‹ Rituel du Judaisme (volume 2)Chapitre 8 sur 21 · DE LA MIXTION DE VIANDE ET DE LAIT · texte numérisé non relu

DE LA MIXTION DE VIANDE ET DE LAIT

Le précepte négatif : « Ne fais point cuire le chevreau dans |‘) le lait de sa inère » étant par trois fois réitéré dans l’Écriture (Exode, XXII, 19 ; ibid., XXXIV, 26, et Deutér., XIV, 20), le Talmud (traité prunTp, 57° et traité non, 115?) voit dans

cette réitération l'indice d’une triple défense : 1° dé-

(*) Beaucoup de traducteurs de la Bible, entre autres de Sacy et Martin Luther, interprètent 5N 292 « lorsqu'il tette en- core Le lait de sa mère ». Outre que l'Écriture n’emploie nulle part le terme de x 20n2 dans le sens de MN vw 57 Pat, “cette interprétation est insoutenab'e, varce que, ainsi expliqué, notre précepte serait en opposition formelle avec celui de Levit., XXII, 27 : Lorsqu'un veau, une brebis ou une chèvre seront nés, ils demeureront sept jours à téter sous leurs mères; mais le huitième jour, et les jours d'apres, ils pourront être offerts au Seigneur. V. premier traité, $ 15, art. 2, Dans les Septante ainsi que dans la Vulgate, TN 2572 est interprété dans le sens que lui prêtent les Juifs, c’est-à-dire « dans le lait de Ha mère ».

D0 RITUEL DU JUDAISME

fense de cuire ensemble de la viande avec du lait, alors même qu'on n’a pas l'intention d'en manger; 2° défense d'en manger ; 3° défense d'en tirer un profit quelconque. Si l'Écriture, dit le Talmud (traité PS, 108:), se sert toutes les trois fois du terme de cuire, c'est pour nous indiquer que la mixtion de viande et de lait n’est défendue que lorsqu'elle est cuite, ou plutôt lorsqu'elle est chaude : avn non Diwta 915; tandis qu’elle n’est défendue qu’en vertu d’une ordonnance rabbinique, lorsqu’elle est froide (v’w au traité non, 104», s. v. now 21 19 mpnn). V. 887, art. 1.

Les cabalistes (175, section Doovs, et ovna vy, IT, 2n3, 16) expliquent le précepte négatif concernant la mixtion de viande et de lait par une raison d'humanité; c'est contre le sentiment d'humanité, disent-ils, de faire mourir le nourrisson dans la liqueur qui lui a donné la vie. C'est dans le même ordre d'idées que le Talmud (traité 151, 113*) déclare défendue non seulement la chair du chevreau avec du lait, mais la chair de tout animal qui tette; tandis que la mixtion de chair de volaille avec du lait n’est defendue qu'en vertu d'une ordonnance rabbinique ($ 87, art. 3). En assimilant la chair des animaux sauvages à celle des volailles, le Talmud semble

partager l’opinion d’Aristote (De cœælo, IV, 3) d’après

laquelle la plupart des animaux sauvages pourraient vivre sans l'allaitement de la mère, opinion com-

battue par Simplicius dans son commentaire à Aris- | tote, 1. c.

La matière qui, pour tout autre, pouvait se résumer en un seul article, devait nécessairement prendre plus d’extension chez des esprits vétilleux tels que les talmudistes. On a défendu de servir de la viande et du lait sur une même table, de crainte qu'on ne mêle ces deux aliments ensemble ($ 88); on à défendu de manger des aliments lactés avant que la viande mangée auparavant ne soit digérée ($ 89). IL s'agissait ensuite de savoir de quelle façon il faut cuire la mamelle, organe sécréteur du lait ($ 90), comment il faut s’y prendre en cas de mélange de viande et de lait ($ 91), de la ligne de conduite à suivre en cas de mélange de la vaisselle servant aux aliments de viande avec celle destinée aux aliments lactés ($$ 92-96). Ce sont ces détails qui constituent

le présent traité.

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