‹ Rivalité de François I. et de Charles-QuintChapitre 11 sur 35 · ALLIANCES DISPUTÉES AVANT L.\ RUPTL'RE · texte numérisé non relu

ALLIANCES DISPUTÉES AVANT L.\ RUPTL'RE

l'avilie monarque et son ministre Wolsey, non moins avide que lui, le premier par la somme de WIO,000 couronnes (1), le second par une pension df 12,000 livres. Afin de s'attacher encore mieux lu puissant ministre qui disposait des sentiments de son maître aussi bien qu'il fiirig-eait ses afiaîres, il lui avait Tait espérer la tiare- « Le roi irès-ehrélien m'a chargé de vous écrire, mandait au cardinal d'York sir Thomas Boleyn, que si vous aspiriez au Saint-Siège, il pouvait vous assurer quatorze cardinaux. Des deux partis qui sont en présence, les Ck>lonna et les Orsini, il vous donnera les Orsini... Il est convaincu que le roi d'Ang-leterre et lui ne font qu'un, etque uul ne peut être empereur ni pape, si cela ne leur plaît à tous deux [2). »

Le traité conclu avec le roi d'Angleterre, dont la lille devait être mariée au dauphin de France, feraitil de lui un ami fidèle de François I"? Les sentiments d'Henri VIII s'étaient manifestés dans leur duplicité loi-s de l'élection à l'empire. Pressé par son neveu le roi catholique et par son nouvel allié le roi très-chrétien d'appuyer leur candidature «D Allemagne, il l'avait promis à tous deux (3), pais il songea à se faire élire lui-même; mais, sa

(I) Hytner, l. IV. [I rcntrnil en possession de Tournai, Saiot-AïuaDd et Kottiena.

(ïj Dép^'heilu U mara 1310, dans le 87* tolumo de Bréqiiifav, ans. lie la BibL nul.

(3) Lettres i\ù Tli. Boleyo, du 14 mars I3f!>, n Henri VIII, et du »nwre, bWoket ; dans EUis,Orig.Letl.,l "série, t. 1,p. UGellSI. — L«Un do tb. BoleTD h WoImt, du 14 août lliltl, dans Bréquigny, «t 87.

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prétention étant trop tardive et Tachât des électeurs devant lui être trop coûteux, il y renonça (1). Il laissa croire à chacun des compétiteurs qu'il s'était déclaré pour lui, quoique au fond il n'en eût secondé aucun. Toutefois son penchant, conforme à son intérêt, lui avait rendu le succès de Charles- Quint préférable à celui de François P' (2).

Après Télection, les deux rivaux en Allemagpne, près d'en venir aux mains en Italie vers les Pyrénées, sur les confins des Pays-Bas, se disputèrent de plus en plus Tassislance du roi d'Angleterre. Afin de mieux cimenter l'union rétablie par le traité de Londres, François I" avait recherché une entrevue avec Henri VIII. Cette entrevue, stipulée dans le traité même, devait avoir lieu sur le territoire qui séparait les possessions des deux rois, entre Ardres et Calais. Dans son impatiente ardeur, François I" avait juré qu'il ne couperait point sa barbe jusqu'à ce moment désiré (3). Henri VHI, ne voulant point rester en arrière, avait fait le même serment; mais, moins pressé de se rendre sur le continent que François P' de Ty rencontrer, il s'était brusquement débarrassé de sa barbe, ce qui avait paru de fort mauvais aug^ure à la cour de France. A la surprise assez inquiète qui en avait été exprimée, l'ambassadeur d'Henri VIII avait répondu, au

{{) Pace à Wolsey, i 1 août \o\9, State Papers, t. I, p. 8.

(2) Pace à Wolsey, lettre du 27 juillet 1519, dans EUi», 1. 1, {"série, p. 157.

(3) Lettre de Th. Bolryn à Wolser, du ift noTembrc iolO, dans Bré^ quigny, vol. 87;

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