‹ Rituel du JudaismeChapitre 14 sur 31 · PU · texte numérisé non relu

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l'eau froide ou nettoyé avec un corps dur. Il est d'usage maintenant de bien essuyer le couteau sur le poil de l’animal entre une opération el l'autre (16), et cela suffit. Si (17) on a pratiqué l’abatage sans avoir lavé le couteau préalablement, il faut laver la plaie produite par la section. Si on se sert souvent d'un couteau pour l'abatage d'animaux immangables (18), il faut, avant de l'employer à une nouvelle opération, l'enfoncer à dix reprises dans de la terre durcie.

$ XI Des heures propres à l’abatage et de l’écoulement du sang dans l’eau

(Ce paragraphe contient 4 articles)

ARTICLE Ier — L'abatage (1) peut être pratiqué à toute heure, soit du jour, soit de la nuit; cependant (2) l’abatage pratiqué la nuit doit avoir lieu

(16) De crainte que l’un des animaux opérés ne soit reconnu après examen immangeable.

(17) D’après v’wsau Talmud, 1. c., s. v. tax. Cf. même traité, 107 : ya N5 nD%95p7 1h, etc.

(48) C'est-à-dire si l’on a saigné plusieurs animaux qui ont été tous reconnus après examen immangeables. 2”%, a. 1., note 21,

(4) Talmud, traité ”51n, 18b.

(2) D’après l'explication de 52 2», 1. c,

à la clarté d'un flambeau (3). Mais il ne faut pas opérer la nuit sans flambeau,-ou même pendant le jour dans un lieu obscur. Si l'opération a déjà eu lieu dans de telles conditions, elle est valable. (GLose : Deux (4) chandelles équivalent à un flambeau).

HART Der Tobias (5) pratiqué le jour de Sabbath ou u de Grand- Pardon est valide, bien que l ‘opérateur encoure, s’il le fait intentionnellement, la peine de mort pour son acte en un jour. de Sabbath, ou celle de la flagellation en un jour de Grand-Pardon (6).

© Arr. 3. — Il (7) ne faut pas faire écouler le sang dans la mer ou dans un fleuve, pour ne pas faire soupçonner un abatage en l'honneur du génie de la mér ; de même il ne faut:pas recueil- Hr le sang, au moment de l'opération, dans des vases, afin que l'on ne puisse croire qu'on recueille le sang dans le but de s’en servir ensuite pour

@ Afin de pouvoir procéder à l'examen prescrit au G95. Cf. vw au Talmud, 1. c., s. v. n9mn20.

Cal V. Talmud, traité nav, 23. et MIN y’, & 433, art. 2.

. @) nus du traité es A4. | (6) Cf. Talmud, traité n2n,, dans la première 71v

de la 3° section, et nn y'’w, $ 318, art. 2. (7) n1w du traité bin, 44.

PREMIER TRAITÉ, $ XI 57 l'aspersion en l'honneur des idoles. Si (8) le vase contient de l’eau, de sorte que le sang qu'on y verse devient impropre à l’aspersion, il ne faut pas quand même y faire écouler le sang si l’eau est transparente, pour que l’on ne dise pas que c'est en l'honneur de l'image répétée dans l'eau (9) qu'on pratique l’abatage ; mais on peut bien y faire écouler le sang si l'eau est trouble, ou si le vase contient de la terre. |

ART. 4. — Celui (10) qui se trouve sur un navire et n’a pas d’endroit disponible pour y faire écouler le sang, peut, sans qu'il ait à craindre.la suspicion, pratiquer l'abatage au-dessus de la face extérieure des vases, d’où le sang s’écoulera ensuite dans l’eau, ou bien allonger le bras hors du navire et opérer au-dessus de la poupe, d’où

le sang s’écoulera également dans l'eau.

GLose : Certains (11) praticiens - bouchers

(8) D’après la variante du 11y, s. v. TAN, qui est aussi celle du +11, du D ’219 et du N'’1w.

(9) wnw np nnta25 rn0N. Talmud, 1. c. Cf. Théocrite, idylle 2 ; Eusèbe, Præp. Evang., liv. V, ch. 14; 4pulée, . Metar., liv. IIT.

(10) nav, I. c.

(11) Cette légende est racontée par TDn7 ñ717 +29, ce fameux mystique que les Juifs regardent comme leur Origène. Pareille superstition était répandue chez les

prennent garde de ne pas saigner des oies durant les mois de Tébefh et Shebat sans en goûter

Thessaliens à l’égard des cigognes (V. Pline, liv. X, ch. 23,

et Plutarque dans son traité de Isid. et Osir). — Aristote, .

dans son traité : De mirab. auscult., dit qu’on décernait contre ceux qui tuaient les cigognes la même peine que contre les homicides, parce que ces oiseaux avaient purgé la Thessalie des serpents énormes qui l’infestaient auparavant. Mais Solinus (Polyhistor., Paris 1629), ch. 40, en donne la vraie explication : parce que les Thessaliens croyaient que celui qui tue une cigogne cause la mort prochaine de toutes les personnes habitant la maison sur le toit de laquelle l’oiseau avait son nid. Semblable superstition est répandue parmi les paysans alsaciens et lorrains. Une pareille croyance à l'égard des fameuses oies barnaches s'établit au xrre siècle. Voici ce qu’en dit Giral-

dus Cambrensis (Topographia Hiberniæ in Anglica,

Normannica, Hibernica Cambrica, a veteribus scripta. Frankofurti,1603, page 706) : « Suntet aves hic multæ quæ bernacæ vocantur, quas mirum in modum contra naturam natura producit; aucis quidem palustribus similes, sed minores. Ex lignis namque abiegnis per æquora devolutis, primo quasi gummi nascuntur. Dehinc tanquam ab alga ligno cohærente conchylibus testis ad liberiorem formationem inclusæ, per rostra dependent, et sic quousque processu temporis firmam plumarum vestituram indutæ vel in aquas decidunt, vel in aëris libertatem volatu se transferunt, etc... etc... qui occiderit eas quadam die Januarii mensis eodem morietur anno ». — Il est à remarquer que les mois de nan et w21w correspondent au mois de janvier. — Ce qui est étonnant, c’est que les

auteurs du 717y mov, eux, qui ont la superstition telle-

le cœur, parce que dans ce laps de temps, il existe, d’après la légende, un certain moment dans lequel la saignée d'une oie causerait la mort du praticien-boucher s’il n’en mangeait pas ; aussi est-il d'usage d’en goûter du cœur.

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