‹ Rituel du JudaismeChapitre 30 sur 31 · XXVII · texte numérisé non relu

XXVII

De ne pas couper un membre pendant que l'animal remue encore

(Ce paragraphe contient 1 article)

ARTICLE [*. — Lorsqu'on (1) coupe un morceau d'un animal opéré conformément à la loi mais qui remue encore, il est défendu (2) de manger ce morceau avant que la mort de l'animal ne soit sur-

venue (3).

(2) Selon l'opinion de nn au traité précité, 32h, S. V. 192 9711.

(3) V. x’, note 2, et n°72 172, a. 1.

(1) Talmud, traité 7710, 632, et traité ”+51n, 33».

(2) L’Ecriture (Levit., XIX, 26) ayant dit : Non comedetis cum sanguine, le Talmud, (traité 77520, 1. c.), en déduit qu’il ne faut pas manger de la viande pendant que l'animal dontelle provient donne encore un signe de vie. Sang —vie. V. Levit., XVII, 11 et 14, et Deuter., XII, 25.

(3) Il est avéré, en effet, que les muscles et les nerfs détachés du corps immédiatement après la saignée, sont encore excitables par la pression et la friction aussi longtemps que le corps fait des mouvements convulsifs. C’est pourquoi le morceau détaché avant devient mangeable

$ XX VIII De couvrir le sang des animaux

(Ce paragraphe contient 24 articles)

ARTICLE I. — Celui (1) qui opère un animal sauvage ou une volaille doit en couvrir le sang, sans distinction s'il vient de prendre l'animal sauvage à une chasse récente (2) ou s’il l’a déjà depuis longtemps en possession.

après l’inertie complète dû corps. 5’, a. 1., note 1, et >”w, note 1 et 2.

(1) nav du traité ’#155n, 83b, d’après l'Ecriture (Levit., XVII, 13) : Homo quicumque de filiis Israel et de advenis qui peregrinantur opud vos, si venatione (atque aucupio) ceperit feram (donc, on ne parle que des animaux sauvages) vel avem, quibus vesci licitum est, fundat sanguinem ejus et operiat illum terra.

(2) Bien que l’Ecriture dise : si venatione ceperit, il ne faut pas en déduire que seul le sang d’un animal pris récemment à la chasse ait besoin d’être couvert. V. n2o1n au traité précité, s. v. VaTNS INNWAT PNA. Quant à l’expression de 71%, c’est une façon de parler : nn 1727 DTN ‘12 02. Cf. Mahâbhärata, v. 6579 (édit. de Calcutta, t. IID) :

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GLosE : La (3) loi de couvrir le sang est indépendante de celle de l’abatage. Aussi l'opération est-elle valide alors même qu'on a intentionnellement omis de couvrir le sang (4).

ART. 2. — Avant (5) de couvrir, il faut prononcer cette formule d'action de grâces : « Toi (6) qui nous as sanctifiés par tes préceptes et nous as commandé de couvrir le sang avec de la terre ».

GLOSE : Celui (7) qui opère pour la première fois doit prononcer, en outre, avant de couvrir le sang, la formule de nouveauté (8), mais il ne faut

(3) V. v’w7 au traité 7u12, 8h, s. v. JDD TN.

(4) V. v'wn au traité 151, 88h, s. v. NDS ANA.

(5) D'après le ‘nSwiw et la NnoDn traité nj2a, section IX : ons Sy Mouyb n212 x AA 07 ND+2 57 MOYY9 n212 JNIY ADD.

(6) Précédée des mots rapportés au $ 19, note 3.

(7) D’après l'interprétation de *”’w au traité nina, 75P. Mais selon n190n au traité nt212, 37h, s. v. 01 nn, il ne faut pas prononcer cette formule. V, 3”, a. ]., note 5, et N'a au n'n y’w, & 29, note 4. Le w7n 112, a.1., dit, par conséquent, qu'il ne faut pas prononcer cette formule. Le w”n, a. L., est, au contraire, de l'avis de la Glose. V. & 265, art. 7.

(8) Cette formule se prononce chaque fois qu'on met un habit neuf, qu’on va habiter dans une maison nouvellement construite (n1272, 54), qu’on accomplit un devoir qui s'impose à des époques déterminées, etc. En voici le libellé : Sois béni, Seigneur, notre Dieu, Souverain de l'univers, Toi qui nous as donné la vie, qui nous as accordé l’existence et qui nous as permis d'atteindre

pas la prononcer avant l'opération de l’abatage, parce que c’est un acte dont souffre un être vivant (9).

ART. 3. — Lorsqu'on (10) opère un mouflon, animal dont on ignore la classification, c’est-àdire s’il faut le classer parmi les animaux domes-

tiques ou parmi les animaux sauvages (11), ou

ce moment (solennel). — Dans l'édition française du recueil de prières juives (70, Paris, 1891), ñnn 7112, est incorrectement traduit par sois oué. +12 n’a nulle part le sens de loué, mais de béni, très souvent aussi celui de *nwn — heureux, ainsi que le mot syriaque : (cie D0 0

et rarement celui de maudit (Job, IF, 9), par antiphrase, de même que le mot w75) (Deuter., XXIIT, 17). Quant à la signification de bénir Dieu, je renvoie à mon ouvrage « L’adoration chez tous les peuples » (paraîtra prochainement).

(9) C'est par la même raison qu’on s’abstient de prononcer cette formule quand on se chausse de chaussures neuves, parce qu'il a fallu tuer un animal pour en avoir la peau. Cependant n90%n au traité n1272, 59h, s. vv”1, paraît ne pas être du même avis.

(10) nav du traité ’101n, 83h.

(11) C’est à tort qu’on a toujours considéré le 12 dont parle souvent le Talmud, comme le Phénix rabbinique. NY 7 ND ON NY T2 J2 ON 1207 Ta TT N5, (Traité Nr, 74h, et ailleurs) prouve, au contraire, que le +2 était parfaitement connu, mais qu'on ignorait parmi

lorsqu'on opère un animal de sang mêlé, produit par le croisement d’un animal domestique et d'un animal sauvage, il faut en couvrir le sang, sans prononcer la formule prescrite. Il (12) ne faut pas saigner ces espèces d'animaux en un jour férié (13) et, si on les a saignés, il ne faut pas en couvrir le sang pendant le jour férié, mais (14) on le

couvre le soir s’il en reste encore la trace.

quelle espèce il fallait le classer. 13 est le sanscri Kêvi — mouflon, et F272 27 a raison de dire (traité Sin, 802) +23 SN 15 123. Des mots sanscrits qu’on rencontre rarement dans la Bible (tel le mot n%%35N, Paralipom., liv. II, ch. IX, 10 et 41, ou pinbx, Ie Pois, X, 11, dérive du sanscrit valgüka ; le mot D92ñ21% — 0127 LE Rois, 1. c., 22, du sanscrit ibba, avec article et suffixe sémitique ; le mot D°2), sing. AP» ibid., du sanscrit kapi et képi), pullulent dans le Talmud. Aïnsi le mot uw) est le sanscrit vasthit, et le mot si fréquent de 5w3 n'est nullement d’origine sémitique, mais simplement le Käshari sanserit, composé de kä privatif — àx grec (v. Yates, Sanscrit Grammar, p. 37), et shari ou shär — inconvénient (v. Dictionnaire sanscrit, par Boehtlingk et Roth, s. v. Kârava). Donc : w2 — Késhari — sans inconvénient. De là le terme talmudique : 52p5 al'bhte nN\n, c'est-à-dire que rien ne s'oppose à ce que l’objet devienne SD.

(12) Talmud, 1. c.

(13) Pour ne pas se mettre dans l’obligation de couvrir le sang. |

(L4) S:lon le Talmud ibid.,87%: 27 Yoan mwa, etc.

AL" Le U A = à

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