XCII
De la défense de cuire le lait
dans un pot ayant servi à la viande
(Ce paragraphe contient 1 article)
ARTICLE 1®. — [1 (1) ne faut pas cuire du lait dans un pot ayant servi à la cuisson de Ia viande ; si cela est fait dans un espace de vingt-quatre heures, le second aliment est défendu s’il a la saveur du precédent. (Glose I : On évalue la quantité exigée sur le pot entier.) Mais s’il y avait un intervalle de vingt-quatre heures entre une cuisson et l’autre, la saveur communiquée est altérée ; donc, l'aliment est permis, mais le pot ne peut plus servir ni à la cuisson de la viande, ni à celle du lait.
GLosE IT : Mais ou peut y cuire d'autres aliments. Le couvercle du pot est assimilable au pot mème. D'aucuns sont plus sévères et assimileni la
(9) D'après le 1W77 man, $ 176.
(1) Talmud, traité Dinar, 96, et traité 19, 978 ‘et 111.
=. dub. cos EEE
cuisson aprés l'intervalle à celle effectuée avant l'intervalle. Tel est l'usage en certains pays, et, moi-même, J'ai coutume d'agir ainsi, en suivant l'usage établi. Mais ce n’est qu’un acte surérogatoire, sans fondement légal. Aussi lorsque d’autres circonstances militent en faveur du cas, ou bien lorsque les aliments doivent servir au repas du Sabbat, ou enfin lorsqu'il s'agit d’un cas de grande perte, déclare-t-on permis si le couvercle n’a servi qu'après l'intervalle, ainsi que cela est le cas chez le pot même. Lorsqu'on couvre un vase de lait avec le couvercle chaud d’un vase de viande, si tous les deux sont chauds et si tous les deux contiennent des aliments, tous les deux sont défendus ; il en est de même lorsque le couvercle est froid et le vase chaud, si le vase répand de la vapeur, car c'est celui de dessous qui l'emporte; mais inversement, tout est permis, seulement il faut ratisser les aliments, si cela est possible ; sinon, tout est permis. Si le pot ne contient pas d'aliments, tout est permis, car ce cas est assimilable à celui de deux pots qui se touchent.