IV ÉPITRE DÉDICATOIRE
religieux ne traite le Joré-De‘â qu'avec respect, et à son tour l’Israélite vraiment éclairé n'aborde l'étude de l'Évangile qu'avec vénération. De même que le naturaliste se voit forcé de ramener toutes les variétés dans la nature à un seul principe, le philosophe est obligé, lui aussi, d'indiquer à toutes les religions — à celles même dont Dieu nous a commandé d'’exterminer le culte, parce que dénaturé et perverti par les hommes — une seule source : le sensus numinis, cette perception immédiate, qui n'est point le résultat d'un raisonnement ou d'une généralisation, mais intuitive, indépendante de toute réflexion, de toute réaction, de toute influence individuelle et volontaire, et aussi irrésistible que les impressions de nos sens.
Ainsi toutes les religions convergent à mesure qu'on remonte à leur source commune : le sensus numinis, et aussi à mesure qu'on descend au but final vers lequel elles tendent toutes : l'idéal, la lumière, la vie éternelle. Cette convergence originelle et finale de toutes les religions est incontestable et, si elle répugne à l’orgueil de quelque Hetzkaplan ou à l'appétit des dimes de quelque Lévite, la raison et l'Écriture Sainte la confirment : nn MOT TN Ant TI NT DNA.
Animé de cet esprit, j ai consacré un quart de siècle à l'étude des livres sacrés de l'antiquité et particulièrement de ceux du Judaïsme qui servaient — pour parler le langage de saint Augustin — « d'assises naturelles au Christianisme ».