C 448 ) SECTION
Dispositions qu'il ftut apporter au sacrement
de Mariage,
I. Beaucoup de mariages ne sont pas heureux , parce qu'il en est beaucoup qui ne sont pas faits chrétiennement. On se marie sans avoir recours à celui qui est l'arbitre de notre sort teniporel et éternel ; dans le consulter sur l'état qu'on choisit , et sur !a personne à laquelle on veut s'unir. Des considérations humaines et peut-être criminelles, voilà les intentions qu'on se propose 9 et contre lesquelles les bons pasteurs et les bons confesseurs doivent prémunir les' fidèles. Il serait avantageux de faire lire le livre de Tobie aux personnes qui sont sur le point de se marier: le ton religieux et patriarcal qui règne dans ce livre ^ a fait plus d'une fois les impressions les plus vives sur ceux qui l'ont lu ^ et a inspiré les résolutions les plus héroïques aux futurs époux.
II. La fin qu'on doit se proposer en se mariant 9 est d'avoir des enfans, pour les élever dans la crainte de Dieu. On peut aussi avoir en vue dans le mariage d'y trouver un remède à la concupiscence; ce motif est indiqué par saint Paul (1).
(I) [.*■« aux Corinthiens f ch. 7, v. 2, 5 et 9. — Voy€^ la Théologie du B. Ligori, Uv. VI; n.o 882.
On peut se marier pour trouver dans le mariage un secours qui aide à supporter les peines de la vie , et à travailler efficacement à se sanctifier : ce motif convient surtout aux personnes âgées.
III. Le mariage est un état de sanctification. On ne saurait trop faire admirer la bonté de Dieu> qui a élevé ce contrat à la dignité de sacrement^ et eu a fait par-là une source de grâces pour remplir tous les devoirs qui y sont attachés : on peut et l'on doit se servir de cette considération pour encourager des personnes qui » n*étant point appelées à l'état religieux, redoutent trop Télak du mariage ^ auquel cependant 6n a lieu de croira qu'elles sont appelées.
IV. Le mariage est un sacrement des vivans, et par conséquent ceux qui le reçoivent en état de péché mortel, se rendent coupables de sacrilège, et se privent de toutes les bénédictions que le Ciel leur préparait. Pour éviter ce malheur, nous défendons de bénir aucun mariage, que les parties ne présentent un billet de confession ; or, c'est au moment où les bans sont remis pour être publiés que les curés doivent donner cet avertissement. S'il arrive un cas extraordinaire, où l'on prévoie qu'une des parties ne se confessera pas , on ne procédera point à la bénédiction sang nous prévenir.