‹ RITUEL DU DIOCESE DE BELLEYChapitre 20 sur 48 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

QUI TRAITE DE l'adMINISTRATION DES SACREBIEM8.

TITRE I/' Des Sacremens en générai.

S'il existait quelque part des fontaines sala* taires dont les eaux rendissent la santé et même la vie à ceux qui ont le bonheur d'en user, avec quel empressement on viendrait de tout côté pour faire l'essai d'un remède aussi puissant et aussi facile ! qu'ils se croiraient heureux les gardiens d'un pareil trésor ! quelle consolation pour eux de le distribuer à ceux qui les entourent^ et d'être sûrs que ce remède produit son effet , si on n'y met obstacle volontairement ! Or, ce n'est pas ici une vaine supposition : les sacremens , selon la pensée de saint Âmbroise ( i ) , sont les fontaines salutaires du Sauveur; ils sortirent de son divin cœur le jour même qu'une lance fit couler sur nous, et pour nous, jusqu'à la dernière goutte de son sang ( 2 ).

Parlons souvent aux fidèles de ces sources abondantes de grâces et de bénédictions; faisons-

(I) Ta p.mlm. 4 et 37. -— (2) Saiat ^agustiD, tract, 120; in Joaa,

leur remarquer ce que dit le catéchisme du saint concile de Trente ( i ) ; que le baptême nous donne une vie nouvelle 5 vie toute surnaturelle , toute divine , dont l'efTet est de nous sanctifier sur la terre et de nous ouvrir les portes du ciel ; que la confirmation nous tire de l'enfance spirituelle^ pour nous faire grandir dans la foi, pour nous enrichir de tous les dons du Saint-Esprit , pour nous revêtir des armes du salut , armes qui nous assurent la victoire contre tous nos ennemis ; que l'eucharistie^ l'ine (Table eucharistie, est la nourriture céleste , qui doit nous fortifier et nous communiquer rëellemcnt et substantiellement tous les mérites^ tous les droits , toutes les vertus, toutes les perfections de l'Homme- Dieu , pour nous faire vivre de sa vie , selon l'expression de l'Apôtre , et nous faire régner avec lui ; que la pénitence nous guérit des maux spirituels , qui souvent altèrent en nous la vie de la grâce , qui même quelquefois nous la font perdre entièrement ; que l'extrême-onction ihel le complément à notre vocation céleste , et nous aide à consommer le sacrifice que l'arrêt du Créateur

(I) Catech, conc» trid, y part. 2, cap. I, n. 18. Cet ouvrage n*est pas assez connu ; c'est une mine précieuse, que les pasteurs devraient exploiter avec plus de soin : il est fuit pour eux.

rend inévitable , mais que sa miséricorde rend si précieux, en le faisant devenir le commencement et le principe de notre bonheur.

Rappelons aux fidèles que nous ne sommes pas chrétiens pour nous seuls; que l'Eglise forme une société de saints ^ qui a ses lois^ ses sujets , ses trésors ; que les mariages chrétiens doivent lui fournir de nouveaux enfans dignes d'elle ; et que l'ordre lui donne des chefs dignes du Dieu puissant dont ils sont les ministres et les représentans.

Oh ! qu'elle est 'peu connue cette vie surnaturelle que le baptême nous procure ^ et que les autres sacremens alimentent, soutiennent et font recouvrer quand on l'a perdue ! - qu'elle est admirable néanmoins cette vie sublime, que le temps voit commencer, et que l'éternité ne voit pas finir! C'est dans les sacremens que se trouvent toutes les richesses de la religion , c'est ici que la foi parle sans cesse à notre cœur ; tout est miraculeux , tout est divin dans les sacremens , et les pasteurs ne sauraient trop puiser dans cette source féconde en réflexions salutaires, l'objet de leurs instructions ( i ).

(I) Oq trouve dans l'ouvrage latin intitulé Hortus pastorum y dés matériaux très-întéressaus sur les sacremens^ envisagés sous les rapports moraux et propres à nour-> rir la piété.

Ce que nous avons dit jusqu'à présent, et ce que nous dirons encore sur rudministration du diocèse et des paroisses , est comme le tronc , les branches , les fleurs , les feuilles d'un grand arbre ; mais les sacremens sont la racine , la sève et les fruits ( i ).

I. Il est de foi que Jésus-Christ est l'auteur de tous les sacremens: c'est cet Homme-Dieu

(I) Notre intention n'est pas de donner un cours de théologie sur les sacremens , mais seulement de rappeler les objets que l'on perd de \ue plus aisément ; et surtout ceux qui tiennent à la discipline ecclésiastique, sans entrer dans aucune discussion. Nous indiquerons de temps en temps , comme nous l'avons fait jusqu'à présent, les auteurs où l'on trouvera les preuves et les détails dont on pourrait avoir besoin, en choisissant de préférence ceux qu'il est plus aisé de se procurer, tels que la Théologie de Bailly , les conférences 'd* Angers, le Rituel de Toulon y la Tluhlogie de Ligoriy etc. Qu'on ne s'étonne pas de nous voir rappeler quelquefois des choses faciles, et qu'aucun pr<^trc ne peut ignorer sans être très-coupable, et môme sans être incapable d'exercer le saint ministère : notre intention alors n'est pas de parler aux prêtres , mais de leur mettre sous la main des décisions venant de nous, qu'ils peuvent montrer aux fidèles comme la ràgic de leur conduite et la mesure de leurs devoirs; ce qui leur épargnera souvent de longues diseussions»

( a«5 ) qui leur a donné ce principe de vie et de fécondité qui les rend si efficaces par eux-mcnies^ ex opère opcrato, comme disent les théologiens; en sorte qu'ils agissent en nous^ et souvent sans nous^ pourvu que nous ne mettions pas obstacle à leur action par nos péchés.

II. On a toujours reconnu sept sacremens dans TEglise catholique, et même dans toutes les sectes séparées de l'Eglise romaine. Ce n'est que dans les derniers siècles qu'on a osé élever des doutes sur cette vérité fondamentale. Il est impossible d'assigner l'époque où l'on a commencé à l'enseigner ; preuve évidente qu'elle l'a toujours été (i).

(I) Ce raisonnement , appelé aiigument de prescription, est ]e plus fort et le plus facile à comprendre qu'on puisse opposer aux Protestans ; toutes les églises du monde se sont soulevées contre vous, peut-on leur dire , quand vous avez voulu révoquer en doute la présence réelle de Jésus-Clirist dans la sainte Eucharistie , et la rémission des péchés dans la confession ; on se serait soulevé à plus forte raison contre un novateur qui aurait voulu introduire ces dogmes dans un moment où ils n'auraient pas été enseignés partout : or nous ne trouvons aucune trace de pareilles réclamations depuis rétablissement de l'Eglise : donc ces dogmes ont toujours été enseignés. Ce raisonnement est d'autant plus fort que l'Eglise a réellement condamné dans toua Uia

III. 11 y a dans tous les sacrcmens une matière et une forme qui tiennent à leur essence. On ne peut rien changer ni à Tune ni à l'autre sans se rendre coupable, et même quelquefois sans rendre le sacrement nul (i).

IV. Les cérémonies qui accompagnent les sacremens sont presque toutes de tradition apostolique : elles sont toutes instructives et touchantes (2) ; elles sont vénérables par leur antiquité

fliticles les hérétiques qui ont refusé de reconnaître quelqu'un des sept sacrcmens. Voy. les conférences (VAi^' gers , t. 3 , quest. 2. — Perpétuité de la foi catholique sur les sacrcmens f ttc.

(1) Voyez sur la matière et là forme de chaque sacrement les théologiens que nous avons indiqués. Ceux qui voudraient étudier cette matière importante d'une manière plus profonde, pourraient lire Touvragc ôo Drouin , intitulé De re sac rame ntariâ , ou celui de Juennin , intitulé comtncntarius historiens et dogmati' eus de sacramentis , ou les controverses de Beilarmin, qui •ont si profondes et si estimées.

(2) On ne saurait imaginer Tintèrent qu'inspire aux fidèles rex|>1ication des cérémonies de l'Eglise , et le fruit qui résulte de cette explication. 11 faut donc les étudier et les méditer avec soin dans le rituel et dans les ouvrages qui en font connaître l'esprit, tels que celui de Mérali sur G a van tu s y de Lebrun, du cardinal Booa, le Traité des ss. mystères, par Collet, tome 2, et le manuel de Beuv«?!et, ouvrage succinct, mais U'èsinstiuctif, et qui n'est pas assez connu.

5l par l'aulorité de l'Eglise , qui les prescrit ; il 3n est qui tiennent à l'essence même des sacremens ; toutes procurent des grâces particulières^ nosi que nous l'avons dit en parlant des sacramentaux : c'est donc une obligation rigoureuse de les respecter (i) , et on ne doit jamais en supprimer aucune, sans une véritable nécessité 5 même celles qui ne tiennent pas à l'essence du sacrement. Mais y a-t-il beaucoup de différence entre les supprimer ou les £aire sans attention ^ sans aucune décence , avec une précipitation scandaleuse ? Peut-on les faire comme il faut j quand on ne les étudie pas ?

V. L'administration des sacremens est une action raisonnable et humaine : il faut donc avoir intention de la faire ^ et en avoir la capacité 5 pour que le sacrement soit valide. L'intention de produire l'effet pour lequel le sacrement est institué , est la plus sûre , la plus conforme à l'esprit de foi, la plus fructueuse pour celui qui l'administre ; mais cette intention formelle n'est pas absolumeut nécessaire; il suffît de vouloir administrer le sacrement, et faire ce que fait

(1) Conc, trid., %esi, 7, can, 13. Benoit XIV, instit. 89, n. 19.

VEglise (i). Or, est-on capable de cette intention quand on est semi dortniens au confessionnal, quand on est comme dans Tenfance, à cause de la décrépitude de l'âge , qi;iand on est horrens dico, vino madidus? Quelle responsabilité, quel compte à rendre au jugement de Dieu 9 s'il arrivait que par là on eût nonseulement scandalisé 9 mais qu'on se fût mis'hors d'état d'administrer le sacrement de baptême ou de pénitence validement!

VI. Pour que le sacrement soit valide , il n'est pas nécessaire que celui qui l'administre soit exempt de péché mortel (2) ; mais quelle horrible profanation que celle dont on se rend coupable, quand on les administre dans ce malheureux état! Avant d*administrer aucun sacrement , les prêtres doivent recourir à' Dieu (5)» s'exciter à la contrition , dresser leur intention , eu lui recommandant ce qu'ils vont faire en son nom; prévoir ce qu'ils ont à faire soit pour la matière à employer, soit pour les cérémonies à

(I) Conc. trid,f sess, 7, can. II. — (2) Conc, trid,^ fess. If can. 12.

(3) On trouvera dans le second volume de cet oavrage Jej prières à réciter avant et après radministration des fistcremens.

observer, soit pour les prières à réciter , qu'il faut lire dans le Rituel 5 sans se fier à sa mémoire (1).

YII. On ne doit jamais administifer les sacremens dans une paroisse sans l'autorisation du pasteur; et les pasteurs ne doivent jamais don** ner cette autorisation à des prêtres qui ne sont pajs connus , ou autorisés par nous. Pour le sa-^ crement de pénitence , il faut de plus une ap«> probation formelle de notre part, s^ans laquelle l'absolution serait nulle.

y III. Nous défendons à tous les prêtres d'ad* ministrer les sacremens sans être revêtus de la soutane , du surplis et de Tétole , sauf dans un cas de pressante nécessité (2). Il faut excepter de cette règle le sacrement de pénitence qu'on peut administrer sans étole dans Téglise, et même

(1) Act. de réglise de Milan , Instrucâiones de admi^ uistratione sacramentorum. — Goostitut. de S* Françoij de Sales, 4.® part. tit. 4, n. 4 et 5.

(2) Act. de l'église de Milan , ibid. et liv. 2, n. 7, de Sacramentis in génère ; — Constit» de S. Franc, de Sal. , ibid, n. 4. — *• Rituel dé Toulon sur les sacrem. on général, vers la fin. — Rituel de Langres, art. 2 du rit extérieur des sacremens. — Rituel de Paris ^ de Sacram, in gêner* j cap. 9.

sans surplis aux malades dans les maisons particulières, mais toujours en soutane (i).

IX. Saint Charles recommande aux pasteurs de faire toujours une petite instruction avant d'administrer les sacremens (2)9 pour en faire connaître les effets et rappeler dans quelles dispositions on doit les recevoir : cet usage est surtout établi quand on administre le baptême et le mariage ^ et aussi quand on administre Textrême-onction et le saint viatique aux malades ; nous recommandons de le suivre. On a vu souvent des larmes couler et des conversions s'opérer près du lit des malades auxquels un pasteur zélé adressait des paroles courtes^ mais toutes vivantes de l'esprit de foi.

X. « Nous ordonnons avec Saint François de » Sales qu'on observe dans l'administration des » sacremens toutes les cérémonies prescrites

(1) Quelcpies ecclésiastiques sont dans l'usage de confesser les hommes dans leur chamb re ; nous ne le désapprouTons pas , mais nous leur conseillons même alors d'avoir toujours un surplis ; le confesseur et le pénitent y gagneront plus qu'on ne pense.

(2) Act. de VEglUe de Milan, ibid. ; — Ordon. synod . de M. de Milon; — Ordon. synod. de saint Paul-Trois- Châteaux. — Constit. de saint Franc, de Sal. , 4.e part.,

êit. 4, «.<» 7.

1» par le rituel (elles sont marquées dans le 2 » volume de cet ouvrage), sans addition ni chai » gemeot ; qu'on n'en omette aucune, si ce n'e » dans le cas où la loi le permet; qu'on h » fasse posément et distinctement, avec une m< » destie et une gravité qui fassent connaitre qu I » l'on croit traiter des choses saintes (1). »

TITRE II

Du Baptême,

Le baptême, comme nous l'avons dit d'aprj le catéchisme du Concile de Trente , nous donn une liouvelle vie, qui se rapporte toute entièi à l'éternité; il nous unit d'une manière HieflTabl aux trois personnes divines ; il nous rend enfan de Dieu, membres de Jésus-Christ, temples d saint Esprit.

Le développement de ces principes de foi foui nit l'occasion de dire les choses les plus tou chantes et les plus propres à inspirer un pro fond respect pour le premier et le plus nécea saire de tous les sacremens. Il fera comprendr aux fidèles combien il est important de le prc

(I) Constit. de Saint Franc, de Sal. , ibid. n,^ 6. - Benoit XIV. Inslit. 89, n.» 19.

curer à leurs enfans , combren on est coupable de le différer sans raisons légitimes ^ ou pour des raisons frivoles (i).

I. Quand on présente un enfant pour être baptisé, le prêtre doit s'assurer qu'il a été enregistré à la commune , et si les parens font peu d'attention à cette formalité essentielle 5 il doit leur en faire apprécier l'importance et les suites funestes qui peuvent résulter pour leurs enfans de la négligence qu'ils mettraient à la remplir, puisque dès-lors l'enfant pourrait être regardé comme illégitime aux yeux de la loi civile.

II. Nous défendons à tous les curés, vicaires et autres prêtres^ de conférer le baptême ailleurs que dans l'église paroissiale (2; ; de donner l'eau sans faire les cérémonies prescrites par le rituel , excepté dans le cas de nécessité pressante, et dans ce cas même, il faut suppléer

(1) Voyez V Explication du catéchisme de Genèwe, par M. Duclot , Disc. 13 et suirans ; — le Catéchisme de Montpellier, 3 part., sect. I, chap. 2,51;— VUortus pastomm, de sacramento Baptismi; -^ Projets pour un cours complet d* instructions familières , t. 3.

(2) Benoît XIV, in^tit 98, n. 9. — Statuts de Belley, tit. XI, sect. 2. — Constit. de S. Franc, de Sal., J.*/)arL tIt. 3, n. 2. — lUtuel de Ljon, tome I.

( aaS )

les cérémonies le plus tôt possible (i); de différer le baptême plus de tiois jours sans notre autorisation (2). Ils doivent avertir les parens qui différent de présenter leurs enfans 9 qu'ils se rendent coupables d'une grande faute (5); mais rien ne peut autoriser les pasteurs à refuser de donner le baptême h un enfant qu'on aurait différé de leur présenter.

III. On n'admettra pas pour parrains ou mar-. raines^ les infidèles , les hérétiques^ les schismatiques^ les excommuniés^ les pécheurs publics et scandaleux, les comédiens et bateleurs^ ceux qui ne sont pas instruits de la religion , ou qui font profession ouverte d'impiété (4); on doit ajouter aujourd'hui les divorcés et ceux dont le»

(1} Concile de Milan, part. 2, de Baptismo. — Gonstit. de S. Franc, de Sal., ibid. n. 3. — Rituel de Ljoo, ibîd.

(2) Benoît XIV, insUt. 96, n. 3.— Statuts de Bellej, tît. XI , stat. 4. — Gonslit. de S. Franc, de Sal. , ibid. n. I. — Statuts de Besançon, tit. XI.

(3) Saint Charles menace d'excommunication les parens qui se rendent coupables de délai. I conc. de MilaUi 2 part., titr. du baptême.

(4) Rituel Romain, de Baptismo. — Rituel de Lyon, de Paris , de Toulon , de Langres , etc. — !.*''' concile de Milan. — Statuts de Bclley et de Besançon. — Con»* tit. de saint François de Sales, etc.

mariages ne sont pas faits devant le propre prêtre. Nous recommandons beaucoup de prudence dans le refus qu'on fera d'admettre les pécheurs publics pour parrains ou marraines , et on s'adressera à nos archiprêtres ou à nous dans les cas embarrassans.

IV. Les enfans ne seront admis Comme parrains ou marraines qu'après leur première communion 9 à moins qu'ils ne soient frères ou sœurs; mais alors il faut qu'ils aient atteint l'âge de raison, et soient un peu instruits de la religion.

y. Conformément aux saints canons et aux ordonnances de nos prédécesseurs , nous défendons à tous les ecclésiastiques , à tous les religieux et à toutes les religieuses^ d'être parrains ou marraines (i).

YI. On ne donnera aux enfans, et on n'inscrira dans les registres que des noms de saints et de saintes reconnus par l'église ; et quand ces noms sont dénaturés par la manière de les prononcer ou de les écrire , il faut les mettre dans le registre comme on les écrivait et prononçait autrefois :

(I) Rituel Romain, rituel de Lyon, de Langres , de Toulon. — Statuts deBelIey, de Besançon; etc. — Ré^ glement du clergé ^ eu 1379.

par exemple, il faut mettre Anne au lieu de Nincy, Elisabeth au lieu de Zélie, elc. Il e&t essentiel que les enfans soient inscrits dans le registre de la paroisse sous les mêmes prénoms qu'ils l'ont été à la commune.

VIL Nous recommandons aux pasteurs d'empêcher les rassemblemens scandaleux qui se font à l'occasion des baptêmes; mais ils doivent la faire avec ménagement et prudence. Qu'ils donnent eux-mêmes l'exemple du recueillement dans le lieu saint, avant et pendant la cérémonie , et ils en inspireront à tous les assistans.

YIII. Le registre de baptême sera fait a double ^ dont un exemplaire sera envoyé à l'archiprêtre, toutes les années dans le courant de janvier, el l'archiprêtre les enverra à l'évêché en février. Nous recommandons et ordonnons de dresser, de signer ou faire signer de suile les actes de baptême : le retard expose à de grands inconvéniens.

IX. Nous recommandons expressément à MM. les curés et desservans de succursale el d'annexé de s'assurer , au moment de la pre* mière communion , que tous les enfans ont reçu le baptême, surtout quand ce sont des étrangers.

X. On doit réitérer sous condition le baptême des enfans qui, dans un cas pressant, ont élé ondoyés dans les maisons particulières, a moi os

qu'il ne se troaye deux témoins dignes de foi (i), qui attestent avoir vu verser Teau et entendu prononcer les. paroles par la même ))ersonne« Nous recommandons à tous les pasteurs d'ins* truire les fidcles , et surtout les sages-femmes , sur la manière d'administrer ce sacremeiit. On dcit aussi donner le baptême sous condition aux enfans trouvés, quand même ils porteraient sur eux un billet qui annonce qu'ils ont été baptisés.

XI. Aucun adulte ne sera baptisé , même sous condition , excepté dans le danger de . mort ^ sans qu'on nous en ait donné avis.

XII. On ne suppléera point les cérémonies du baptême aux hérétiques adultes qui rentrent dans le sein de l'église (2) 5 mais on doit prendre

(1) Les rituels de Lyon , de Langres , de TonloD , de Paris; etc., exigent en eflet la présence et le témoignage de deux ou trois jiersonnes; saint François de Sales, ibid. n." 4, exige la même chose; et c'est la pratiijue la plus répandue depuis la révolution. Nous devons cependant convenir que Benoit XIV, Inst. 8 , d.« 6 et de sjnodo dicrcesan. , lib. 7, cap. 6, est opposé à cette pratique, et veut qu'on s'en tienne au témoignage de la s^gefemme ou autre personne digne de foi.

(2) Ligori li • 6 , n. 144. — Gonfer. d'Angers, 2j quest. du baptême, vers la fin. — Rituel de Ljon, iii-4.« , lom • 2 , p. 40.

t>eaucoup de précautions pour s'assurer de la validité de leur baplême. En nous demandant le pouvoir de les absoudre de l'hérésie^ on aura soin de nous prévenir des moyens qu'on a pris pour s'assurer que leur baptême est validet et nous accorderons la permission de le réitérer sous condition , si cela nous parait nécessaire. Dans ces sortes d'occasions il faut d'abord con« fesser la personne dont il est question , qlin de la bien disposer à la douleur de ses pécbés ; ensuite on lui donne le baptême sous condition , et on termine en lui conférant l'absolution ; mais avant de la lui donner^ il faut lui faire faire une nouvelle accusation en peu de mots des fautes qu'elle avait accusées auparavant^ et l'exciter à la contrition «

XIII. Nous défendons à tous les pasteurs et autres prêtres de conférer le baptême à des enfans qui ne seraient point de leur paroisse , sauf dans un cas de nécessité pressante ; et même alors on doit prévenir le pasteur dans la paroisse duquel l'enfant a pris naissance ^ afin qu'il en prenne note dans ses registres.

XIV. Nous recommandons fortement que les fonts baptismaux soient tenus avec la plus grande propreté^ et dans l'intérieur et au dehors; qu'ils soient ornés proprement ou du moins couverts et fermés à clef; qu'on ne laisse point asseoir les

enfans ou autres par-dessus^ qu'on n'y laisse point entreposer des paniers, des chapeaux ou autres objets. Nous désirerions que toutes les chrémières fussent en argent ; c'est une dépense peu considérable.

XY. Quand l'eau baptismale e'^t corrompue ou desséchée, le pasteur doit la renouveler, en suivant la méthode indiquée dans le rituel du diocèse ; mais on ne doit jamais se servir d'eau ordinaire, ni même d'eau simplement bénite, sans une véritable nécessité (i). Pendant l'hiver on peut faire chauffer l'eau baptismale, ou y mêler un peu d eau chaude.

XYI En terminant la cérémonie du baptême, on doit avertir les parrains et marraines qu'ils ont contracté une alliance spirituelle avec l'enfant et ses père et mère , qui les empêche de contracter mariage ensemble (2).

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