‹ RITUEL DU DIOCESE DE BELLEYChapitre 21 sur 48 · XVI. Pour le baptême des foetus qui n'ont pas · texte numérisé non relu

XVI. Pour le baptême des foetus qui n'ont pas

(1) BenoU XIV coDStit. 89/n.20. — Gonstit. de S. Franc, de Sal. ibid. n.» 7.

(2) Les enfans qui sont parrains ou marraines, quelque jeunes qu'ils soient , contractent cette alliance. Ceux qui prêtent la main aux absens , ne contractent point l'alliance dont nous parlons , mais elle est contractée par ceux au nom desquels l'enfant est tenu. Ceux qui sont parrains pour le supplément des cérémonies seulement ne contractent point d'empêchement.

la forme humaine , il faut consulter les théologiens (i) : nous nous contenterons de dire en général qu'il faut toujours incliner de préférence pour r administration du baptême , dans ces sortes d'occasions , même dans le cas d'avortement^ farce que le temps précis de Ç animation du fœtus y dit saint François de Sales y est inccT" tain (a).

XVIII. Quand une femme enceinte est dangereusement malade 4 il faut prendic toutes les précautions possibles, dès qu'elle est expirée , pour faire extraire l'enfant, afin de lui faire donner le baptême; mais un ecclésiastique ne doit jamais faire celte opération , il s'exposerait à être poursuivi par les magistrats.

XIX. Dans les accouchemens laborieux, si l'on craint qu^un enfant ne meure dans le sein de sa mère , on doit lui faire donner Teau , meiiori modo, par la sage- femme , ou par quelque autre personne: et q»iand on a donné le baptême de la sorte 9 il faut le réitérer sous condition , en ver-

. (I) Vo>ez V Embryologie sacrée de Dinouard. On en a fait un abrégé fort court qu'il est aisé de se procurer , et que nous recommandons de lire. Il y en a un abrégé aussi dans l'ouvrage de M. Bouvier , intitulé Dissertatio in scxtum Decalogi prcpceptiim.

(2) Gonst. de S. Franc, de Sal.j ibid n.« 20.

sant Teau sur la tête de renfant^ s'il est encore vivant après sa naissance. On le reitère aussi sous condition lorsqu'on a versé l'eau sur le bras ou la jambe de l'enfant^ au moment où il commençait à paraître (i).

XX. « Les curés, dit saint François, maini tiendront, autant qu'il dépendra d^eux, la louaf ble coutume ou sont les femmes chrétiennes t de venir à IVglise paroissiale , aussitôt qu'elles » peuvent sortir après leurs couches , pour ren- > dre grâces à Dieu de leur heureuse délivrance; 9. lui offrir et recommander Tenfant qu'elles ont t mis au monde ; pour renouveler elles-mêmes » les promesses de leur baptême , et recevoir la » bénédiction de leur pasteur (2). »

TITRE III

De la Confirmation,

n est rare que les iidèles soient suffisamment instruits sur le sacrement de conOrmalion. Ils comprennent aisément qu'en temps de guerre il faut que chacun se tienne prêt au combat; qu'il £iut se munir d'armes de toute espèce y et se tenir en garde contre tous les pièges de l'ennemi. Mais ce langage , appliqué aux objets du

(I) Benoît. XIV. De sjmodo diaecesanâ, lib, 7, n. 5 et 6. — (2) CoDSt. ihid. n.« 14.

telut 5 devient inintelligible pour evtt , parce^ qu'on ne leur parle pas assez souvent des dangers qui nous environnent y des adversaires que nous av(ms à craindre 9 de leur acharnement à nous perdre , des moyens que la religion nous fournit pour les vaincre. De là tant de chutes dans les tentations , et tant de défections dans la foi 9 qui 9 dans ces derniers temps , sont allées jusqu'à l'apostasie. Si les fidèles savaient et se rappelaient que l'esprit de Dieu vit en nous et nous fait vivre de sa vie dès l'instant que nous avons reçu le baptême , qu'il prie avec nous , qu'il combat avec nous , qu'il nou*^ éclaire, nous fcirtifie , et que c'est particulièrement dans la Confirmation que cet esprit divin nous communique ses dons , et nous fournit les armes puissantes qui nous assurent la victoire contre tous nos ennemis , avec quel empressement ne recevraient- ils pas ce sacrement, avec quel soin ne s'y prépareraient - ils pas ? Que les pasteurs instruisent donc les fidèles long- temps d'avance sur ces vérités sublimes el consolantes (1); qu'ils s'informent des personnes

(I) Voyez V Explication du Catéchisme de Genève p t. 4 , Disc. 120 et suiv. ; — le Catéchisme de Monih jpellier ; — VHortus pastorum^ ; — les Projets d*instruc-' tions ; — le Kiluel de Toulon , etc.

qui n'ont pas reçu le sacrement de confirmation, pour les engager à le recevoir lorsque nous ferons nos visites.

I. 11 y a obligation de recevoir le sacrement de Confirmation pour tous ceux qui en ont la facilité , et cette obligation est plus étroite dans les temps de persécution et lorsqu'on est plus exposé à perdre la foi, comme dans le siècle où nous vivons. Il y a également obligation pour les pères et mères , les niaitres et maitresses et surtout pour les pasteurs , de faire recevoir ce sacrement aux personnes qui leur MUAt Mibordonnêes (i).

IL Nous nous ferons toujours un devoir de donner la confirmation aux personnes qui vtendrttnt nous la demander à Belley , de divers points du diocèse ; mais nous invitons les pasteurs à prévenir les fidèles que nous conférortms ce sacrement chaque année à tous ceux qui se présenteront dans notre ville épiscopale , le lendemain de Pâques , de la Pentecôte , de rA.v^>m|>tion et de Ni>eK Nous la donnerons éga« lement dans nos visites pastorales et particulièrement à Toccasion des missions.

(t> lliMi^\U XIV ln«tit. 6 a. 9 et 10. — Gonstit. de S. l^*Mvi^s a^ îjUîes » 4, part., Ut. 6, d. I. — Ligori,

in. Nous n'admettrons à la confirmation que lesenfansqui ont fait leur première communion^ ou qui , étant suffisamment Instruits et préparés^ doivent la faire pendant l'année.

lY. Pour recevoir le sacrement de confirmation , il faut être instruit sur les effets qu'il produit ^ être en état de grâce et s'y préparer autant qu'on le peut par la confession et la communion ; il est à propos d'être à jeun ; mais ce n'est pas une obligation rigoureuse. On doit s'habiller proprement et décemment, se laver le front sur lequel l'évêque doit faire l'onction en forme de croix avec le saint Chrême. Quand on sue, il faut se sécher le front avec un mouchoir un instant avant de recevoir l'onction. Quand on a reçu l'onction, il faut éviter de porter la main sur le front, et ne se lever que lorsque un prêtre a essuyé le saint Chrême avec du coton.

y. Nous recommandons à tous les pasteurs de remettre un billet aux personnes qui doivent recevoir la confirmation , sur lequel sera écrit , d'une manière distincte , le nom de baptême de la personne qui se présente. Il faudrait que ce billet fût signé par le pasteur ou le confesseur, afin d'éviter que quelques personnes ne s'introduisent dans les rangs, sans être assez préparées.

YI. Il faut recommander aux personnes qui

se disposent à recevoir la confirmation , de se trouver présentes au commencement de la cérémonie , c'esl-à-dire lorsqu'on chante le premier verset du Veni Creator , après lequel Tévêque fait l'imposition des mains. Il faut recommander aussi de ne pas sortir de l'église avant que nous ayons donné la bénédiction. Quelques personnes intelligentes devraient se tenir à la porte de l'église pour empêcher qu'on n'en sorte, ou pour avertir les personnes qui entrent trop tard, que l'imposition des mains est faite, et qu'il faut attendre qu'on la fasse une seconde fois^ avant de recevoir l'onction sainte sur le front.

Vil. Avant la cérémonie on doit faire ranger en ligne , sur la longueur de l'élise , les personnes à confirmer : on met les femmes du côté de l'épitre , et les hommes du côté de l'évangile (i). Quand la première ligne des hommes a reçu l'onction sainte, on la fait passer derrière les autres lignes, pendant que la première ligne des femmes reçoit la confirmation , et ainsi successivement. Nous recommandons de suivre cet ordre dans toutes les églises où il est possible de le faire.

(I) C'est l'arrangement indiqué dans un règlement imprimé à Rome y le 22 mai 1722.

TITRE IV

De V Eucharistie.

De tous les sacre mens celui de Teucharistie est sans contredit le plus grand » le plus au* guste 9 le plus vénérable y puisqu'il renferme réellement et substantiellement l'auteur de tous les sacremens. a Aime? Dieu^ dit saint Augus* tin f et faites ensuite ce que vous voudrez (i) : » Croyez fermement à la présence réelle de Jésus* Christ dans la sainte eucharistie ^ pouvons-nous dire aussi , et faites ensuite tout ce que vous voudrez^ p^rce qu'il est impossible que la foi ne vous inspire pas les sentimens de la piété la plus tendre , de la reconnaissance la plus vive» de l'amour le plus ardent et le plus efficace. Tous les devoirs que l'Ëglise nous impose à l'égard de ce divin mystère , quelque petits qu'ils paraissent 9 sont agrandis ^ ennoblis par l'auguslo sacrement auquel ils se rapportent : parcouronsles avec attention , et mettons notre gloire et notre bonheur à les remplir (a).

(1) Tract. 7, Epist, Joan, I. c. 4, n. 8.

(2) Faire la génuflexion avec gravité , garder un silence profond dans l'église , n'avoir que des omemens propres et décens , des vases sacrés en argent et dorés, tenir sans cesse la lampe allumée , etc. \ tout parait important à celui qui a !a foi.

SECTION PREMIÈRE

De ta dévotion et du respect que (es pasteurs doivent inspirer envers ta sainte Eucharistie.

I. Pour répondre à Tamour que Jé^us-Chrisl nous témoigne dans la sainte eucharistie , les pasteurs doivent mettre beaucoup de zèle à lui procurer des adorateurs , et ils doivent euxmêmes donner l'exemple de Tempressement el de l'assiduité à faire leur cour au Roi des rois, en faisant de fréquentes visites au saiiH Sacrement (i).

II. Dans les grandes paroisses nous désirons qu'on ne néglige rien pour établir et entretenir l'adoration perpétuelle du très-saint Sacrement le dimanche et le jeudi : dans les petites paroisses il faut l'établir au moins le dimanche. Nous savons que cet usage existe déjà dans plusieurs paroisses; nous recommandons de la manière la plus pressante qu'il s'établisse dans toutes 9 et qu'on invite à la messe du prône les personnes qui sont d'adoration le dimanche ou

(I) Voyez ce que nous avons dit sur cela en parlan.! de la confrérie du saint Sacrement.

le jeudi suivant ^ à se rendre exactement à l'heure qui leur est désignée (i). •

III. Nous désirons que les pasteurs soient attentifs à enseigner et à expliquer la nature des hommages qu'il faut rendre au saint Sacrement , et de ceux qu'on rend aux images ^ aux reliques et aux autres objets religieux. Il y a des personnes qui poussent l'ignorance et l'inattention jusqu'à ne mettre aucune différence entre l'autel où repose la sainte eucharistie et les autres. Les instructions que l'on donnera aux enfans, en exigeant d'eux rigoureusement qu'ils ne passent jamais devant l'autel où Jésus-Christ est présent, sans faire la génuflexion d'une manière très-respectueuse , auront bientôt éclairé toute la paroisse : mais c'est toujours l'exemple du pasteur qui instruira d'une manière plus efficace.

IV. Par une suite du respect que Ton doit à la divine eucharistie y tout ce qui tient à cet adorable mystère doit être propre et décent. L'autel où il repose devra toujours être richement orné ;

(I) Dans qae1<pies paroisses ou désigne nominativement les personnes ou les familles qui sont d'adoration ; 'dans d'autres on met dans l'Eglise un tableau qui indique le nom de chaque personne , et l'heure qui lui est assignée.

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et nous invitons les confrères du saint Sacre* ment à rivaliser de zèle avec la confrérie du saint Rosaire , qui y partout où elle est établie , est chargée d'orner l'autel de la sainte Vierge. Mais ce n'est pas seulement l'autel qui doit annoncer la foi et le respect dont on est pénétré ; les linges, les ornemens, les chandeliers , etc., tout doit rappeler la présence du Dieu de majesté et du roi des cieux.

V. La sainte eucharistie sera conservée 9 dans toutes les églises paroissiales , dans un tabernacle fermé à clef. Ce tabernacle doit être doublé en soie, et l'on y tiendra un corporal blanc 9 sur lequel reposeront le saint ciboire et l'ostensoir , ou la boîte dans laquelle on conserve la grande hostie consacrée. Il ne faut mettre dans le tabernacle que la sainte eucharistie (1).

YI. La lampe doit brûler nuit et jour devant le saint Sacrement. Nous recommandons instamment à MM. les archiprêtres de veiller pour que cette règle soit observée dans toutes les

(I) Il n'est pas même permis d'y mettre des reliques 1 tii les saintes huiles y ni les vases sacrés qui ne renferment pas acta la sainte eucharistie. Voyez le Rituel romain, ceux de Paris , de Toulon , etc*

paroisses de leur district. Nous en dispenserons les pasteurs qui ne pourraient pas l'observer ; mais celte dispense doit être renouvelée tous les ans, et il en sera fait mentioti dans le procèsverbal de visite (i).

VII. Les espèces sacramentelles seront renouvelées tous les quinze jours 9 ou au moins toutes les trois semaines , et même plus souvent quand le tabernacle est humide.

SECTION IL

De V exposition et de ta hénédiction du trèS'

saint Sacrement (a).

I. Nous défendons d'exposer le saint Sacrement f et de donner la bénédiction , sans une autorisation expresse de notre part 9 sauf les jours qui sont désignés dans le présent règlement.

(1) L'obligation de laisser la lampe allumée est sub gravi. Voyez le Traité des saiots mystères , t. I , chap. 8 , n. 20, et t. 2 , Examen de quelques difficultés j etc. — Gonf. d'Angers , sur les états , 5.® conf. , 4.« quest. , 2.*

(2) Sur tout ce qui est renfermé dans cette section nous invitons à lire Benoit XIV > Instit, 30; — les Actes de l'EgUse de Milan, liv. 2, de Eucltarùtid; —le Dictionnaire de Ferraris , verb» Euc/uwistid,

IL Conformément à l'usage édifiant que nous trouvons établi dans le diocèse, nous permettons d'exposer le saint Sacrement et de donner la bénédiction le premier jour de Tan à la grand'messe , afin de demander à- Dieu la grâce de passer saintement l'annéiËi qui commence ; avant la messe on chantera le. Veni Creator , et l'on dira à la messe roraison Ad impctranda hona opéra. Nous permettons également d'exposer le saint Sacrement et de donner la bénédiction le dernier dimanche de Tannée ; on ajoutera aux oraisons, de la noiesse celle pro gratiarum actione , et après la messe on chaptera le Te Deum , pour remercier Dieu des grâces reçues pendant l'année.

III.Nousdounonsla permission d'exposerle saint Sacrement pendant les trois jours qui précèdent le Carême , dans les lieux où les Quarante -heures sont établies, et le dimanche seulement de la Quinquagésime dans les autres paroisses. Toutes les âmes ferventes doivent se réunir au pied des autels pour faire amende honorable à Jésus- Christ des outrages 'qu'il reçoit pendant ces jours de désordre. Les confréries des pénitens 5 du saint Sacrement, du Rosaire, et autres^ doivent donner l'exemple , et fournir des adorateurs et adoratrices qui se relèveront d'heure en heure. Il y a une indulgence plénièrepour toutes

les personnes qui^ s'étant confessées et ayant reçu la sainte communion , prieront selon l'intention du souverain Pontife 9 et visiteront au moins une fois l'église où est exposé le saint Sacrement pendant les Quarante-beures (i).

lY. Nous maintenons l'usage d'exposer le saint Sacrement pendant la messe tous les jours de l'octave de la Fête-Dieu , et de donner la béné<^ diction le soir au salut.

y. Nous permettons de donner la bénédiction du saint Sacrement après vêpres dans toutei les paroisses , tous les dimanches de Carême , le îour de l'Ascension de Notre-Seigneur , de la Nativité de saint 'Jean - Baptiste , patron de la cathédrale et de tout le diocèse 9 de l'Assomption de la sainte Vierge , de la Toussaint ^ de la Dédicace des Ëglises , de la fcte patronale de chaque paroisse 9 et de la première communion

(I) Le pape Clément XIII, par un bref en date du 2 juillet 1765, accorde une indulgence plénière à tous les fidèles qui communieront, après s'èue confessés, et visiteront une Eglise dans laquelle le saint Sacrement sera exposé , avec l'autorisation de l'cvéque, pendant trois jours environ , c'est-à-dire, pendant quarante heures qui commenceront le dimanche de la Septuagésimc , ou celui de la Sexagésime , ou celui de la Quiiiqu^tgcsime , ou 2c jeudi avant la Quinquagcsixae*

des enfanft après la rénovation des vœux da baptême.

>!. Dans toutes les paroisses où la confrérie du saint Sacrement a été érigée ou renouvelée par nous , nous permettons d'exposer le saint Sacrement et de donner la bénédiction à la messe ou à vêpres , le troisième dimanche de chaque mois. On pourra même faire la procession du saint Sacrement dans l'intérieur de TËglise, partout où l'usage en est établi.

Nous autorisons à donner la bénédiction du saint Sacrement le premier dimanche du mois^ dans toutes les paroisses où est érigée la con* frérie du saint Rosaire.

Les paroisses où est établie la confrérie da sacré cœur de Jésus , et qui sont dans l'usage de donner la bénédiction du saint Sacrement le premier vendredi du mois , continueront de le faire ; on ne pourrait pas l'établir à l'avenir , sans autorisation spéciale , dans les paroisses où ^lle n'existe pas dans ce moment.

VU. Nous défendons de donner deux bénédictions solennelles le même jour : nous ne per-> mettrons la bénédiction du saint Sacrement la veille des fêtes, même dans les communautés religieuses , que lorsqu'elles sont célébrées m>u& le rit solennel majeur.

YIIL On ne doU îamaâs «x^oset le saint Sacre-

ment sans mettre sur l'autel au moins quatre cierges allumés (i), et sans avoir l'assurance qu'il y aura toujours quelques adorateurs (2). Au moment de la bénédiction il faut au moins deux cierges de plus. On ne doit laisser sur l'autel ni croix 9 ni reliques (3).

IX. Nous pernieltons de donner la bénédiction avec le saint ciboire seulement , pour les malades qui sont à l'agonie : ou pourra auparavant lire les litanies des agonisans , les prières de la recommandation de Taine ; on chantera ensuite le Tantum ergo, Toraison du saint Sacrement^ celle de la sainte Vierge 9 et celle de saint Jo<> seph (4).

X. Toutes les fois qu'on donnera la bénédiction du saint Sacrement dans les paroisses , ou dans les églises particulières , sans qu'il y ait ^u auparavant une instruction ou un ollice public ,

(I) Benoit XIV , Tnftit, 30, n. 87. En Italie on exige qu'il y ait au moins douze cierges allumés q[uaDd le saint Sacrement est exposé.

{2)rbid, n. 17.

(3) Manuel des cérémonies, I.*"« part., titre I.«' XXI. TL.^ 7. — Traité des SS. Mystères, chap. VIII. n." XV à la fin.

(4) Toutes ces prières se trouvent dans le petit livre intitulé ; Instructions et prières pour la confrérie dtA iaint Sacrement, établie dans le diocèse de. B<:XLe^*

Q0U5 ordonnons qu'on chante le Pange lingua en entier. Quand on donne la bénédiction solennellement , on ajoute l'oraison pour le peuple et pour le Roi à celle du saint Sacrement.

SECTION III

De la Communion en général.

!• Les fruits de la communion sont si précieux et si abondans , que les pasleurs ne sau* raient avoir trop de zèle pour engager leurs paroissiens à s'approcher souvent de cet adorable sacrement. Afin de les y mieux disposer , ils les avertiront que ce sacrement est appelé par les saints Pères le pain quotidien ; que s'ils ne peuvent pas s'en approcher tous les jours comme dans les premiers temps (i) 9 et comme le saint Concile de Trente désirerait qu'on le fît encore (2) , ils doivent au moins mener une vie assez pure pour mériter de communier tous les |ours , comme saint Ambroisc y invite tous les Chrétiens : Sic vive ut quotidiè msrearis acci^ pcreÇ^).

(1) Voyez Fleury , Mœurs des Chrétiens , n. 14.

(2) Concile de Trente , sess. 22 , ch. 6.

(3) Saiut Ambroise , liv. 5 , de Sacrant, , ch. 4. — Saint Cyprïen , saint Cyrille , saint Augustin ; tiennent

le même laogà^em

II. Mais il ne suffit pas de communier ^ il faut le bien faire , et c'est aux pasteurs à rappeler souvent aux fidèles , mais surtout pen* dant le Carême , l'énormité du crime dont on s« rend coupable quand on communie en état d« péché mortel. Ceux qui communient dans co triste état y mangent et boivent leur condamna* lion , dit l'apôtre saint Paul (i) ; il faut done s'éprouver avant de participer au corps et au sang de Jésus-Christ 9 dit encore le grand Apôtre 1 c'est-à-dire ^ selon l'interprétation du saint Concile de Trente , qu'il faut confesser tous ses péchés 9 et que cette confession est nécessaire » quelle que soit la contrition qu'on éprouve de ses péchés : or nous ordonnons que cette pratique soit observée par tous les fidèles , ajoute le Concile , etiain ah Us sacerdolibus quihus ex of" ficio incuhuerit ceiehrare (2).

III. Ou demande si ceux qui ont oublié un péché mortel en confession, sans qu'il y ait de leur faute , doivent néanmoins laisser la communion et aller se réconcilier. Nous répondons que le sentiment commun est qu'on doit se

(1) I*"*". aux Corinth, , chap. II.

(2) Concile de Trente ^ stsa, 13, chap. 7. Nou^ invi- Coos tous les prêtres à lire ce cliapiU'e avec soin.

réconcilier ayant de communier , à moins qu'on ne soit déjà à la siinte table , et qu^)n ne puisse pas se retirer sans inconvénient (i). Cependant nous pensons avec Ligori, Collet, et plusieurs autres théologiens modernes (a), qu'on pourrait différer de se réconcilier , et il est à propos de suivre ce sentiment à l'égard des personnes qui se confessent souvent et des personnes scrupuleuses.

IV. On demande encore s'il est nécessaire que le confesseur réitère l'absolution quand on lui accuse des péchés mortels oubliés. Nous répondons qu'il doit la réitérer toutes les fois qu'il a lieu de craindre que ces péchés n'aient été oubliés par la faute du pénitent , parce qu'alors la confession précédente est nulle. Riais quand le confesseur est persuadé que son pénitent a fait une bonne confession , il peut ne pas réitérer l'absolution (5); il vaut même mieux ne pas la

(1) Suarès , dist. 66 , sect. 3 ; — De Lugo , dist. 14 , n. 126 ; — Sjlviusj quest. LXXX, art. IV ; •— Billuard dissert., 4, J I ; — Conférences d^ Angers , t. 3 , 3* conf. 2* quest.

(2) Ligori, liv. 6. n. 237 , Collet, t. 9.« p. 128.

(3) Tous les théologiens conviennent , d'après le Concile de Trente , qpe dans ce cas les péchés oubliés sont effacés ; et qu'il ne reste que robligation de les

téîtérer, surtout à Tégard des personnes portées au scrupule.

y. Les péchés véniels n'étant pas matière né* cessaire du sacrement de pénitence, il n*y a pas d'obligation de s'en confesser avant de communier ; mais il faut toujours en avoir une véritable douleur quand on s'approche de la sainte table » si Ton ne veut pas mettre obstacle aux fruits da la communion, si l'on ne veut pas s'exposer À faire des communions tièdes, qui pourraient conduire bientôt à des communions sacrilèges. Les confesseurs doivent se rappeler, et rappeler aux fidèles , que la communion efface les péchés véniels dont on a la contrition , et que c'est Tun des plus grands moyens d'augmenter la force dont on a besoin pour se soutenir au milieu des tentations de la vie. La communion n'est pas uniquement pour les parfaits , mais pour ceux qui veulent sincèrement le devenir; et saint François de Sales n'exige pas pour la communion fréquente qu'on soit exempt de toute faute, mais qu'on n'ait aucune affection déterminée

soumettre aux clefs de TEglise parla confession. Concile de Trente , sess. 14 , ch. 5 , de sacrum, Pœnit, Collet et Pontas disent positivement qu'il n'y a pas obligation de réitérer l'absolaliou.

pour quelque péché véniel en particulier dont on ne serait pas résolu de se corriger (i).

YI. Pour faire la communion avec fruit , il ne suffit pas d'éloigner de son cœur le péché mortel et le péché véniel ; mais il faut encore se nourrir de sentimens de foi , d'humilité , de désir , de confiance et d'amour. On trouve dans le catéchisme et ailleurs des formules de tous ces actes; mais il faut apprendre aux fidèles que ces formules sont un corps sans âme , si l'attention et la ferveur ne leur donnent la vie.

y II. Rien n'est plus déplorable et plus affligeant que de voir des Chrétiens qui approchent rarement de la sainte communion ^ ne savoir que dire à Jésus-Christ quand ils ont le bonheur de le recevoir 9 et sortir de l'église en quittant la sainte table , sans faire aucune action de grâces. Apprenons-leur, par notre exemple et par nos leçons^ à mettre à profit le temps précieux qui suit la communion , en s'anéantissant devant Jésus-Chiiât,en lui consacrant toutes les facultés de notre ame et de notre corps , en lui cx-

(I) Introduction à lavie dévote , ch. 20.-- Ligori, Praxis confcssiani n.° 140 et suiv. —Saint Charles, 3». et 4"\ Concile de Milan.- -Benoit XIV, de SjnodoyVûi, 7, c. 12, n. 6, etc. ♦

posant nos besoins et ceux des personnes qui nous intéressent , en priant pour l'Eglise , pour le Pape , les Evêqnes , les pasteurs , la paroisse^ pour le Roi , la Famille royale , les magistrats, etc. Que de choses à demander I et quel moment favorable pour les obtenir !

VIII. Nous ordonnons à tous les pasteurs , vicaires et autres prêtres y de se montrer empressés pour donner la sainte communion, quand les fidèles la demandent. Malheur à ceux qui , par leur paresse 9 leurs murmures et même leurs brusqueries , fournissent aux fidèles un prétexte pour s'éloigner de la communion ! Nous désirons néanmoins que 9 selon l'esprit de l'Eglise , on les engage, autant qu'il est possible, à communier de préférence pendant la sainte messe (1).

IX. Le prêtre qui donne la communion aux fidèles doit être revêtu d'un surplis 9 et d'une étole de la couleur du jour ; il doit y avoir deux cierges allumées sur l'autel , et une naj-pe bien propre devant les personnes qui communient. Il est défendu de se servir du voile qui couvre le calice , et à plus forte raison du manutcrge. Nous désirons que le prêtre tienne la palènQ de la main gauche ^ en même temps que le ci^

(I) Concile de Trente , sess» 22 ; ch. G>

boire ^ pour recueillir la sainte hostie si elle venait à tomber , ou les particules qui s'en détacheraient: il pourrait aussi se servir du couvercle du ciboire, surtout s'il ëtait à charnières^ comnne on les fait quelquefois (i).

X. Il n'est pas permis d'admettre à la sainte table les divorcés , ceux et celles qui ne sont mariés que civilement ^ parce que ni les uns ni les autres ne sont censés catholiques ; ceux qui font profession ouverte d'impiété ou de libertinage 9 et qui n'ont donné aucun signe de retour vers Dieu. On doit donner la communion à ceux et celles qui se présentent à la sainte table , et dont on ne connaît les mauvaises dispositions que par la voie de la confession. Nous recommandons expressément aux jeunes prêtres de consulter les prêtres anciens et expérimentés , mais surtout nos archiprêtres , quand ils se croient obligés de refuser la communion publiquement à des pécheurs scandaleux.

SECTION IV

De ta première Communion.

La première communion est ordinairement

(I) Voyez le Mao. des cérém. de la Messe basse , cli. 7, n**. 19 et suivans , et la manière d'administrer la ointe communion liors le temps de la m^sse , Ibid.

où les enfans s'afiermissent dans la

vdMPR se convertissent sincèrement, s'ils avaient «a le malheur de s'égarer. Il y a bien peu d'en* fans qui ne mettent à proAt les soins d'un pasteur vigilant 9 et ne le dédommagenl de sts peines par les consolations abondantes qu'ils lui procurent (1).

I. Dès le commencement de novembre les pasteurs doivent avertir leurs paroissiens d'envoyer leurs enfans et leurs domestiques au catéchisme , en indiquant l'heure où il se fait le dimanche et dans la semaine. Cet avertissement doit être renouvelé Se premier dimanche du Carême 9 particulièrement pour ceux qui sont en âge de faire leur première communion. Le catéchisme alors doit avoir lieu trois fois la semaine 9 outre le dimanche y d'après notre règlement (2).

n. Il ne faut admettre à la première communion que les enfans instruits 9 modestes 9 dociles 9 obéissans à leurs parens 9 appliqués à leurs travaux 9 et qui mènent une vie chrétienne et

(1) Voj-ez sur cela le Miroir du Clergé , t. 2 , Troiêième obligation du Curé} — la Métlwde de direction ^ t. 2 , cb. 3, arf. 5.

(2) Catéchisme du diocèse de 5i?//e^, Règlement; art. 2.

T6r tueuse. Les prières et même lès menj parens ne doivent influer en rien sur la ai nation du pasteur.

III. Nous pensons (i) qu'il est avantageux de faire faiiit la première communion aux enfans, de bonne heure. Quel bonheur pour ceux qui apportent à cette grande action l'innocence baptismale ! or il est plus aisé qu'on ne pense de procurer aux enfans ce précieux avantage. L)es soins assidus 9 des confessions fréquentes, et l'admission à la première communion , dès qu'ils sont en état d'apprécier Tamour de Jésus-Christ : voilà ce qui lie la grâce du baptcme avec celle de la communion, et ce qui parvient à détruire ou du moins à affaiblir le germe des passions.

Nous regardons comme désastreuse et même coupable la conduite des pasteurs qui ne confessent les enfans qu'à l'époque de la première communion, ou qui les confessent sans leur donner l'absolution (2).

(1) C'était l'avis de saint François de Sales, E/jt't, 44^ liv. 2; et celui de saint Charles, Act. de Milan, 2.'* part., Jnstructionas pro udmiiiistr, sanctissimœ Eucharîjttiœ,

(2) Miroir du Cl^^rgé , t. 2 , de la manière de disposer les enfants au sacrement de pénitence. -— Méthode de direction ; t. I , ch. 9 ; $ G.

£e précepte de la communion annuelle obligé les enfans dès qu'ils ont le discernement suffisant , c'e&i-à-dire l'âge de dix à douze ans pour les filles ^ et de douze à quatorze pour les garçons.

IV. Il y a des pasteurs qui placent la première communion le dimanche da la Passion, ou uo des Jours suivans. Cet usage nous^parait très-louable , surtout dans les grandes paroisses ; cette cérémonie excite un mouvemeot général dans les familles, ranime la piété, rappelle robligation du devoir pascal , et donne la facilité de le rem- {^ir par ie moyen de quelques prêtres étrangers » qu'on appelle à cette occasion. Il serait à propos de faire une seconde communion , avec quelque préparation, un mois après la première; on pourrait y admettre les enfans qui n'étaient pas assez préparés pour être admis plus tôt.

y. Il est très-important pour les enfans, et même pour les personnes avancées en âge , de mettre le plus grand appareil dans les premières communions(i) : nous desirons qu'on saisisse cette occasion pour faire donner quelques instructions

(I) On trouvera des détails întéressans sur cela daus les Entretiens de Consunce^ ouvrage fort utile pour les catéchismes.

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^dont toute la paroisse proûterait. Nous accorderons volontiers tous les pouvoirs qu'on nous demandera pour ces sortes d'exercices spirituels, et tout ce qu'on croirait propre à augmenter la solennité de cette auguste cérémonie. Nous permettons de donner la bénédiction solenntUe du saint Sacrement après la rénovation des vœux du baptême , le jour de la première communion.

SECTION V

De ta Communion pascàte, "

I. Conformément aux saints canons et aux ordonnances de nos prédécesseurs , nous prescrivons à tous les fidèles de faire la communion à Pâques, dans leur propre paroisse. Cette obligation regarde tous les membres des confréries 9 même de celles qui auraient une chapelle particulière ; en sorte que ceux qui feraient leur communion ailleurs que dans leur propre paroisse 9 ne rempliraient pas le devoir pascal , à moins qu'ils n'eussent obtenu la permission de nous ou de leur pasteur.

II. Nous exemptons néanmoins de cette règle toutes les communautés religieuses qui sont approuvées par nous, et qui ont une église ou une chapelle ; nous autorisons toutes les personnes y professes ou novices, qui composent la com-

munauté , ainsi que les tourrières, les pensionnaires et les domestiques y à fairs leurâ pâques dans la maison.

III. Les personnes qui ont un domicile à la ville et à la campagne 9 doivent faire leur communion dans la paroisse où elles demeurent plus de temps, à moins qu'habituellement elles ne se trouvent dans une paroisse particulière dans le temps pascal: elles pourraient alors y faire la communion , quoique leur séjour dans cette paroisse soit moins long que dans toute autre.

IV. Nous autorisons toutes les personnes qui sont en voyage pendant le temps de Pâques pour leurs affaires , et non pour éluder la loi, à faire leurs pâques là 011 elles se trouvent ; mais en leur recommandant d'en prévenir leur pasteur dès qu'elles rentreront dans leur paroisse.

V. Ce sont les curés, les desservans ou les vicaires qui doivent donner la communion dans le temps de Pâques. Nous recommandons aux autres prêtres de ne la donner ni dans la paroisse, ni dans d'autres églises, qu'aux personnes qui ont déjà rempli le devoir pascal.

VI. On peut remplir le devoir pascal depuis le dimanche des Rameaux jusqu'au dimanche de Quasimodo inclusivement. Nous accorderons la permission d'anticiper ou de prolonger ce temps de huit jou^s et plus, quand il y aura des raisons.

VIT. Les curés sont obligés de porter la saintd Eucharistie aux infirmes et aux malades dans le temps pascal.

SECTION VI

Du saint Viatique.

I. Nous défendons très-sévèrement de porter le saint viatique aux malades autrement qu'en surplis, en étole , sous le dais, précédé par une clochette , accompagné par deux flambeaux allumés. Quand on le porte à la campagne, on peut renvoyer le dais : le prêtre peut aussi se couvrir, et même monter à cheval ou en voiture, quand la course est longue ou qu'il est infirme. Il conviendrait alors de mettre un manteau sur le surplis.

II. La nécessité de communier en danger de mort est telle que , selon le sentiment de graves théologiens , on est obligé de le faire , quand même on aurait fait la communion la veille du jour où la maladie s'est manifestée. On peutjiiême communier en viatique, si le danger est pressant quoiqu'on ait communié le même jour (i).

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