six jours j et trois le septième jour , ce qui fait les quinze dizaines correspondantes aux quinze mystères du Rosaire (i).
YI. Nous approuvons et recommandons l'usage établi dans plusieurs paroisses de dire le cha-
(I) On ne fait pas toujours assez d'attention à la fia ^oe s'est proposée l'Eglise en approuvant la dévotion du Jainf Rosaire , et en invitant les fidèles à méditer sur les mystères qui sont l'objet de cette dévotion. Ces mystères, renferment l'essence de la Religion , et forment un catéchisme qui est k la portée de tous , parce qu'on le met sous les yeux par le moyen des images qui repré* «entent les principales circonstances de la vie de J» G, «t de la sainte Vierge.
pelet à l'église tous les soirs, et d'y ajouter la lecture d'une vie des saints ou d'une méditation.
VIL Nous approuvons et recoitnuandons l'usage établi dans plusieurs paroisses de réunir la confrérie du Rosaire tous les dimanches apr^ts diner ou après vêpres , pour faire une lecture, chanter des cantiques et faire quelques prières en commun. Nous désirerions même que les pasteurs se rendissent de temps en temps dans cette réunion , pour donner quelques avis et faire quelques instructions.
YIIL Nous approuvons l'usage de distribuer le saint du mois à toutes les associées , avant ou après vêpres du 1*' dimanche du mois. L'offrande qui se fait à cette occasion , doit êtro versée entre les mains de la trésorière de la con« frérie, pom* servir à l'ornement de l'autel ou au soulagement des pauvres.
IX. Nous recommandons qu'il soit toujours choisi dans la confrérie du Rosaire de chaque paroisse , au moins quatre inGrmières , qui seront chargées de visiter les pauvres et les malades de la paroisse , pour les consoler , pour les assister dans leurs besoins , pour les disposer à la réception des sacremens , pour préparer tout ce qui est nécessaire dans la chambre des malades, lorsqu'on leur donne le saint viatique ou l'extrëme-onction , etc.
X. Ces infirmières s'iaformeront aussi des enfans qui n^ont pas fait leur première communion f surtout dans les villages éloignés de l'église; elles en préviendront M. le curé^ et lui faciliteront le moyen de faire remplir cet important devoir , en instruisant ces enfans ^ en leur apprenant à prier Dieu y etc.
XI. Les infirmières iront , .autant qu'il sera possible 9 deux à deux 5 et mettront à profit le temps qu'il leur faudra pour se rendre dans les lieux éloignés , en faisant des conversations édifiantes^ et récitant le chapelet ou d'autres prières.
XII. Quoiqu'elles apprennent que les pénitens et les confrères du saint Sacrement visitent les hommes malades^ elles ne se dispenseront pas pourtcela d'y aller de temps en temps, surtout les jours ouvriers , quand elles le pourront , les hommes étant moins libres ces jours-là.
XIII. Les dangers auxquels sont exposées quelques personnes de leur sexe , doivent surtout exciter leur zèle; mais, pour le rendre efficace, il faut qu'il soit toujours précédé de ferventes prières , et dirigé par une charité douce , compatissante 9 patiente > généreuse et persévérante.
XIV. Pour donner plus de consistance à toutes ces bonnes œuvres , il faut qu'elles soient faites avec beaucoup de prudence, et pour cela nous pensons que les personnes qui sont en charge
( «95 ) dans la confrérie 5 et qui s'empresseront sans doute de grossir le nombre des infirmières 5 doivent se réunir tous les premiers dimanches du mois dans la maison de la supérieure 9 ou dans tout autre qu'elle indiquera. Le pasteur de la paroisse pourra quelquefois se rendre dans ces réunions : quand il ne s'y rendra pas , et que la délibération sera importante 9 la supérieure 9 accompagnée d'une assistante 9 lui en rendra compte.
XV. L'association de l'Immaculée Conception 9 ou de la Persévérance , telle que nous la trouvons établie dans un grand nombre de paroisses du diocèse , ne fait pns ordinairement (1) une confrérie séparée de celle du Rosaire. C'est l'élilc des filles qui se trouvent dans la confrérie du Rosaire 9 qui doit former cette associalioii. Qu'on leur rappelle sans cesse qu'elles ne sont distinguées des autres que pour en être le modèle 9 et pour trouver elles-m mes dans cette distinction un moyen puissant de se soutenir dans les bonnes résolutions qu'elles ont
(I) Nous disons ordinairement , parce que , dans les petites paroisses , qui sont en plus grand nombre dans le diocèse , il n'y aurait pas assez de monde pour en faire deux confréries.
prises. Cette association sera organisée de la manière qui est indiquée dans l'ouvrage que nous avons déjà cité sur la confrérie du saint Rosaire : on y trouvera aussi la manière dont se fait la réception.
TITRE XII
Du soin des Pauvres et des Associations de
charité.
Les pauvres , surtout ceux de la paroisse , doivent exciter la tendresse du pasteur ; qu'il se souvienne et qu'il dise souvent à son troupeau, que soulager les pauvres c'est soulager Jésus- Christ, qui tient, comme fait à lui-même ce qu'on fait à ses membres souffrans. Il n'est rien qui gagne plus à un pasteur l'entière confiance de ses ouailles , que le soin qu'il prend des pauvres : s'il n'est pas toujours nécessaire que les aumônes d'un pasteur soient publiques , aussi n'est-il pas toujours à propos qu'elles soient secrètes: il doit l'exemple en ceci comme en tout le reste. Le soin des pauvres honteux doit surtout exciter sa charité; il doit chercher à les connaître et à les secourir, de manière à ne découvrir leur misère qu'à ceux qui peuvent les aider et les consoler.
£ji fahdnl des aumônes , un pasteur doit lou-
( Ï97 ) {ours s'occuper du salut de ceux à qui il fait du bien ; c'est le moment de s'en faire écouter avec attention ^ et de les porter à la vertu ; c'est le moment de les instruire ^ de les attirer aux offices s AU catéchisme 9 à la prière et à la confession.
Le plus sûr moyen de prendre soin défi pauvres avec fruit sous ce double rapport 9 serait de choisir dans la paroisse quelques personnes qui se réuniraient de temps en temps 9 pour se concerter sur la manière de les assister, feraient des quêtes pour eux 9 leur procureraient du travail 9 des remèdes quand ils sont malades^ placeraient leurs enfans 9 les feraient instruire ou les instruiraient elles-mêmes sur la religion 9 les disposeraient à la première communion 9 et continueraient à veiller sur eux. Les mêmes personnes visiteraient les malades 9 même ceux qui ne sont pas pauvres 9 les disposeraient à la réception des sacremens , prépareraient le local et tout ce qui est nécessaire pour les administrer 9 et auraient soin d'acconipagner le saint Sacrement quand on le porte aux malades.
C'est dans la confrérie du Rosaire 9 ainsi que nous l'avons dit dans la section précédente 9 ou dans toute autre confrérie religieuse, qu'il fâKidrait choisir les personnes qui se chargent ne cette bonne œuvre; trois ou qualve àatvs.\^^
( i9« ) petites paroisses , huit ou dix dans les grandes , suffiraient : elles iraient toujours deux à deux^ autant €[u'il serait possible ; elles auraient une réunion tous les mois pour se concerter sur ce qu'il y aurait à faire : M. le curé pourrait assister à celte réunion de temps en temps y et donnerait sans doute toujours l'exemple de la générosité. Nous invitons MM. les arcliiprêtres à s'occuper de cet établissement ; il est digne de tout leur zèle ^ et nous apprendrons toujours avec intérêt les succès qu'ils auront obtenus.
Il y a dans chaque canton un bureau de charité 9 appelé aussi bureau de bienfaisance ^ établi dans le chef • lieu , qui est chargé de veiller sur le bien des pauvres , et de distribuer des secours : dans plusieurs cantons les membres de ces bureaux se sont enipressés de confier celte distribution a des personnes du sexe pieuses et zélées , qui le font avec plus de soin et d'économie. Si l'association de charité dont nous parlons existait , les bureaux s'empresseraient de leur confier le soin de cette bonne œuvre , ce qui donnerait à l'association plus de consistance et plus de ressources.
Comme dans certaines paroisses on pourrait être' bien aise de faire une association de charité indépendante de la confrérie du Rosaire, nous allons indiquer les bases du règlement qu'on
pourrait suivre dans cette pieuse institution 2 nous les tenons de saint Vincent de Paul^ qui établit la première de ces associations à Châtil^ lon-les-Dombes 9 où il a été curé : c'est de là que cette institution est passée à Bourg y et dans tout le reste de la France et de l'Europe (1).