‹ Rivalité de François I. et de Charles-QuintChapitre 19 sur 35 · I. ■ — DettvadvPrDfcuioninobles, etc.,f. 1!S3 y · texte numérisé non relu

I. ■ — DettvadvPrDfcuioninobles, etc.,f. 1!S3 y

dévolu à la duchesse d'An^ouIême, et, étant masculin, serait annexé à la couronne. La mauvaise volonté et la puissance de ses deux adversaires lui firent craindre une spoliation complète. La ruine allait s'ajouter à la disg*ràce, et cette imminente iniquité mit le comble à toutes les anciennes offenses. Près de tomber de la plus haute position dans l'abaissement le plus insupportable à son org*ueily d'une opulence presque royale dans une détresse humiliante, il n'y tint point. Son cœur altier se révolta à cette pensée, et tout en soutenant ses droits il prépara ses veng^eances.

Il traita secrètement avec Charles-Quint. Des relations s'étaient déjà établies entre eux avant la rupture de l'empereur et de François I". Le connétable, au su du roi et avec son ag*rémenl, avait envoyé Tun de ses affidés, Philibert de Saint-Romain, seig'neur de Lurcy, auprès de Charles-Quint, pour nég'ocier un arrang*ement relatif au duché de Sessa, dans le royaume de Naples, sur lequel il conservait des prétentions. Il avait offert des chevaux, des haquenées, des lévriers, des arbalètes et des épieux de chasse en présent à l'empereur, qui, de son côté, avait dépêché le seig^neur de Longfueval et un g^entilhomme nommé Trollière vers le

connétable pour le remercier et l'honorer (1). Charles-Quint mettait autant de soin à acquérir de nouveaux amis que François I" montrait de négligence à conserver ses anciens serviteurs. Aussi devait-il s'attacher tous ceux que son imprudent rival élûig-nait de lui. II n'oublia rien, quelques mois après la mort de Suzanne de Boui'bon, pour g«g"ner le connétable, qu'il savait être dîsg-racié sans qu'il fût encore prêt à devenir rebelle. 11 n'était pas lui-même en guerre avec François 1". Il avait fait dire au connétable par le prévôt d' Utrecht, Philibert Naturelli, son ambassadeur à la cour de France: n Monsieur, vous èfes maintenant à marier; l'empereur mon maître, qui vous aime, a une sœur dont j'ai cliarge de vous parler, si vous y voulez entendre (2). » Le connétable fit remercier l'empereur de cette proposition, qui ne fut dans ce moment ni rejetée ni admise.

Un peu plus tard, après que la guerre eut été déclarée, et lorsque la ducbessed'Angoulèmeet François I" eurent réclamé les biens de la mai.son de Bourbon, le connétable, non moins certain de sa ruine que persuadé de son droit, chercha dans ce mariage un moyen de se soutenir ou de se venger. La duchesse Anne elle-même fut de cet avis. La

(I) Dépocitiuun [lu chanuliËT tle ItaurlwnDaU Popitloo, f. S43 r°, ilc S»iol-Bomiet, t. «0 ï*, de Velu Pelit-Dé, f. 74 r*, dnng Ir »ot. 484 tin U calkvlîDU Du|mi, i|ui contieul loutijs ivs pièces du procJ!» crimiDel du oonnéUlilv itt^ Bourbon nux niss. ite In Ilililiothèqui; untioniilc,

iî) liilerro(;aluJr« ilv l'évik^ui: il'AuluD. Mss. Dupuv, u' 184, (. 230 )-*

fille de Louis XI,

'. avait g'ouverné le royaume

de France peiidaut la jeunesse de son frèi-e Charles Vill, en mainlenaiit à l'autorité sa force et au lerriloire ses agrandissements, avait chang-é de maximes en cliang'eaiil de position. La duchesse de Bourbonnais ne pensait plus comme avait agi la rég-ente de France. Elle chercha des appuis à la grandeur de la maison dans laquelle elle était entrée, et dont l'édilice était près de crouler par la mort de sa fille Suzanne. Ce qu'avaient fait tous les grands feudalaires du royaume, ce qu'avaient fait tous les princes du sang" royal, lorsqu'ils étaient en opposition d'intérêt avec la coumune, ce qu'avaient fait récemment encore les ducs de Bourj g-ne, les ducs de Bretagne et Louis XI, n'étai que dauphin, et ce qui devait se faire pendant cours du seizième siècle et jusqu'au milieu du dixseptième siècle par les rois de Navarre, les ducs d'Orléans et les princes de Condé, elle le consei au connétable son g-endre avant de mourir, a Moi (ils, lui avait-elle dit, considérez que la maison Bourbon a été alliée de la maison de Bourgxjg-ni el que durant cette alliance elle a toujours fleuri été en prospérité. Vous voyez à cette heure ici les affaires que nous avons, el le procès que on vous met sus ne procède que à faute d'alliance. Je vous prie et commande que vous preniez l'alliance de l'empereur. Promettez-moi d'y faire toutes les dilig-ences que vous pourrez, et j'en mourrai plus con-

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CONJLRATION DU CONNÉTABLE tlE BOIRBON. 385

tcnle {!). » Le connétable n'eut pas de peine à suivre un conseil qu'Annede France croyait conforme à son intérêt, et que lui sug'g'érait sa propre passion. .

Dès l'été de 1522 , dans In seconde campagne sur la frontière de France et des Pays-Bas, il ouvrit à ce sujet une nég-ociation secrète par l'entremise du sénéchal de Bourbonnais, d'Escars, seig*neur de la Vaug-iiyon, la Coussière, la-Tour-de-Bar, etc., et capitaine de cinquaiitç hommes d'armes. Enfermé dans Tliérouanne, qu'assiég-eaient ies Impériaux, d'Escars demanda à Chabot de BHon, l'un des favoris de François I", et qut commandait la place attaquée, la permission d'aller conférer avec Adrien de Groy, seig-neur de Beaurain, second chambellan de Charles-Quint, pour l'échang-ed'une terre qu'il possédait en F"landre (2). Sous prétexte de cet échange, il instruisit alors Beaurain des sujets de méconlenlement qu'avait le connétable, et de l'intention où il était d'accepter les anciennes olïres de l'empereur. Le connétable ne désirait pas seulement de s'allier à Charles-Quint, il proposait de se révolter contre François I". Victime de l'injustice royale, il se présentait comme le futur libérateur

(1) IMpositiou da Vés^ue d'Aulua, î. 230.

(2) IWpMilioa de Perul de Warlliy du 17 teplembre. Ibid., t. 37 *" r( 38 r°. ■ This o^ciiure «ii« aow of latc reoavcci), \iniitr colour of n subtile tinil rraTtie proclisi?, hv n cHpitaiu b^ing now in Tir«i-D (Thé- Ile) DNIueif H' du Carcs (d'fîdi'ar«}, etc. » ln«tructions donnêp» pKT

li Vlll k Th. Boleyn et ît HJctiard Snmpsoii, cavovés auprèi du l'emir m «tohre 1322 Stale Vapert, l. VI, pwl. v, p. 10*, Lon-

sii

im CHAPITRE V.

du pays. Il s'élevait contre le g-ouvernement désor^ doiint:, arbitraire, onéreux , d'un prince plong-é dans tes plaisirs, livré aux emportements de ses passions, et il se disait résolu à réforgier l'État et redresser l'insolente conduite du roi, qui accabli le royaume, l'appauvrissait et le mettait sur le ehant de sa ruine. Si l'enipei-eur lui donnait l'i lie SCS steurs en mariag-c, il était disposé à se soi lever dans l'intérieur de la France et à joindre ses forces aux forées espag-noies etang'Iaises {!). Il y mettrait en mouvement cinq cents hommes d' mes et huit ou dix mille hommes de pied, au nientoùles troupes de Charles-Quint et d'Henri paraîtraient sur les frontières du royaume. Il faii demander que l'empereur et le roi d'Ang-lete: dont il ne craignait pas de flatter les plus ambitieuses convoitises et de ranimer les prétentions à la couronne (2) de France, envoyassent des persoi xi&geB de confiance et d'autorité dans le voisî:

[1] ■■ The iluko of Burliou uot beiug coDleule^l ^vilh the iui ftud seusunll govrraauiice thaï is used by the Frvni-h kÎDfç, i inclined >nd in maner delennîned to refourine and i^i^ie tlin n lent demeauuns uf Uiu soid kiog. a Henri Vlll ajoute qu« le ilue 4 Bourbon y a été induit pnr plusieurs imporlanU coufteillers ■ que a by lois oC such landes, dominions and wnioi ie« i outwardly, lu nlui Ifae iinpoTerisching and in iiiaoer dcslnicoiun ati^ rt'anie;,.. uyuiliiig therefore uot oooely ta hâve aliauuce witti tho • prroiir by mariage of non of his susters, liut also, in the sune nuf fl Nssuredly proinisod to tuki- eKi-lg, lo joyue wilh tlie kiiig and Ibe m perour with his slreught nud powur at surh lyme a» tliey «hall i; oetunll ware in Fraimcc. d — Slate Papers. t VI, p. 103. ÎO*.

(2) " Tfae uid dukti... voiuiJering olso Ibat the king had UUe la I croi*ne of Fmiiuvti, was eonteulcd il shuld be natîlietl unlo Ihe ktn Uiglukcs. * [bid., p. 101.

Il y

de sa pricipauté de Dombes, à Bourg' en Bresse, où il dépf'cherait lui-même son chancelier, pour se mettre d'accord sur les points importants et dresser un traité en règ-le.

Beauraîn communiqua au comte de Surrey, amiral d'Ang-Ieterre, qui commandait sur le continent les troupes d'Henri VIII, les propositions du connétable, afin qu'il en instruisît le roi son maître, et il les porta lui-même, vers la fin de l'automne, en Espagne, où l'empereur s'était rendu depuis quelques mois. Dès ce moment, des rapports suivis et secrets s'établirent entre le connétable, l'empereur et le roi d'Ang-leterre, pour concerter la révolle au dedans et l'invasion du dehors. Henri VIII se montra tout d'abord très-i'avorable aux projets de Bourbon et prêt à conclure une alliance avec lui; il fit même presser Charles-Quint par ses deux ambassadeurs, Richard Sampson et Thomas Boleyn, d'envoyer au plus tôt Beaurain muni des instructions et des pouvoirs nécessaires pour traiter (i). Beaurain arriva en Ang-leterre au commencement de février 1523(2). Il trouva Henri VIII, nag-uère si zélé, alors très-refroidi. Ce prince parut même mécontent de sa rupture avec François I", qui

(() ■ For nliiche purpose tlie kioges grâce (bikolU righl expédient th»l Ihe «u|i«ruur shuld aenil Ibîder Mona' de Beuren, «ith auctoritia pover «nd m^tructiuaii miflicii-'iil, liku ob the kiuges Highoes shdl auclortM tumme cuiivenable pet-soDtic svmliUb^ lo doo forhis pare, etc. a Ond., p. 10(-I03.

(3) IK'p^ctie» niMtuscrites de l'f vCque de Badajoi vt de Louis de Praet, •mbiuaadeundeChftrlet-Ouiut eu Angleterre^du ii cl du 13 février 1533.

- Ankivt* wtpériatei et royaies de Vtenns.

lexposail à de g^rands périls , Toblig^eail à des armements ruineux, et l'avait réduit à des sacrifices jusque-là sans compensation, Henri se plaig*nait de n'avoir pas été remboursé encore par l'empereur de 150,000 écus d'or qu'il lui avait prêtés, de n'avoir rien reçu de l'indemnité de 100,000 écus d'or que Charles-Quint s'était eng-agfé à lui payer en dédommagement de la pension annuelle que lui donnait le roi de France, et à laquelle il avait renoncé pour embrasser une alliance dont il ne sentait que les charges, et qui ne lui apportait que des dangers. Il dit qu'il avait à repousser sur la frontière d'Ecosse l'agression du duc d'Albany, qu'il avait à préserver l'Angleterre de l'invasion dont la menaçait Richard de la Poole, dernier représentant du parti dynastique de la Rose blanche; qu'il devait envoyer contre l'Ecosse une armée de trente mille hommes sous son lieutenant général le grand trésorier, pourvoir à la subsistance de cette armée au moyen d'une flotte chargée de vivres, et qui, montée par quatre mille bons soldats, attaquerait Edimbourg du côté de la mer; qu'il équipait une autre flotte pour garder le canal de la Manche et assurer les communications entre les Pays-Bas et l'Espagne ; qu'il tiendrait de plus vingt-cinq mille hommes de Douvres à Falmouth, sous le commandement de son beau-frère le duc de Suffolk, pour défendre la côte d'Angleterre ; qu'enfin il se proposait de lever une grande armée de réserve à la lèle de laquelle il se placerait lui-même. Il annonçait

CO.NJI'RATION DU CONNETABLE DE BOURBON, 389 que.jusqu'à ce qu'il cùtaffermi la sûreté intérieure de son royaume par la sriumission des Écossais et la défaite de la Bose blanche, e[ qu'il eiU amassé dans ses coffres assez d'arg'ent pour suffire à la golde doses troupes pendant une année, il ne s'engTigerait dans rien de sérieux sur le continent (I). Ilsemblaitsuspeeter, sinon les intentions, du moins In puissance de l'empereur, qu'il savait mal obéi en Espagne, et qui, dénué d'Qrg:ent. était à ses yeux hors d'état de faire face aux eng-ag-emenls qu'il avait contractés et d'entretenir les armées i|u'il avait promis de mettre sur pied. Il reprorhait à son inexact confédéré de n'avoir rempli aucune de ses oblig-ations, tandis que lui avait été ûdèle à toutes les siennes, et il voulait renvoyer la grande entreprise projetée contre la France à l'année 1525.

C'est dans ces dispositions qu'il reeut et qu'il fil parti rBeaurain; mais bientôt, avec la mobilité soudaine qu'il portait dans ses desseins comme dans Bes alliances, il revint à d'autres senliments. Il autorisa ses ambassadeurs auprès de Charlos-Ouint û lotit concerter pour le soulèvement du duc de Bourbon (2) et pour l'invasion delà France. Il leur per-

(1] Dépêche du 3(1 JnuTicr, il« l'Oiûqnc de Itmlnjox ri de Loui» de Pr»I il Charlfe -Quint. Airhhes impérialts il royales de Viens*. — WdIwi le dil en grande partie ditOK sa dépêche de jnovier 1523 i Th. Boleïii el h HiHi. Simipsan. — Slate Paper», I. VI, p. I t.t h 120.

(3) ilmri VMI dil k Ixiuig de Praet : " Touchnnt l'iiflïiii'e de RriuriHin, puitque IVmpcreur l'a tanl * ci*ur, j'eD-vovrai par dflil mon poToir b ■un unl>a«<»deur* aiec Instructions telles dont l'ompereur ntira cnuw <rr*lre conteul pour beMDgncr coDjojntement eiir le dici afTnire. >• Dé-

mit d'offrir la moitié de l'arg-ent qu'exig«rait levée des g-ens de clieval et des hommes de pu que le connétable mettrait en campagne, et de terminer avec quelles forces et dans quel mom< on attaquerait François I" dans son royaume, double nég'ociation du traité avec le duc de Bourbon et de l'expédition en France, après s'être poursuivie quelque temps à Valladolid, fut continuée Londres, où les plénipotentiaires de Gharles-Qui et d'Henri VIII convinrent, en mai 1523 (1), moyens et de l'époque de la g-rande agression, et où Beaurain arriva de nouveau le 19 juin pour réguler tout ce qui pouvait faciliter Ja rébellion (2) el la prise d'armes du duc de Bourbon.

Conformément à ses instructions (3), Beaurain devait avant tout proposer au roi d'Ang-Ieterre obtenir de lui qu'il contribuât à la solde des cîi cents hommes d'armes et des dix mille hommes pied à la t^le desquels se placerai! te connétable révolté (4). Après s'être assuré du concours d'Henri VIII, il avait à se rendre à Bourg

pikhe uianuscriCe (le Louis de Pi-eel àChnrles-Quinlilu S nui ISU.J Archives ÏTirp&iiales et royales de Vienne.

(1) Dépêches nionuscrites du 1" juin de Lotiitt de Pitict h l'empc et du Louis de Prnet el de Jehan de Maraix au même,

(2) ■ Sire, en suj'Tant la charfte qu'il a pieu à Vo«ln! Mojrali t ï moj' Beaurain, j'a; fait telle dilifieuce que suis arrivé en c«Ue vill Londres hier xix de ce niois, ■ Dépêche d'Adrieii du Cro; el de L do Praol à l'erapereur, An 21 juin,

(3) Ces iustructioas, doimée» le 28 nini à VaUadolid, iont im daus le t. VI desStufe l'apers. p. loi, note 2, et p. \li-i.

(4) Dépêches de Beaurain rt de Luuis de Prnet du 31 juin. An inpérialtM et royii/et de Viftme.

CONJCIUTION nu CONNÉTABLE ilE BOURBON. 3ill

Bresse, où le connétable avait promis de se trouver, et là traiter de son mariage soit avec Kiéonore, veuve du roi de Porlug-al, soit avec Catherine, la plus jeune des soeurs de Cliarles-Quint; convenir que, dans les dix jours qui suivraient l'entrée des deux princes alliés sur le territoire de la France, il se déclarerait et joindrait ses troupes à l'armée d'invasion; lui g'arantir, aussitôt qu'il serait déclaré, le payement successif de 200,000 couronnes pour l'entretien de ses hommes de g-uerre ; lui demander d'ouvrir ses villes aux confédérés, qui recevraient des vivres dans ses Étals; enfin lui promettre, en concluant une lig-ueofTensiveetdéfensive, qu'il serait soutenu envers et contre tous, et que l'empereur et le roi d'Ang-lelerre ne feraient ni paix ni trêve sans l'y comprendre. Beauraia avait charg'C de s'enquérir de lui sur quels points de la France il convenait le mieux de diriger l'invasion, quels étaient les personnag'esqui tenaientson parti, si le duc de Lorraine, son beau-frère, le duc de Vendôme et le comte de Saint-Paul, ses cousins, Jean d'Albret, roi de Navarre, partageaient ses mécontentements et adhéraient à ses desseins (1).

Le cardinal Wolsey remit des articles conçus dans ce sens à Beaurain au moment de son départ (2). En même temps, le docteur Kniglit, am-

(1) Instructioiu de l'euiporcur à Beauriûu, du 28 mai \â2'3, publiées duie le lixièmi: Toloine des Sfitc Popcrs, p. I.7I, Dole 2.

<i) Ct» articles, inlitulés Mtmoriale eorwn '{Ux Dominas de Scaureyn traàa/nt aan UlmtrimmQ duce BwlKiiào pro wmmaiti bmefiào lUrius-

3fl2 CHAPITRE V.

bassadeur de Henri VIII auprès de MarguerîS d'Autriche, tante de Gharlos-Quint et g'oiivernantc des Pays-Bas, dut suivre Heaurain, et fut chargé d'une mission seniltlnble. ■( Le due de Boutt bon, disait Henri VIIl dans ses instructions, qd est un homme d'un noble et vertueux courag voyant combien, par le désordre, le mauvais • vernement et l'extravagante conduite du roi Frai çois, le royaume de France est tombé dans : misérable état , surciiarg'é qu'il est de tailla d'exactions et d'autres impositions indues, outr^ les autres g-randes et journalières indig-nités et iniquités dont l'accable le roi des Français, et sentant que le commun peuple ne peut pas les supporta plus long'temps, il a appliqué son esprit et mis 8 soins à lui donner assistance et à opérer le redressement de ces énormités (1). » Il ajoutait que, fort aimé et fort estimé dans le royaume de France, dont il voulait la réforme, le duc de Uoin'bon s'étï — adressé à l'empereur et à lui, roi d'Angleterre, qu'il serait, sans aucun doute, suivi de beaucoup de nobles hommes et du peuple réduit en servitude et désireux d'en sortir. Il prescrivuitaudocleurKnigliJ de se rendre eu poste à Bôle, comme pour aller 4 Suisse, et de se transporter de là, sous un déguiai ment, jusqu'à Bourg- en Bresse, où il Irouveit

liant )rta|fl

Iresfort .nce,

que nuyeiUiHt, suul iuiiiiiinés ilnos le sixiènie loluine des StaU Papt p. 133 et 154.

(I) a luslructious giveo by Uie kiogliocx lo his IruBlj clerc udo ujllour uwiler Uillioiu Kujghl. <> State l'ajKTt, !■ Vl, p> <3I.

c:(iNji:»AI*IO.\ m CoNMlTABU; Ht: BOLUUUN. :ii).i Iteaiiniin e[ le connétable. Henri VIII, qui pnHcndail être l'Iiériliei' lég^ilime de la couronne de Fronce, exi^-'eaiL que le duc de Bourbon lui prêtai serracnl (J), après quoi il aulorisail àconclure tous les arrang-emenls proposés.. Le docteur Knig-hl partît de Bruxelles à la dérobf'-e, et s'aclieinino, en suivunl le tortueux itinéraire qui lui était tracé, vers la ville de Bourg- en Bresse, où Beaurain, arrivé au conimen cernent de juillet, s'élail enfermé dans l'abbaye de Brou [2).

Le connétable n'iivait point paru. Hecnlail-ii devant les criminels eng-ag-enients qui allaient foire de lui un traître envers la couronne et un ennemi de sa patrie, le rendre coupable d'une dang-ercuse révolte et complice d'une odieuse invasion? ou bien avait-il craint de donner l'éveil sur ses projets et de les compromettre par un voyag-e qu'il ne pourrait |>ascaclier et qui exciterait la défiance de Kranrois 1", déjà instruit en partie de ses relations? 11 était loin de se repentii-, et son animosité croissante If portait aux résolutions extrêmes. Le procès qui devait le dépouiller de ses biens suivait son cours. Depuis plus d'un an, on te plaidait devant le Parlement de Paris, qui n\ ait plus k- désir que la force d'i^lre juste. Deux célèbres avocats. Boucbard et Monlliolon, avaient défendu les droits de sa bellc-

(I) t.p diic dp Bourbon ileviiil le rpmnnallie [wur "hinsupprpinpaDil M>*eraTD lord mnLvng otlie aud llddilie nu lo lli[> ri^lit/ul iohmlniir of iIm uid rrattne ot Fraunce ». Slatt Ftipers, p. Vi~.

(î| rWjHWw dp L. dp Priii'l il Charlia V, ilu » aoûl 15Î3. — Arch. ia^. tt Tojf. de Viame.

,f . *'T*noe, et les siens, contre les pré-

^ I. .jm^iH^sse d'Ang'oulf^îme et les récla-

w *'^7)<;ois I", dont l'astucieux avocat

. ...i.vVhII g*enéral Lizet s'étaient faits les

. h5j-'.^ <^t ^élés (i). Le roi s'était approprié

, «^rt!»(^ de la Marche, le comté de Gien, la

.. ,jr Murât, et toutes les possessions don-

^r Louis XI et Charles VIII à Anne de

., ., ,. transmises par Anne de France à Suzanne

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