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D'une pause pendant l'opération (Ce paragraphe contient 6 articles)
ARTICLE 1°. — Il (1) est défendu de manger la viande provenant de l’abatage pratiqué par tout opérateur qui ignore les lois se rattachant à
l'opération. Ce sont : les règlements de la pause (2),
de la pression (3), de la transfixion (4), de l’inci-
sion déplacée (5) et de l’arrachement (6).
(11) C'est-à-dire, en cas de doute, on est autorisé à admettre, etc.
(12) V. précédemment, note 3.
(1) Talmud, traité ”51n, Ja, (2) Art. 2 et seqq.
(3) $ 24, art. 1-6.
(4) Ibid., art. 7-11.
(5) Ibid. art. 12-14. (6) Ibid., art. 15-920.
| ART. se Qu'est-ce qu'une pause ? Lorsque (7) quelqu'un, après avoir commencé l'opération, retire pour un instant la main avant de l’achever, soit (8) fortuitement ou intentionnellement, forcément ou volontairement, et qu’ensuite le même individu ou un autre achève l'opération, celle-ci est invalide si la pause faite au milieu de l'opération était d'une telle durée qu'on aurait pu dans ce Japs de temps relever l'animal, le renverser et en sectionner la plupart des canaux, section qui constitue d'ordinaire une bonne opération (9).
Chez (10) le petit bétail, la durée de la pause est
(7) niv du traité précité, 322.
(8) D'après la Nn2D\n, a. |.
(9) V. $-21, art. 1.
(10) Dans quelques éditions, on trouve ici une variante : APT MONAAt YA NAN NU, elc., qui constitue un pléonasme et rend en outre le mot y incompréhensible, ce qui a forcé le 2”w, note 3, de se lancer dans des considérations plus ou moins confuses. La variante des anciennes éditions étant plus conforme à la logique, j'ai considéré ce passage ajouté au texte dans les nouvelles éditions comme apocryphe. Au moment de mettre sous presse, je reçois un exemplaire (édition de Vilna, 1873), pourvu d’un commentaire intitulé DNS) par un auteur anonyme. Dans ce commentaire, je trouve une note, s. v. 2), qui confirme ma supposition. Ce passage du -1, dit l’auteur, a été interpolé par erreur dans le texte.
PREMIER TRAITÉ, $ XXIIT 121
celle pendant laquelle on pourrait relever, renverser et opérer un animal du petit bétail ; chez le gros bétail, la durée de la pause est celle pendant laquelle on pourrait relever, renverser et opérer un animal du gros bétail. Chez la volaille, la durée de la pause est la même que chez un animal du petit bétail. D'aucuns (11) opinent que chez la volaille, la durée de la pause est celle pendant laquelle on pourrait sectionner un canal d'une volaille, mais sans la relever et la renverser. Selon cette opinion, on doit faire attention, lorsqu'on a commencé à sectionner le cou d’une volaille jusqu’à la faire saigner et qu'on a levé ensuite le couteau du cou, de ne plus continuer l’opération, de crainte qu'on n'ait touché un peu l’œsophage ; cette appréhension doit exister alors même que l’on n’a levé le couteau que durant un petit instant, attendu que la pause chez la volaille est fort minime, car la durée de la section de la plupart d’un canal d’une volaille (12) est vite passée. Alors même que le praticien-boucher as-
sure de ne pas avoir touché avec son couteau que
(44) sw au traité 15h, 1. c., 8. v. npT° ñp7, et 120, section nwy, $ 63. CE. n901n, a. |., s. v. NTOU.
(12) Qui constitue, selon la seconde opinion mentionnée, une pause invalidant l’opération d’une volaille,
122 RITUEL DU JUPDAISME
la peau de la volaille, on ne se fie pas à lui, puisque la bête a saigné (13). Si (14), après avoir levé le couteau, le praticien-boucher vient demander conseil au sujet de la ligne de conduite à suivre, on lui conseille de sectionner la trachée seule en un autre endroit, et de retourner (15) ensuite l’æœsophage et de l’'examiner. En pratique, il convient de procéder .sévèrement en se conformant à la dernière opinion (16) ; excepté le cas d’une nécessité absolue ou d'une grande perte, où lon peut se baser sur la première opinion.
GLosE : Dans (17) nos pays, il est d'usage constant de déclarer la viande immangeable, quand à l'opération une pause quelconque s’est produite, si petite fût-elle, chez la volaille aussi bien que chez la bête à cornes. Il ne faut pas déroger à cet usage. Si (18) l'on trouve après l'opération dans
(13) Donc il faut craindre que le couteau n’ait touché un des canaux.
(14) Conforme au conseil de 121% 21 au traité précité, 28h:
(15) Parce que l'examen de l'œsophage ne peut se faire que sur la membrane intérieure. V, art. 6 et $ 33, art. 6 et 7.
(16) C'est-à-dire au sujet de la durée de la pause invalidant l’opération chez la volaille.
(17) D’après le 1271.
(18) Selon l'avis du 77°n nyw, K 185.
l'œsophage ou dans la trachée un chaume, ou quelque chose de semblable (19), que le couteau a sectionné en même temps que les parois du canal, la viande est immangeable ; car il est certain que le couteau a dû s'arrêter un peu plus longtemps pour sectionner l'objet trouvé dans le canal, il en est donc résulté une petite pause pendant l’opération, c'est pourquoi la viande est immangeable.
ART. 3. — Si (20), ayant commencé l'opération, on l'interrompt à plusieurs reprises, elle est invalide, si, en additionnant toutes les interruptions, elles constituent la durée d'une pause. (GLOSE : D'après l'usage précité (21), une telle opération est dans tous les cas invalide).
ART. 4. — L'opération (22) est invalide si, en
opérant une bête à cornes avec un couteau qui
(19) Le nopn wps et nnn2 na ny’, $ 10, en déduisent que l'opération est également invalide si l’on trouve après l’opération des grains ou du son dans
l'œsophage. De même, dit le nov jt nv°w, IL, $ 1,
l'opération est invalide si le couteau se bute, pendant l’opération, contre le mur ou tout autre objet. Enfin, le divin niiay n7”w, $ 86, cité par le 21097 Na, a. 1, note 5, déclare l'opération invalide si l’opérateur se blesse au doigt pendant l'opération, car il est certain qu’au moment de se blesser, il a fait une petite pause.
(20) Talmud, traité ”153n, 1. c.
(21) À la Glose de l’art. 2.
(22) Selon l'avis du n190n au traité précité, 30», s. v, FN.
n'est pas affilé, on s'arrête pendant la durée d'une pause, à la section de la dernière partie mineure du premier canal (23).
ART, o. — Lorsqu'on (24) a déjà sectionné la plupart d'un canal chez la volaille, ou la plupart de chacun des deux canaux chez la bête à cornes, la pause ne rend plus l'opération invalide. Il en résulte qu'à la section de la traché chez la volaille la pause ne peut jamais rendre l'opération invalide (25). Selon quelqu'un (26), la pause rend tou- Jours l'opération invalide, tant que tous les deux canaux n ont été entièrement sectionnés. De propos délibéré, il faut tenir compte de cette opinion.
GLOsE : Et il est d'usage de déclarer, en pareil cas, l'opération invalide, alors même qu'on se
(23) Car d’après le règlement ($ 21, art. 1) on doit scctionner la plupart de Ja circon'érence de chacun des deux canaux. Or, en mettant longtemps à seclionner la partie miueure du premier canal, section qui n’est pas obligaloire, ilen résulte une pause entre la section obligatoire du premier canal et celle du seconil.
(24) Rnoon, traité +55n, section IL.
(95) Attendu qu'avant d’avoir sectionné la plupart du canal, on a la liberté de recommencer la section à un autre endroit, ainsi que cela est dit à l’art. 2; alors qu'après l'avoir sectionné la pause n'invalide plus.
(26) v’wsau Talmud, 1. c. CF. =, a. 1.
HACE A - CURE À Ps LUE 2 #
trouve en présence d’un fait accompli. Aussi (27) quand la volaille ou la bête à cornes tarde à expirer après la section de la plupart des canaux, il faut la frapper à la tête (28) pour accélérer la,
(27) D’après l'avis de v’w au Talmud, |. c., 322, S. V.1pn.
(28) Il est évident qu’aussitôt les vaisseaux sectionnés, les secousses et contractions qu’on observe chez l’animal ne sont qu'épilepliformes, automatiques. C’est pourquoi on n'hésite pas à permettre d’achever l'animal à coup de massue, l'animal ayant déjà perdu toute sensibilité consciente et psychique pendant la saignée, de sorte que toutes les opérations entreprises sur lui à la suite ne sont accompagnées d'aucune douleur. Cependant si cette façon d'achever l'animal n'offre aucun inconvénient au point de vue de l’humanité, elle en présente un au point de vue de lhygiène. Le coup de massue paralysant les artères, le sang ne s'écoule que très lentement. Or, nous avons déjà dit ($ 22, note 3) que le sang se coagule et s’altère rapidement quand, après avoir commencé à quitter l'appareil circulatoire, il reste encore quelque temps en contact avec les parois des vaisseaux (W95w% 27). C’est pourquoi le not nuovy, S 138, cité par le 2017 Na, a. 1, note 8, défend de donner le coup de massue avant l'écoulement total du sang sortant des vaisseaux. C’est par la même raison que le 2”’w, a. 1., note 12, défend d'achever l'animal par l’énucage. Car les centres nerveux vaso-moteurs qui commandent la dilation et la constriction des vaisseaux, siègent principalement dans le bulbe et la moelle cervicale ; ces centres maintiennent dans les vaisseaux une certaine tension qui favorise l'issue du sang.
La lésion de ces centres produite par la section de la
mort et non pas recommencer à sectionner (29). ART. 6. — Lorsque (30) celui qui a fait une
pause pendant l'opération d'une volaille n’est pas
moelle cervicale amène une paralysie vasculaire et la stase du sang dans le système circulatoire. Or, en sortant lentement des vaisseaux, le sang s’altère et forme ces ptomaïnes qui, absorbés par la viande, rendent celle-ci nuisible à la santé (orrana 07 yhan). V. $ 67, art. 3, Glose, et T1, ibid., note 2,
(29) Pas même avec un couteau ébréché. 2'’w. note 13. C'est-à-dire, bien que la section avec un tel couteau, qui est impropre à l’opération, ne peut être considérée comme une continuation de l'opération, pour constituer une pause, il est quand même défendu d'agir de la sorte, parce que cela constitue une Nina wy%92 p1y. V. $ 24, art. 15, Glose. C'est pourquoi, dit le jh ninwn nv’w, $ 18, il est défendu de détacher la tête du tronc de l’animal avant la cessation complète des contractions. De même, il faut défendre aux bouchers de pratiquer, après l'opération, une seconde incision afin de hâter l’écoulement du sang que les caillots restreignent parfois en oblitérant les troncs artériels sectionnés. Mais si l'opérateur a sectionné les deux canaux entièrement, 1l n’y a pas d'inconvénient à ce que le boucher ouvre avec son couteau,
tout de suite après l’opération, d’autres vaisseaux san-
guins, ou bien à ce qu’on détache entièrement la tête du tronc ; ce dernier acte toutefois ne doit être accompli qu'après l'écoulement du sang. V. la note précédente, et
Dv739 999, a. L, 215 nmivawmn, note 5, et ny7 ‘n2w,
note 43, au sujet de la section de la tête d’une dinde après l'opération.
(30) Conforme au conseil de no 27, traité 1517, 28,.
PREMIER TRAITÉ, $ XXHI 127 certain si l'œsophage n’était pas perforé, il faut qu'il sectionne la trachée à un autre endroit, qu'il attende jusqu’à ce que la mort survienne et qu'il retourne (31) ensuite l'æsophage et en examine la membrane intérieure ; s’il n'y trouve pas une goutte de sang, il peut en conclure que l'œsophage n'a pas été perforé et la volaille est, par conséquent, mangeable.
GLosE : L'usage (32) est de déclarer toujours la volaille immangeable, alors même que la pause ne s'était produite que durant la section de la première moitié de la trachée. Il est défendu de vendre la volaille telle qu’elle est (33), à un païen (34), mais il faut la tuer d’abord et la vendre ensuite, attendu que nous ne sommes pas à même de procéder à l'examen de l'æœsophage, et qu'il faut donc craindre que celui-ci ne soit perforé (35). C'est par cette raison qu'il faut décla-
(31) V. précédemment, note 15.
(32) D’après l'avis du 1275, a. 1.
(33) C'est-à-dire vivante, après avoir fait une légère incision au cou.
(34) De crainte que celui-ci ne la revende ensuite à un Israélite. V. Talmud,, traité 15m, 53", et & 57, art. 18, Glose, et art. 21. Cf. également traité 75 7127, 65! : ovan v23 dy boawjn, etc. et 3°, |.
(35) Il est même défendu, dit le 3”w, a. 1., note 19, de garder une telle volaille à la maison, de crainte qu’on n’en mange. On peut cependant la garder pendant vingt-et-un
rer la viande immangeable lorsqu'on a arraché quelques plumes du cou d’une volaille et que celle-ci a saigné (36), ou bien lorsqu'on a sectionné la peau sur le cou d'une bête à cornes et que celle-ci a saigné (37), parce qu'il faut craindre, dans ce cas, que l'œsophage ne soit perforé.
Mais (38) si l'animal n’a pas saigné et si la peau n'est pas sectionnée de part en part, on peut déclarer la viande mangeable, quand on opère l’animal à un autre endroit, plus haut ou plus bas, et qu'on examine ensuite la partie de. l'œsophage située en face de l'incision qu'on a faite dans la peau avant l'opération. C'est (39) pourquoi il faut faire attention de ne pas plumer le cou de la volaille, si l'on peut opérer sans cela.
jours pour voir si elle va pondre. Car d'après le Talmud, (55, 582), tout animal atteint d’une maladie mortelle ne peut pas concevoir. Il y a cependant des exceptions à cette règle, V. $ 57, art. 48, Glose, et $ 86, art. 9, et >”’w, ibid., note 24.
(36) Le 2”w, a. L., note 20, trouve celte appréhension par trop exagérée. Il permet donc, en cas de grande perte, de saigner une volaille dont on a plumé le cou, alors même qu’il y avait quelques gouttes de sang. V. également 1, a. ]., note 7.
(37) Le Dan na h\°w, IL, & 20-93, permet d’opérer un animal qu’un vétérinaire a fait saigner au cou avant l'opération, et il n’y a pas à craindre une perforation de l’œsophage.
(38) D'après l'avis du ap n'a, a. 1.
(39) Selon le pr17 N, IL, $ 26. V. win 112, a. |., nole 23.