‹ Rivalité de François I. et de Charles-QuintChapitre 15 sur 35 · C.MH? DU MRAP-UOH · texte numérisé non relu

C.MH? DU MRAP-UOH

d'assaut, il les somniii g-aiemenl de se rendre à lui. Le roi d'Ang'lelepre dormait encore. François 1" alla droit à sa chambre, qu'il se fit indirjiter par le gouverneur, heurta à la porte, éveilla Henri VIII, qui, en l'apercevant, fut encore plus émerveillé que ne l'avaient élc ses archers, et lui dit sur-leclianip avec non moins de cordialité que de bonne g:ràce : n Mon frère, vous m'avez fait le meilleur loui* que jamais homme fît à un autre, et me montrez la Oance que je dois avoir en vous. Dès cette heure, je suis votre prisonnier et vous baille ma foid). n II détacha en même temps de son cou un beau collier, et pria le roi de France de le poi-ter ce jour-là pour l'amour de son prisonnier. François 1" alla encore plus loin dans ses démonstrations. H avait un bracelet qui valait le double du collier, et, le mettant au bras d'Henri VIII, il lui demanda de le porter aussi pour l'amour de lui, et il ajouta qu'il voulait être ce jour-là le valet de chambre de son prisonnier. Le roi de France donna en elTet la chemise au roi d'Ang-lcterre. Le lendemain Henri VllI, imitant la confiance de Franr-ois 1", se rendit à Ardres lort peu accompag^né, et il y eut entre eux un nouvel échangée do présents et de courtoisies.

Cette émulation d'amitié fut suivie d'une rivalité d'adresse dans les tournois et les jeux que les deux rois donnèrent à leurs coui's. De vastes lices que

(I] Minoirtt lie FkutiiiiËe, p. :)itl-UaO.

terminaient des barrières fortifiées pour les gardes de chaque prince, et que bordaient d'élégtints écha* fauds dressés pour les reines et pour les dames, avaient été préparées dans un lieu élevé et découvert. Là, pendant huit jours, se poursuivirent à pied et à cheval, à la lance et à Tépée, des joutes auxquelles prirent part les plus habiles hommes d'armes de France et d'Angleterre. Les deux rois qui les dirig^eaient y déployèrent, sans combattre ensemble, l'un sa brillante dextérité, l'autre sa force athlétique. François P', qui excellait dans les exercices chevaleresques, rompit ses lances avec une rég^ularité accomplie ; Henri VIII, dont l'impétuosité était irrésistible, atteigpnit si violemment de la sienne le casque de son antagponiste à la seconde rencontre, qu'il le renversa de cheval et le mit hors d'état de fournir ses autres courses (1). Ce fut surtout en tirant de l'arc que Henri VIII, l'un des meilleurs archers de son royaume, se fit remarquer par la vig^ueur du jet et la vitesse du coup (2). Il aurait ég*alement voulu montrer sa supériorité en luttant corps à corps avec François I". Les lutteurs anglais l'avaient emporté sur les lutteurs français^ parce qu'on avait négligé de faire venir des Bre-tons, que nuls ne surpassaient dans ces sortes de joutes. Le soir, Henri VIII, espérant compléter la victoire des siens par un facile triomphe^ s'approcha de François V\ et lui dit brusquement i « Mon

(1) Itall, p. 6l2 H(5ii.

(S) Mémoires dR Flcuranir*»^ p. IJo2:

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tfère, je veux lutter avec vous. » En même temps, il le saisit de ses fortes mains et chercha à le renverser; mais François V\ très-exercé à la lutte et doué de plus d'adresse, lui donna un four de jambe, lui fit perdre l'équilibre et l'abattit tout à plat. Henri Vïll se releva roug-e de confusion et de violence, demandant à recommencer. Le souper qui était pn!l, et les reines qui s'interposèrent, prévinrent cette dang-ereuse épreuve, plus propre à éloi- ^Der les deux rois par les blessures de la vanité que n'avaient pu les rapprocher les récentes intimités de leur long-ue entrevue.

Après ving-t-cinq jours passés ensemble au milieu des fêtes et des plaisirs, François 1" et Henri VIII 80 séparèrent, cordialement unis en apparence. François I" ne s'était pas assuré la coopération armée d'Henri VIII, mais it croyait avoir acquis son amitié intéressée et dès lors fidèle. Il l'avait achetée par une forte somme annuelle, qui, sous une forme déguisée, était un véritable subside. Il se flattait donc que si le roi d'Ang;leterre ne se déclarait pas pour lui dans la querelle près de s'ou' \Tir, au moins il n'embrasserait pas la cause de l'empereur, son adversaire:

Cependant, à peînc Henri VIII avnil-il t|uitté François I", qu'il était allé à Gravelines, où l'attendait Charles-Quint. Après avoir reçu la visite du roi son oncle dans les Pays-Bas, l'empereur l'avait accompag-né à Calais (i). Là s'était conclu entre euK

(IJ Saa,p.(i2l.

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un nouveau traité. Cliarles s y eng*ag'eail à ne faire, pendant un délai de deux ans, aucune convention de mariag^e avec le roi de France. II y était en outre stipulé que le roi d^Ang-leterre et l'empereur traiteraient un peu plus tard des choses dont ils s'étaient déjà entretenus, et qu'ils régleraient alors tout ce qui pourrait être utile à leurs intérêts, honneur et sûreté (1). François V' conçut, et non sans raison, de g*randes inquiétudes sur Tobjetet le résultat de ces secondes conférences, qui suivaient de si près son entrevue avec Henri VIII. Celui-ci préférait Talliance de Tempereur. Toutefois, n'étant encore ni prêt ni disposé à la g^uerre, il se crut obligé de rassurer François 1"; mais ce qu'il lui communiqua, pour diminuer ses soupçons, était bien propre à exciter ses craintes. 11 lui fit dire par ses ambassadeurs que Tempereur avait cherché a rompre le mariage de la princesse Marie avec le dauphin, en proposant de l'épouser luimùme, mais (jue sa tentative avait été repoussée. Les ambassadeurs d'Angleterre avaient ordre d'ajouter que l'empereur n'avait pas mieux réussi en pressant, avec de vives instances, le roi leur maître de se joindre à lui pour recouvrer les droits qu'il avait à la couronne de France, pour arracher de force le Milanais au roi très-chrétien, et pour Taider lui-même a aller prendre la couronne imp('riale en Ilalie(2). Ce qu'il prétendait avoir refusé c\\ ce mo-

(1) Musée britannique, Vespas., C. I, f. 307, 1K»8, li juillet lo20.

(2) M Henry's iustruetions to sir Uicli. Wyn^'feM juui sir II. Jeniyn

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