DE LA VIANDE DONT ON IGNORE LA PROVENANCE
S LXIII De la viande trouvée dont on ignore la provenance
(Ce paragraphe contient 2 articles)
ARTICLE [*, — Lorsqu'on (1) trouve un morceau de viande sur la place du marché, on doit, à son sujet, se régler sur la majorité des bouchers : car chaque objet qui vient d’être séparé (2) d’un groupe de choses hétérogènes, est censé être de la même nature que les choses qui constituent la majorité du
groupe dont il émane. Ainsi, la viande est défendue, NS RP
(1) D'après le Su, traité D\9pwr, section VIT, 7251, 4; et HUM du traité Fnw2N, section II, 9. Cf. Talmud, traité pon, 952.
(2) C'est à dessein que le texte emploie le terme de séparé ; car, tant que l’objet n’a pas changé de place, il n’est pas censé appartenir à la majorité de la totalité. Ainsi, lorsqu'on se trouve en présence de dix morceaux, dont l’un est défendu, on ne doit pas en prendre un, en faisant valoir la probabilité qu'il fait partie de la majorité des morceaux qui sont permis. Mais si un de ces morceaux se sépare fortuitement du groupe, on peut le manger, en le supposant appartenir à la majorité. — Ainsi le veut la loi talmudique. V, Talmud, traité onar,
73’, et $ 16, art. 12, note 30,
si la plupart des bouchers de l'endroit sont des païens; elle est permise, si la plupart des bouchers sont des israélites. De même lorsqu'on trouve de la viande entre les mains d’un païen et que l’on ignore chez qui il l’a achetée, la viande est permise si les bouchers de l'endroit sont des israélites. Telle serait la loi d’après le principe biblique (3). Mais (4) les rabbins ont déjà défendu toute viande trouvée sur la place du marché ou entre les mains d'un païen, alors mème que les bouchers de l’endroit et que tous ceux qui procèdent à l'opération de la saignée sont des israélites. Ils (5) sont même allé plus loin, en déclarant défendue la viande qui, achetée et déposée dans la maison, vient à se perdre pour un moment, à moins qu'on ne reconnaisse le morceau
à un signe particulier, ou à sa configuration (6), qui
(3) Le Talmud (traité END, 9», et ailleurs) prête aux mots bibliques (Exode, XIII, 2): m2 D'a1 IN le sens de plerumque fit. | Lo
(4) mou, Le.
(5) Selon l'avis de 29 au traité 1923, 21, et au traité Poin, 95e. GE
(6) 1 ntyra0 — Regard scrutateur, faculté qui caractérise, d’après le Talmud (1”22, L. c.), les savants, et leur permet de reconnaitre un objet, non pas à un signe particulier, mais à son ensemble, forme, volume, poids, couleur, quantité et qualité. V. DYAIN DYNN sur le WU JUN, $ 217, note 4.
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TROISIÈME TRAITÉ, LXIHI 39
en prouve l'identité, ou bien qu’on ne l'ait enveloppé d'une serviette et cacheté.
ART. 2. — Si (7) une vaisselle remplie de viande qu'on avait suspendue, vient de se briser, de sorte que tous les morceaux qu’elle contenait se sont répandus par terre, ces morceaux sont défendus, si on ne les reconnaît pas à un signe particulier ou à leur configuration, parce qu'il faut appréhender que les morceaux provenant de la vaisselle n’aient été emportés par quelque fauve, ou animal rampant, et remplacés ensuite par d’autres. Mais (8) les mor- Ceaux sont permis s'ils étaient suspendus à un clou, de manière que nul animal rampant n'a pu ni les enlever ni les y déposer. D’aucuns (9) déclarent permis le morceau de viande dont on a un instant détourné les yeux, si on le retrouve à la même place où on l’avait déposé.
GLosE : Il (10) est d'usage d’incliner, en pareil Cas, à la modération, conformément à la seconde
opinion mentionnée, et ceci alors même que a
viande est entre les mains d’un paien, pourvu que D A" AN ii?
(7) DA, traité NON MON, SC HOE VI, 12, d’après le Talmud, à la fin du traité nv.
(8) Selon le 297, cité par le 10, a. 1.
(9) N20%n du traité Date Rte NN, et 24h, 8. v. NDN, et Mn 120, $ 47.
(10) V. Suns 1597 au jo, a 1.
. tous les bouchers (11)
Sn LE Pr US CRÈTE 5 ANSE
36 HITUEL DU JUDAISME
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(11) Ou la plupart d’entre eux
.2"w, a. 1, notell.
de l'endroit soient des israélites qui ne vendent que de la viande réunissant les conditions requises par la loi. V. plus join
(12) Art. 6 et 7, au sujet de la défense d'envoyer par um.
messager païen uné volaille saignée, de crainte qu'il ne FERA
substitue une autre, saignée par lui-même. V. également +1; a.\l., note 3. : % é D k Æe RS “=
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