‹ RITUEL DU DIOCESE DE BELLEYChapitre 19 sur 48 · I. L'Association de charité établie à · texte numérisé non relu

I. L'Association de charité établie à

aura pour objet de secourir les pauvres ^ les malades , etc. (2).

II. L'Association se composera d'une présidente^ d'une trésorière, de... conseillères (5) et d'associées en aussi grand nombre qu'on trouvera

(1) Vie de saint Vincent de Paul , par M. Collet , 2 vol. in-4.°, t. I.", livre L«»^

(2) On raet ici quel est l'objet de rétablissement, si c'est les pauvres , les malades , les prisonniers , les femmes en couches , les orphelins, les ignorans, etc.; les personnes qui n'ont pas de travail et à qui on en fournit; les enfans qui n'ont pas fait leur première communion ; les personnes qui ne sont pas mariées ca-v tholiquement , etc. : dans les paroisses qui ne sont pas très-considérables , on peut embrasser tous ces objets, mais il est bon de les spécifier.

(3) Il faut mettre le nombre des conseillères, qui doit être praportionné à celui des divers quartiers qui composent la paroisse, et ne doit jamais être au-dessous lie trois , même dans les petites paroisses.

de personnes disposées à contribuer à la bonne •œuvre.

III. La présidente , la trésorière et les conseillères forment le bureau. Elles seront nomméeS) la première fois , par M. le curé, qui se concertera avec les personnes les plus charitables et les plus zélées de la paroisse. Dans la suite 5 le conseil, présidé par M. le curé , nommera aux places vacantes ; en cas de partage , la voix de M. le curé ^era prépondérante.

IV. Les conseillères se diviseront les quartiers de la paroisse qu'elles visiteront conjointement avec les associées. La présidente et la trésorière doivent connaître et surveiller tous les quartiers. Il n'y aura que la conseillère du quar- -iier ou la présidente de l'œuvre qui puisse signer les bons qui seraient remis aux pauvres pour aller chez le boulanger et autres , et que la trésorière doit acquitter. On ne donnera jamais d'argent aux pauvres, si ce n'est en vertu d'une délibération particulière prise en conseil, On n'assistera que les pauvres domiciliés dans la paroisse depuis. .. ( 1 ),

On assistera indifféremment toutes les per-

(I) On met ici le nombre d'années qu'il faut avoir habité la paroisse pour avoir droit aux secours ; sans cela les étrangers afflueraient de toutes parts. Il nous semble qu'un séjour de trois ans pourrait suffire ; mais il faut

sonnes de la paroisse qui sont dans \ê besoin 5 sans faire attention à leurs opinions politiques , à la religion qu'elles professent ni à la conduite qu'elles ont tenue par le passé. Quant à celles qui mènent encore une mauvaise conduite 5 et sont dans des occasions prochaines de péché, les conseillères ne pourront pas faire de bons pour elles ; mais on en référera au conseil qui prendra telle délibération qu'il jugera convenable^ pour éviter le scandale et les murmures en procurant néanmoins les secours nécessaires.

y. Il y aura au moins une réunion de bureau chaque mois, depuis la Toussaint jusqu'à Pâques, dans la maison qui sera indiquée par M. le curé. Pendant l'été, les réunions auront lieu quand M. le curé le jugera à propos. Lorsqu'une des conseillères est absente ou malade , elle se fait remplacer , dans les réunions de bureau 9 par celle des associées qui l'accompagne le plus sou-« vent dans ses visites , afin qu'on puisse toujours avoir des renseignemens sur chaque quartier^ Dans ces réunions on s'entretient du besoin des pauvres, de la manière de les secourir, et de tout ce qui peut contribuer au bien de l'œuvre.

coDsalter les localités. A Tégard des étrangers qni sont dans un besoin pressant , on pourrait les assister "pxt délibération particulière.

( aoa )

YI. Toutes les personnes qui voudront être aggrégées a l'œuvre y s'adresseront à M. le curé qui les proposera au conseil. Celles qui seront ad-<> mises^ donneront k la ttésorière une rétribution iixée parle conseil à... par an (i). On les

invite à donner quelque chose de plus quand leurs occupations ou leui'S infirmités les empêchent de visiter les pauvres ei les malades de leur quartier. ^ Vil. Outre la rétribution que les personnes qui composent l'œuvre donneront dans le courant de janvier^ on. jfera toutes les années une quête générale à domicile , le... (i^) Le produit de la rétribution et de la quête sera versé dans la caisse de la trésorière qui en tiendra registre, ainsi que de l'emploi. Elle aura un second ' registre où elle inscrira le nom de toutes les personnes qui composent l'œuvre , le jour de leur réception , le jour de leur décès ; on y inscrira également toutes les délibérations relatives k l'œuvre.

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(1) On indiqué ici la quotité de la somme annuelle que chaque personne donnera.

(2) Il faut fixer Tépoque on elle doit se faire ; dansr certaines paroisses on a eu Ilieureuse idée de la faire le vendredi saint ; dans d^utres , on la fait au commen»^ eement de riiivcr. Il y a aussi des paroisses où elle est fsate dans Téglise , tous les dimanches ; 11 est à propot. d'exprimer tout cela%

( 202 é^is )

Quand l'association recevra des secours qui lu seront fournis par le bureau de bienfaisance 5 la trésorière aura un registre particulier pour inscrire la recette et l'emploi ^ dont elle rendra compte 9 si on l'exige.

Ylil. On célébrera toutes les années la fête da vocable de l'œuvre qui est (1)...

Ce jour là , diaprés notre autorisation , il y aura une messe solennelle , et un sermon. L^après-mldi p le conseil et toutes les associées se réuniront dans la maison qui sera indiquée. On fera connaître d'une manière générale l'état des recettes et des dépenses ; on lira le présent règlement , et l'on retournera à l'église pour recevoir la bénédiction du saint Sacrement 5 à l'heure indiquée par M. le curé. Le lendemain on dira une messe solen« nelle pour les associées qui sont mortes (2).

IX. Lorsque ce règlement ou tout autre équivalent et modifié selon les localités a été signé par M. le curé et les principales personnes qui composent l'œuvre^ nous y mettons notre approbation,

(1) Il faut désigner ici le vocable. On peut choisir la Compassion de la sainte Vierge, la Visitation > la fête de saint Vincent de Paul , etc. ; nous indiquons de préférence la fête de la Présentation de la suinte Vierge» le 21 novembre, parce que c'est le commencemest de rtiiver, et le moment où il est à propos de ranimer la charité.

(2) Il y a des paroisses on toutes les associées se font un devoir d'assister à Tenterrement des personnes qui ont été de Tœuvre.

( 202 ter )

et aiors toutes les associées gagnent une indut^ gence pléniëre le jour de leur réception , et toutes les années 9 le jour de la fête principale ^ ponrvu qu'elles se confessent et communient. Elles gagnent aussi une indulgence plénière à l'article de la mort, en invoquant les saints noms de Jésus et de Marie ; mais la faveur la plus précieuse que le saint Père ait accordée ^ c'est d'attacher une indulgence plénière à toutes les mes-* ses qu'on dira pour les associées défuntes.

Outre ces indulgences plénières , les associée» gagnent une indulgence de 7 ans et 7 quarantaines lorsqu'elles se confessent et communient , et font une visite à la chapelle de la sainte Vierge^ quatre jours dans l'aiinée que nous désignerons pour chaque association ; et une de soixante jour» toutes les fois qu'elles font une œuvre de charité, qu'elles visitent les malheureux , instruisent les ignorans , font la quête pour les pauvres , disposent les malades à la réception des sacreniens , etc.

TITRE XIII

Des Maîtres et Maîtresses d'école.

Le soin des en fans est un des premiers devoirs imposés aux pasteurs, parce que c'est surtout dans ces jeunes plantes qu'ils recueilleront les fruits les plus consolans de leur saint ministère. Sans doute ils ne doivent pas négliger la génération qui,, dans ces malheureux temps,

a sucé l'impiété avec le lait ; mais notre plus douce espérance repose sur cette génération fu* ture qui 5 pan le zèle et l'instruction, deviendra un peuple nouveau , et fera la consolation de la' religion.

Cette œuvre si importante dépend surtout du bon ordre des écoles^ et de la manière dont le» enfans y sont soignés ; c'est aux pasteurs à examiner si les personnes qui sont charges de cette fonction respectable ^ répondent à la conjQance qu'on leur témoigne , et à veiller si elles s'acquittent de leurs devoirs avec tout le soin et toute l'exactitude nécessaires. Quoique les ordonnances royales varient souvent sur cet objety toutes reconnaissent la nécessité de l'influence de la religion et de ses ministres. Tous les pasteurs ont droit de surveiller et de visiter les écoles qui sont dans leur paroisse , d'empêcher que les garçons et les filles ne soient admis dans la même école y de choisir et de présenter les maîtres au comité d'arrondissement , ou autres qui sont ou pourront être chargés de la surveillance des maîtres et maîtresses d'école.

MM. les pasteurs doivent se rappeler toutes les dispositions des ordonnances, et remplir avec zèle et prudence les vues religieuses de Sa Majesté. £n donnant un certificat de bonne conduite aux instituteurs, qu'ils se rappellent les

suites funestes que pourraîeut avoir leur faî« blesse et leur condescendance , s'ils donnaient ee certificat à des hommes qui en seraient indi* goes : ils peuvent et doivent le refuser à ceux qui ne sont pas catholiques 5 puisque les ordonnances reconnaissent des eomités protestant.

Les pasteurs doivent veiller aussi à ce que les maîtres et maîtresses d'école fassent iaire^ soir el watin^ la prière aux «nfans^ leur apprennent l'oraison dominicale 9 la salutation angélique , le symbole des apôtres, les commandemens de Dieu et de l'Église » les actes de foi , d'espérance , de charité et de contrition ; les conduisent 5 autant qu'il sera possible 9 tous les jours à la messe 9 les accoutument à se tenir dans l'église avec res^ pect^'piété et recueillement 5 les fassent confesser plusieurs fois par an, etc. (1) Il est très-nécessaire aussi d'examiner les livres dont se servent les enfans;il en est qui sont suspects pour la doctrine, et d'autres qui sont dangereux pour les mœurs.

Nous nous empressons d'assurer les pasteurs que ce ne sera pas en vain qu'ils réclameront auprès de nous contre les maîtres et maîtresses d'école qui

(I) Ce soDt les bases de tous les réglcmcos sur cette matière.

ne rempliraient pas leur devoir; et qu'ils se rendraient coupables de faute grave , s'ils négligeaient de donner leur soin à cette partie de leur lainistère, sous prétexte que les peines qu'ils ont prises jusqu'à présent ont été inutiles^ et ne leur ont occasioné que du désagrément. Nous nous ferons rendre un compte fidèle de tout ce qui arrivera d'essentiel sur cet article 9 et nous nous pourvoirons auprès des premières autorités^ quand il le faudra.

TITRE XIV

Des Maisons reiigieitses,

DÈS que la religion chrétienne commença à se répandre 9 il se forma dos associations de personnes pieuses des deux sexes, qui voulurent se séparer du monde, vécurent en commun, se soumirent à une règle, prirent un costume particulier , et firent profession de pratiquer les con* seils évangéliques : tous les siècles et tous les pays catholiques ont fourni ces spectacles édifians , que la Providence conserve pour les opposer au torrent d'iniquités qui inonde la terre , et empêcher par ce mo^en le vice de prescrire contre la vertu ( 1 ). Il est impossible d'oublier le cou-

(I) Voyez Fleury, Mœurs (Us ClirétieaSj n. 26, 27,

( 2aG )

rage héroïque de tant de vierges sages qui, dans ces derniers temps» ont bravé tous les dangers pour rester fidèles à leur devoir ; qui se sont exilées volontairement pour retrouver la captivité prétendue dont on voulait les affranchir ; qui se sont empressées de rentrer dans leur couvent^ dès qu'il y a eu possibilité de le faire.

Ces sortes d'établissemens ont toujours fixé l'attention des premiers pasteurs. Ils s'en sont même toujours réservé la surveillance, pour empêcher l'altération des règles et des constitutions.

I. Aucune maison religieuse ne doit être éfablie dans le diocèse sans notre autorisation ( i } , que nous ne don itérons qu'après avoir examiné les règles et les constitutions , particulièrement si c'est un ordre nouveau^ et qui n'était point connu auparavant.

II. Toutes les maisons religieuses sont sous notre surveillance immédiate , ou celle d'un de nos grands-vicaires, désigné par nous pour cela. Les pasteurs , et même les archiprêtres , n'ont sur elles aucune juridiction de droit, relativement à

52, 53;— -2.*" Disc, sur VHUt, cccids,, n. 3;~ 3.* Disc, y n. 22.

(I)Goncile de Trente ^ sesa. 25 1 de Regularib.f ch. 3.

r administration des sacremens^ à l'observation des règles et des constitutions, à Texamen des sujets , à la cérémonie des prises d'habit ejt de l'émission des vœux , à la visite du monastère y à l'élection des supérieures, etc. ( i }.

III. Aucun prêtre ne peut confesser validement les religieuses cloîtrées, à moins qu'il n'en ait reçu l'autorisation expresse de notre part. Nous avons étendu cette réservé aux hospitalières et maîtresses d'école qui tiennent à une congrégation. Nous autorisons néanmoins tous les pastçurs à confesser les religieuses qui sont dans leur paroisse et qui n'ont pas un confesseur particulier désigné par nous; ils peuvent aussi confesser celles qui s'y trouveraient momentanément pour raisons légitimes.

IV. Tous les trois mois les religieuses s'adresseront à un confesseur extraordinaire , que nous désignerons pour les entendre ( 2 ) , et auquel toutes seront obligées de se présenter , sans être

(1) Benoit XIV, InsU 29, n. I, 2, etc.; ImU 83. n. 10.

(2) Le saint Concile de Trente , &^%%* 25, ch. 10, de Regularihus; — Benoît XIV, BiiUa pastoralis , nonis aug. 1748 édita; — Les Couféreuces d'Angers, sur le» états y t. 2.

obligées néanmoins de se confesser à lui : si elles n'ont rien de particulier à lui dire , elles écouteront avec respect les avis qu'il croira à propos de leur donner.

y. Il est défendu , sous peine d'excommunication, d'entrer dans les maisons cloîtrées des religieuses qui font des vœux solennels, sans une permission expresse de notre part. Même peine est prononcée contre les personnes qui laissent entrer dans les monastères ; contre les religieuses qui violent la clôture ; contre les parens et autres qui forcent leurs enfans à embrasser l'état religieux (i),

YI. Quoique les hospitalières et les sœurs des écolels ne soient peint cloîtrées , nous leur recommandons fortement de ne point faire de visites inutiles , et de n'en point recevoir chez elles sans une espèce de nécessité. Nous leur recommandons de ne jamais manger hors de leur maison y de ne pas donner à manger chez elles ù des

( I ) Poar connaître l'étendue de ces défenses , et en général toutes les obligations de la vie religieuse ^ il faut lire la sess. 25 du Concile de Trente, de Regularibus; — les Actes de Milan y liv. 5 tout entier, — la Théologie de Bailiy et celle à* Antoine ^ sur les obligations de Tétat religieux.

personnes du pays ^ de ne pas s'arrêter dans les sacristies pour y causer , etc.

VU. Aucune novice ne sera admise à la profession qu'elle n'ait fait un an de noviciat sans interruption (i) ou même davantage > si les constitutions le demandent : aucune ne sera admise à la profession qu'elle n'ait été examinée par nous ou par notre ordre ^ sur sa vocation.

YIII. Il ne sera accordé aucune dispense généralç d'un des articles de la règle ou des constitutions 9 par les supérieures ou autres , sans une autorisation expresse de notre part, sauf les exceptions marquées formellement dans les règles ou dans les constitutions*

IX. Les religieuses hospitalières et celles qui sont chargées de l'éducation de la jeunesse > surtout des enfans pauvres, méritent une attention particulière , à raison des services importans qu'elles rendent , services qui ont été admirés et préconisés même par les impies.

Nous désirons néanmoins que les pasteurs apprécient et fassent apprécier les corps religieux qui se dévouent à la prière et à la pénitence. Il suffit d'ouvrir l'Ecriture et de consulter la tradi-

(I ) Le saint Concile de Trente, stss* 25, ch. 15, de Regularzbus,

tîon^ pour y trouver la preuve que les prières des justes sont iiifinîineiit utiles à la société (i). Le temps de nos malheurs où ce principe a été méconnu^ est précis(fnient celui qui peut servir plus eflicacement à en découvrir la vérité.

(I) La prière d'Abraham, de Moïse j d*Elie, etc., en

fournissent la preuve. Voyez Benoit XIV , Instit. 20,

n. 29. — On oublie trop aisément les services que les Religieux out rendus aux sciences , aux arts , à l'agriculture, à la civilisation. Voyez sur cela le Dictionnaire de Bergier f articles Moines , Etal monastique , Religieuses*

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