‹ RITUEL DU DIOCESE DE BELLEYChapitre 37 sur 48 · On ne peut admettre au sous-diaconat que · texte numérisé non relu

On ne peut admettre au sous-diaconat que

(I) Voyez les Mémoires du Clergé, tom.S) p^. S07| le Rituel de P^ris, de Lao^es; de Tckolooi de Lyoni etc«

ceux qui ont un titre clérical , k moins que nous ne jugions à propos de leur en accorfler la dispense. Le titre clërical dans le diocèse est fixé à cent francs de rente annuelle 9 qui doivent être assurés par un acte passé par-devant notaire 9 et qui doit être publié au prône pendant trois dimanches ou fêtes chômées 9 dans la paroisse où le futur sous-diacre a son domicile , et dans le territoire où est située la propriété. Cette rente peut ctrs assurée par les parens ou par des étrangers. La publication a pour objet de connaître si le revenu de cent francs est liquide , si le sujet ^stlibre^ et s'il n'y a aucun obstacle qui l'empêche d'être ordonné. Ces publications faites^ les curés en donneront certificat 9 et s'ils ont appris quelque chose de certain contre la validité du titre 9 ou contre la liberté du sujet qui aspire au sous-diaconat ^ ils le déclareront dans leur certificat. On trouvera la formule de publication dans le second volume.

SECTION U

D^ dispositions nécessaires pour recevoir tes

saints Ordres,

I. C'est une idée bien sublime et bien consolante que celle dont les divines écritures nous entretwnnenl si souvent, cyue Dieu a les yeux ouverts

( 429 ) ^Uf chacun de nous ; qu'il nous destine aux em^ plois diflTérens de la société civile et chrétienne ; qu'il nous prépare toutes les grâces nécessaires pour en remplir les devoirs ^ et y travailler à no* tre sanctiGcation , grâces sans lesquelles il est difficile 9 pour ne pas dire impossible, d'accom*» plir les desseins de Dieu. Or, si ces grâces sont nécessaires dans tous les états , elles le sont bien plus encore dans un état qui est tout divin ^ parce qu'il nous met sans cesse en rapport ayec la Divinité, et nous rend les dépositaires de sa puissance , de sa justice et de sa grande miséri^ corde. C'est donc une témérité et même un crime d'entrer dans l'état ecclésiastique sans y être appelé de Dieu. Priez beaucoup le Seigneur pour connaître sa volonté , menez une vie pure pour mériter de la connaître , consultez un directeur éclairé pour ne pas vous faire illusion, soyez docile à la voix de vos supérieurs , et vous aurez droit d'attendre les grâces que Dieu accorde à ceux qui font sa volonté.

II. Il faut du temps pour bien connaître sa vocation; mais le temps qu'on met à s'examiner, il faut aussi l'employer à se former dans les sciences. Nous exigeons qu'on sache le latin , qu'on ait fait un cours de rhétorique et de philosophie : nous désirons que ces cours soient faits^ autant gu'Ueâl^ossible, dausuu^e tkO% ^>^^»

si^tninaires , ou daos un collège bien organise ^ et nous recommandons aux directeurs de notre grand séminaire de n'admettre aucun jeune homme dans le cours de théologie , qu'il ne présente des certificats d'études et de bonne conduite , donnés par ceux qui l'ont enseigné. Nous leur recommandons aussi de faire subir à chacun de ceux qui se présentent un examen sur les études que nous venons d'indiquer ^ et que cet examen soit plus sévère envers ceux qui n'auraient pas suivi un cours d'études régulier.

III. Le cours de théologie sera toujours de trois ans, ou plus, si on le juge nécessaire, pendant lesquels on étudiera le dogme , la morale, l'£criture-Sainte et les cérémonies. A chaque ordination, les sujets présentés seront examinés, savoir: i."* pour la tonsure, sur les traités cou^ rans ; et s'ils n'avaient pas commencé leur cours de théologie , sur la langue latine et la doctrine chrétienne ; s."* pour les ordres mineurs , sur deux traités de théologie : nous n'admettrons aux ordres mineurs que les jeunes gens qui seront restés un an dans notre séminaire; 5.** pour le sousdiaconat, sur trois traités: nous n'admettrons à cet ordre que vers la fin de la seconde année de théologie; 4*' pour le diaconat, sur quatre traités; S."* pour la prêtrise, sur cinq traités de théologic Gt sur les pràsenVe^ Qc^^wu^n^^^ ; nous

n^admettrons à cette ordination que ceux qui au* ront étudié trois ans la théologie et qui au* ront donné au moins un discours d'une petite demi-heure dans le séminaire. Nous exigeons qu'on présente pour les ordres sacrés des traités diffère ns à chaque examen.

IV. Nous ne saurions assez inviter MM. les curés et desservans à être pleins de zèle 9 de charité et de vigilance à l'égard des jeunes ecclésiastiques et des aspiransau saint état du sacerdoce. Comme leur témoignage nous est ordinairement nécessaire avant de les admettre au séminaire 5 nous les conjurons , au nom de Jésus-*Christ qui doit les juger un jour^ de bien peser devant Dieu la manière dont ils rendent ce témoignage ^ à cause des suites qui en résultent, lorsque ces jeunes gens sont admis aux saints ordres.

y. Nous voyons avec le plus grand plaisir l'empressement avec lequel plusieurs prêtres de notre diocèse élèvent quelques enfans, et leur apprennent les premiers élémens du latin. Nous désirerions que ce nombre augmentât encore; il en résulterait de grands avantages pour les enfans et pour les prêtres. Nous seconderons toujours leurs efforts avec empressement , quand ces enfans seront avancés dans leurs études. Mais nous désirons qu'on ne s'attache qu'aux enfans de familles vertueuses, et esVvixi^e%^^t\bVKC'^^.^>& et leurs bons exemples.

VI. Les sémiaaires doivent fixer toute ratten*** lion des premiers pasteurs; ils renferment l'es* pérance de l'Ëglise^ et sont comme le foyer de toutes les vertus ecclésiastiques : ces maisons seront toujours l'objet de nos plus chères affectionSé Nous savons que tous les bons prêtres du diocèse partagent nos sentimens, et nous en avons une preuve bien touchante dans les sacrifices qu'ils ont faits jusqu'à présent, pour soutenir ces précieux établissemens. Nous espérons que* leur Eèle ne se ralentira point , et que nous retrouverons toutes les années leurs noms dans les registres où sont inscrits tous ceux des bienfaiteurs du diocèse. Nous avons indiqué, dans le titre sur les conférences, la manière de faire parvenir ces dons ; mais nous devons ajouter ici que des priêies sont faites tous les jours dans les grand et petit séminaires pour les bienfaiteurs vivans et trépassés. 11 est bon d'en prévenir les fiiièlcs, en les invitanl à faire une aumône pour dispense de rabstiiicnce du carême , et à donner ce qu'on appelle , d'après l'ancien usage du dio** cèse de Lyon , Tauniône des pardons.

SECTION IIL

Observationsessenticitts sur l'Ordination.

I. Le samedi des Quatre-Temps on donne la tonsure après le Kj/rie-clcison; \&%\|Qt\M&5:i& sont

ordonnés après la première leçon ; les lecteurs après la seconde ; les exorcistes après la troisième; les acolytes après* la quatrième; les sous-dia-<cres après la cinquième ; les diacres après l'épitre; les prêtres avant le dernier verset du trait et quand il y a une prose, avant le dernier ver-set.

La veille du dimanche de la Passion, on donne la tonsure après Tintroît, tous les ordres mineurs après le Kyrie, le sous-diaconat après les collectes, le diaconat après Tépitre, la prêtrise avant le dernier verset du trait. On fait de même pour l'ordination extra tempora, et de même aussi le samedi saint , sauf que ce dernier jour on donne la tonsure après le Kyrie, et les ordres mineurs après le Gloria in. excelsis.

II. Nous ne parlerons pas ici des dispositions intérieures qu'il faut apporter à la réception des saints ordres : nous laissons ce soin aux directeurs de notre séminaire , qui le feront plus particulièrement pendant la retraite qui doit toujours précéder lordiuation; mais nous croyons devoir rappeler quelques précautions à prendre, qu'on perd facilement de vue, et qui mettent quelquefois dans de grands embarras.

III. Nous n'admettrons à l'ordination que les ecclésiastiques de notre diocèse qui nous seront présentés par les directeurs de notre grand sé-

ao

tninaire ; ainsi la veille de TordinatioD , s'ils ne fiont pas sur la liste des ordinands ^ ils nous apporteront un cf'lifieat des directeurs ^ qui nous garantira que toutes les conditions que nous exigeons pour l'admission aux ordres , sont remplies^ ou qui iious indiquera celles qui restent à remplir. Nous aurions très-mauvaise idée d'un ordinand qui se présenterait à nous sans être appelé par ses supérieurs ^ ou qui userait d'intrigues et de sollicitations pour être admis aux saints ordres.

IV. 1.* Ceux qui sont présentés pour la tonsure, remettront au secrétariat leur extrait de baptême^ et fourniront la preuve qu'ils sont nés de mariage légitime et reconnu par l'église.

2.* Ceux qui sont présentés pour les ordres mineurs , déposeront leurs lettres de tonsure.

5.* Ceux qui sont présentés pour le sous-diaconat , déposeront leurs lettres d'ordres mineurs; le certificat des trois publications faites à la messe du prône, dans leur paroisse, pour annoncer l'intention où ils sont de s'engager dans les saints ordres , et l'immeuble sur lequel est établi leur titre clérical; le certificat de leur curé doit constater que personne ne s'est présenté pour s'opposer à l'ordination du sujet indiqué , et que l'immeuble sur lequel est établi le titre, n'est grevé d'aucune hypothèque qui empêche que le futur ordinand puisse eu tirer le revenu.

4.** Ceux qui sont présentés pour le diaconat ^ n'ont à déposer que leurs lettres de sous- diacres.

5.'* Ceux qui sont présentés pour la prêtrise^ '^ déposeront leurs lettres de diacres.

A toutes ces pièces les étrangers doivent joindre 9 pour toutes les ordinations, leurs lettres dimissoriales.

V. Les ordinands doivent avoir un cierge pour le remettre à l'offrande ; ils ne le tiennent pas à la main pendant leur ordination.

Tous ceux qui reçoivent le même ordre , se tiennent à genoux devant le prélat ^ pendant les monitions et les oraisons: il n'y a d'exception que pour les sous-diacres , ainsi que nous l'observerons en parlant d'eux, n,** XI. Les autres ordinands peuvent se tenir assis ou debout, après qu'ils ont été ordonnés , ou en attendant qu'ils le soient. ^

Le moment de l'ordination doit être pour tous un temps de recueillement et de ferveur : qu'ils écoutent seulement avec attention les instructions qui sont adressées par l'évêque aux divers ordinands; il n'en faut pas davantage pour rap-> peler à chacun d'eux toute l'importance des ordres qu'ils ont reçus, ou qu'ils vont recevoir. Mais ce qui doit surtout fixer l'attention des ordinands , ce sont les cérémonies qui regardent chaque ordre, puisqu'il en est qui sont désignées

Comme essentielles à la validité de rordînation. Mous allons les rappeler toute» succinctement 5 afin qu'on puisse les prévoir.

VI. Celui qui reçoit la tonsure , répète les paroles : Dominus pars, etc. , à mesure que l'évêque les prononce , mais sans aller plus vite que lui ; il doit tenir son surplis de manière que révêquc n'ait qu'à prendre l'extrémité inférieure pour commencer à le lui placer sur les épaules. Il est à propos de répéter les paroles que prononce réveque,en disant : Ihduat me, etc. ; prière qu'il faut conserver l'habitude de dire quand on prend son surplis.

La tonsure donne droit de porter l'habit ecclésiastique, c'est-à-dire, la soutane et le surplis; elle donne droit de posséder les bénéfices simples, et de jouir du privilège attaché au canon Si quiss suadente diahoio, etc.

VII. L'ordre des portiers se confère en présentant à Tordinand les clefs de l'église qu'il touche de la main droite « pendant que l'évêque dit: Sic agCf etc.: l'ordinand va ensuite à la porte de l'église avec l'archidiacre ; il ferme et ouvre la porte, agite une sonnette comme pour appeler les fidèles, et revient à sa place. Cette cérémonie rappelle les principales obligations du portier, qui sont d'ouvrir et de fermer la porte de l'église 9 d'éloigner les hérétiques, les schismati-

ques et les excommuniés , de sonner les offices y de balayer Téglise et de Torner^ etc.

VIII. L'ordre de lecteur se confère au moment où l'évêque dit ces paroles : Accipe et esto, etc., en présentant le livreàTordinand^ qui le touche avec la main droite. Le lecteur a le droit et les pouvoirs nécessaires pour lire tout haut dans l'église l'Ecriture- Sainte , les homélies des Pères; pour faire le catéchisme, etc.

IX. L'exorciste reçoit le pouvoir de chasser les démons ex officio et au nom de l'église ; mais ce pouvoir ne s'exerce plus que d'après l'autorisation expresse de l'évêque. Cet ordre se confère de la même manière que le précédent, en faisant toucher un missel ou un rituel à l'ordinand, tandis que l'évê<|ue dit ces paroles: Ac" cipe et commendas etc.

X. L'ordre d'acolyte confère le pouvoir d'allumer les cierges et de porter le flambeau , de préparer le pain et le vin pour le saint sacrifice de la messe. Cet ordre se confère, i.° en disant ces paroles : Accipe ceroferaHum, etc. ; pendant que i'ordinand touche le cierge et le chandelier qu'on lui présente; 2.'' par ces paroles: Accipe urceoium, etc., pendant qu'on présente à I'ordinand une burette vide. -

Toutes les fonctions de ces divers ordres remplies officiellement portent avec elles des gràc«s

( 438 ) particulières, qu'il faut recueillir avec empressement, en les exerçant avec foi, même quand on est prêtre.

XI. Les sous-diacres sont chargés d'aider le diacre dans ses fonctions, de porter le calice et la patène sur l'autel , de laver les linges sacrés , de lire l'épitre, de mettre de l'eau dans le vin destiné au sacrifice, de recevoir les oblations dcs' fidèles dans les messes solennelles, etc. Ils con* tractent en outre trois obligations très-importantes, savoir: i.** de garder la chasteté perpétuelle ; 2."* de réciter l'office divin; 3.* de porter l'habit ecclésiastique 5 c'est-à-dire la soutane noire.

Les sous-diacres, dès le commencement de leur ordination , se tiennent debout; ils écou* tent attentivement les avis que leur donne le prélat , et qui ont rapport aux obligations qu'ils vont s'imposer, surtout en faisant le vœu de chasteté. Cette instruction est terminée par ces paroles: Hùc accedite; tous alors doivent s'approcher, s'ils persévèrent dans leur détermination. On en a vu cependant quelquefois qui, touchés par les avertissemens que le prélat leur faisait au nom de l'église, et craignant de n'être pas fidèles aux engagemens qui sont attachés au sons-diaconat, se retiraient sans respect humain, f^ous invilons ceux qui se trouveraient en pareil

" ( 439 ) cas, à imiter un si bel exemple, à moins qu'un sage directeur ne les ait décidés et encouragés auparavant à persévérer. Leur sainteté et le salut d'un grand nombre d'autres sont attachés certainement à la démarche qu'ils vont faire ; c'est aussi parce qu'elle est de la plus haute importance que le prélat récite les litanies des Saints ^ pendant que les sous-diacres sont prosternés la face contre terre (i): ils reççivent la consécration dans cette position^ vers la fin des litanies, au moment oii le prélat dit ces paroles : Conse* crare, etc. Après cela ils se lèvent ; le prélat leur présente le calice et la patène vides , e;i disant ces paroles ; Vidcte cujus, etc.; ils doivent avoir grand soin de toucher le calice et la patène avec la main, ainsi que les burettes garnies , le bassinet lemanuterge, qui leur sont présentés par l'archidiacre tout de suite après. L'ordinand pour le sous-diaconat doit tenir le manipule de la main gauche, adn que Tévêque puisse le lui mettre au

(1} Pour ne pas dire les litanies plusieurs fois pendant la mi^me ordination , lorsqu'il j a des diacres et des prêtres ù ordonner, on les appelle, et ils se prosternent arec les sous-diacres : ils reçoivent aussi la consécration dans cette position , vers la fin des litanies , au moment où le prélat dit ces paroles : Consecrare^ etc.} et après les litanies ils se retirent à leur place.

bras facilement , il doit tenir la tunique sur le bras droit, de manière que l'évêquc puisse faci* lement l'en revêtir en la prenant par le bas. Il doit enfin loucher le missel 9 quand Tévêque dit ces paroles : Jccipe lihrum, etc.

Fendant que le prélat lit répitre^ un des sonsdiacres nouvellement ordonnés vient la lire à côté de lui , en suivant le prélat sans le précéder.

XII. Les diacres sont chargés de servir le prêtie à l'autel, de chanter l'évangile , de coopérera l'oblation du saint sacrifice , à la consécration des saintes huiles ; ils peuvent porter le saint sacrement renfermé dans la custode ou l'ostensoir. Ils pouvaient autrefois donner la sainte communion , et la portaient aux abseiis (1) ; ils pouvaient même prêcher (2) et baptiser (3) ; ils pourraient encore faire tout cela avec la permission de l'évêque. Ils étaient chargés autrefois de la distribution des aumônes , et c'est même principalement pour cela qu'ils furent institués (4); ils visitaient dans la prison les confesseurs de la foi et les martyrs, pour lesconsuler, les encourager et pourvoir à leurs besoins (5).

(1) Saint Justin, 2." Apologie, vers la fin.

(2) Actes des ApàU, ch. 7, v. 8, — (3) Ihid, ^ ch. 8, Y. 5. — (4; Jhid i ch. 6, V. 2.

(5) Saint Cyprien, ^ lettre I0«

L'ordination du diacre porte un caractère par-^ iiculier de gravité et d'élévation qui doit saisir Tame de l'ordinand. L'archidiacre le présente a l'évêque qui demande une garantie sur les dispositions de l'ordinand par ces ]^aro\e& Sois ilios, etc ; le peuple même est consulté (i); des avis importans lui sont donnés; toute la cour céleste est invoquée; le pontife met une main sur la tcte de l'ordinand , en lui annonçant la descente du saint Esprit dans son ame pour le fortifier ; après cela le pontife lui met l'étole en sautoir de gauche à droite , en sorte que le bas de l'étole soit sous le bras droit; il le revêt de la dalmatique^ et lui présente le livre des évangiles^ que l'ordinand doit toucher, pendant que l'évêque lui donne le pouvoir de le lire solennellement, en disant: Accipe potestatem, etc.

Lorsque l'évêque dit l'évangile y un des diacres doit le lire avec lui à l'autel, et dire Dominus 'Voifiscum et Scquentia avec le prélat.

(I) La plupart des assîstaDS ne comprenoent pas l'in- TÎtation qui leur est faite de dire librement ce qui pourrait s'opposer à Tordination d'un diacre ou d'un prêtre. Mais les ecclésiastiques présens doivent y faire une attention particulière, et sont obligé! en confidence d« remplir les intentions de r£gllse.

XIII. Si Tordination du diacre est si impo-' sante^que sera-ce de celle du prêtre? L'archidiacre le présente^ et doit être garant de ses bonnes dispositions; le peuple est pareillement consalté. Le prélat rappelle ensuite à Tordinand ses principales obligations , qui sont d'offrir Taugiiste sacrifice , de bénir le peuple et les objets qui sont à son usage , de présider l'assemblée des fidèles, depiêcher^ d'administrer le baptême et les autres sacremens. Toute la cour céleste est aussi invoquée pour lui pendant les litanies des Saints: le pontife et. tous les prêtres qui sont présent lui imposent les mains, comme pour lui communiquer l'esprit du sacerdoce , que chacuq d'çux 9 du cultiver et fortifier depuis son ordination. Le prélat et les prêtres présens tiennent la main droite étendue sur les ordinands, pendant la monition et l'oraison qui suivent, jusques à la préface.

Apiès une préface pleine de sentimens de piété, récitée tout haut par le Prélat, il s'approche de l'ordinaud, dont il croise l'étole sur la poitrine ; il le revêt de la chasuble , qui est relevée et plîée en trois par derrière , et peu de temps après il entonne le Veni Creator, C'est alors que l'ordinand va recevoir le pouvoir de consacrer le corps et le sang de Jésus>Ghrist. Quel redoi.blenicnt de piété , de ferveur et de recueil lement uc doit il pas éprouvera

Dès que le premier verset du Veni Creator est chanté, le prélat s*assied; l'ordinand lui présente ses mains ouvertes, de manière que les deux petits doigts se touchent dans leur longueur, et que le pouce et l'index soient séparés des autres , afin que le pontife puisse les oindre, ainsi que le creux de la main, avec l'huile des catéchumènes , en disant : Consecrare et sanctificare^ etc.; chaque ordinand doit répondre Amen, quand Tévêque a fini ces paroles in nominc Domini Jesu Christi*

Le prélat réunit les deux mains de Tordinand^ et un des prêtres assistans lui met une trancho de mie de pain entre le pouce et l'index et entre l'index et le doigt du milieu ; alors le nouveau prêtre se retire, etattend que tous les autres aient reçu l'onclion ; ce qui étant fini , le pontife essuie son pouce avec de la mie de pain et présente à chaque prdinand le calice , dans lequel il y a un peu de vin et d'eau , couvert de la patène , sur laquelle est une hostie : l'ordinand doit toucher l'hostie avec les deux index, et le calice avec les deux doigts du milieu , pendant que le pontifa prononce ces paroles : Accipe 'potestaitm, etc; après quoi le prélat se lave les mains.

Quand il y a plusieurs ordinands , dès que le« deux premiers ont touché l'hostie et le calice , ils vont se laver les mains, après avoir absorb(^

l'huile autant qu'ils le peuvent avec la mie de pain qu'ils ont entre les doigts : ils reviennent ensuite à leur place ^ et tous font de même successivement.

XIV. Le pontife remonte du côté de l'épitre , eC continue la messe. Pendant qu'il dit : Domine, iahia inea, etc. , ou Munda cor meum, etc. 5 un des diacres nouvellement ordonnés rient lire l'évangile avec lui , ainsi que nous l'avons annoncé plus haut.

XV. Après l'ofiertoire les ordînands viennent baiser l'anneau du prélat , et remettent leurs cierges allumés aux assistans qui sont près de lui.

XVI. Au moment où le pontife offre la sainte hostie» les nouveaux prêtres doivent dire avec lui toutes les prières qu'il récite jusqu'à la fin de la messe, ayant soin de ne pas le précéder j surtout au moment de la consécration. Les ordinands prêtres feront bien de lire , plusieurs jours d'avance 9 les prières de la messe ^ pour être moins troublés au moment de l'ordination.

XVII. Après VAgnus Dei et la première des oraisons qui précèdent la communion, le premier en rang des nouveaux prêtres vient à l'autel, à la droite du p; état, fait la génuflexion et baise l'autel, reçoit la paix, salue le prélat avant et après, fait encore la génuflexion , et porte la paix au second prêtre en rang, en lui disant: Pax Ucum; ce-

1 ui-cî répond : et cum spiritu tua 3 et porte la paix à celui qui vient après^ et ainsi des autres. Un des diacres et un des sous-diacres font de même , chacun pour son ordre. Les acolytes et les tonsurés ne reçoivent pas la paix.

XVIII. Après que le pontife a pris le précieux sang, les nouveaux prêtres ayant concélébré avec lui^ vont recevoir la communion avant qu'on dise le Confiteor^eic, Âprëslacommonion des prêtres et avant celle des diacres , sous-diacres 9 etc. 9 on dit le Confiteor et le reste comme à Tordinaire. Avant de recevoir la sainte hostie, les prêtres et autres doivent baiser l'anneau du pontife. Après la communion ^ on fait boire du vin dans un calice à chaque ordinand: cette cérémonie n'est pas rigoureusement exigée.

XIX. Avant la post-communion et après que le pontife a commencé le répons Jam non dicam vos servos, etc. ^ que les assistans doivent dire avec lui , les prêtres nouvellement ordonnés se lèvent debout, font leur profession de foi, et récitent le Credo très - distinctement. Après le Credo 9 ils viennent l'un après l'autre se mettre à genoux aux pieds du pontife, qui leur impose les mains 9 en disant: A ccipe SpiHtum sanctvm^ etc. : après ces paroles , le pontife déplie la chasuble 9 pour annoncer que l'ordination es* complète , et demande à chacun la promesse d'cM

béissance qu'il lui doit (ou à son évêque, s'il n'est pas son diocésain ) , promesse dont les caractères sont frappans et par son objet et par les circonstances qui la précèdent 9 et qui aggravent le crime dont ou se rend coupable quand on s'ea écarte. Après cette promesse le prélat les embrasse, leur donne des avis et sa bénédiction.

XX. Après la post-communionéiroraisonP^dteeat^ Tévêque donne la bénédiction pontificale à tous les ordinauds, s'assied au milieu de Tautel 9 et, après quelques avis, impose à chaque ordre une pénitence. Four les tonsurés et les ordres mineurs , ce sont les sept psaumes de la pénitence, avec les litanies, versets et oraisons; pour les sous-diacres et les diacres , c*est un nocturne, c'est-à-dire ti ois psaumes et trois leçcns de Tofiice qu'il désigne, et qui est ordinairement pris dans Tofiice du jour. Pour les prêtres cette pénitence consiste à diie trois messes, la pren iire du Saint-Esprit, la deuxième de Beatâ Maria, et la troisième pour les tidèles défunts; ili doivent dire ces messes de suite après la premiète, à moins que la rubrique ne s'oppose à ce qu'on dise des messes votives, comme cela arrive les jours de dimanche et de fCtes du rit sémi-douhle majeur; mais alors, qu'ils profitent du premier jour libre pour accomplir cette pénitence. Quelques théologiens pensent que la messe du

|our avec une comniémoraison remplit les intentions de Tévêque^ et nous autorisons à suivre ce sentiment.

Le dernier évangile se dit après l'impositioD de la pénitence.

XXL Les sous-diacres ne sont obligés à réciter qne la partie de l'office qui correspond à l'heure où ils ont reçu l'ordination: si elle a eu lieu à neuf heures , par exemple, ils ne sont obligés qu'à dire tierce et la suite de l'oûice du jour.

TITRE VIII

Bu Mariage,

Le mariage étant un contrat civil et un contrat' religieux 9 les pasteurs ne doivent pas se conten-> ter de suivre ce que les lois canoniques prescrivent sur l'administration de ce sacrement; mais il est nécessaire qu'ils connaissent les dispositions des lois civiles, et s'y conforment rigoureusement : sans cela ils s'exposeraient à de graves inconvéniens 9 en donnant la bénédiction nuptiale à des personnes que l'autorité temporelle ne reconnaîtrait pas comme légitimement unies en mariage. Nous allons rappeler succinctement tout ce qu'il y a de plus important dans le ma^ riagC; sous les rapports civil et religieux.

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