i.vs au connétable (2). Il avait ainsi déclaré
,*i/us à la couronne les domaines qui en avaient
<; plus récemment détachés , et il avait annulé
ui-même la donation que le connétable en avait
...uode sa femme et de sa belle-mère. Pour mieux
4«/4itrer son dessein, au lieu de les incorporer au
.(.Muaine royal, PVançois I" les avait accordés à la
Auchesse d'Ang'ouleme. Le connétable avait mis
H^pposition à cette saisie prématurée et à ce don
ronteslable.
La cause ontioro était pendante devant le Parlemont, où le duc, menacé d'une dépossession prochaine, avaitperdu, depuis lonioisdedécembrel 522, sa puissante auxiliaire Anne de France, qui, renouvelant ses anciennes dispositions avant de mourir,
(1; Suit<' <!♦' Vlliafoiredc lintirfjon, par Marillnr, f. 2S1 v" ii 2yi<, rontriiîuit les rxlniits «les plaidoyers. — Journal d'un Bourgeois de Piiri>, piihljû par la Swirt»'- dv. l'IliMoliv «!»• Fiaiire. Paris, chrz J. HcuouarJ, 1854, p. i:iOà i:i2.
(2; Par lioiiation du (\ srpU'iiilnv [li'l'l, — Voyez vvlU' donation .iii\ Arrhivi-s untinnuhs, — V»»)rz aii>si Journal d'un Bounjeois de l'art>, p. l.il.
t;ONJli RATION DL CONNÉTABLE DR ROURBON. 3«5
t'avait laissé son lég'alairc universel. Bien (|u'il se regardât comme héritier substitué de la partie masculine de celte succession et comme héritier doublement désigné de la partie féminine, il sentait r|ue l'autorité de ses adversaires l'emporterait sur son droit. Le Parlement traînait l'alTaire en longueur; c'était toute la justice que le connétable pouvait en attendre : il n'avait à espérer que dans le désistement improbable du roi et de la régente. Si te roi et la régente avaient renoncé à le dépouiller, ïl aurait cessé de s'entendre avec leurs ennemis.
Il fil auprès d'eux une tentative dans les premiers mois de J523. Au moment où sa cause se plaidait devant la justice , entre les deux voyages de Beauraîn en Angleterre pour y négocier sa dél'eclion, le connétable se rendit à la cour. II y parut à l'heure ou le roi François I" et la reine Claude étaient à table dans des salles séparées, Il se présenta d'abord devant la reine, t|ui l'invita h s'asseoir près d'elle. Informé de son arrivée, François I" acheva rapidement de dîner cl vint dans la chambre de la reine. Le duc, en voyant le roi, se leva pour lui rendre ses devoirs (1). ■« Il paraît, lui dit brusquement le roi, que vous êtes marié ou sur le point de l'i'^ti'e. Esl-il vrai?» — Le duc répondit que non ; le roi répliqua que si, et qu'il le savait ;
(f) Celte fiuc fut ruronli-c |«r l'empereur nu «locteur Sitrapson, qui r<!criTit k WoImv , daitR ui ili-pÂch? du i3 ninr*. — HfiiH britun. Vese. H, f. <l7,(irigiiial.
il ajouta qu'il connaissait ses pratiques avec Tempereur et répéta plusieurs fois qu'il s'en souviendrait. (( Alors, sire, repartit le duc, c'est une menace; je n'ai pas mérité un semblable traitement. » — Après le dîner, il se rendit à son hôtel, situé près du Louvre, où beaucoup de g*entiIshommes l'accompag'nèrent en lui faisant cor tég'e.
Il partit ensuite pour aller attaquer une bande de soldats aventuriers qui ravageaient, sans rencontrer d'obstacle, les bords de la Champagne et de la Bourgogne du côté de Paris (1). Ce fut la dernière fois qu'il exerça ses fonctions de connétable. Après avoir dispersé cette bande, il retourna dans le Bourbonnais en disant tout haut qu'il renverrait à François I" son collier de l'ordre de Saint-Michel et son épée de connétable, parce qu'il aimait mieux aller vivre pauvre hors de France que d'être si peu estimé dans le royaume. Deux seigneurs de la cour passant par le Bourbonnais le visitèrent au château de Moulins. Le connétable demanda à Saint- André, l'un d'eux, ce que le roi voulait faire de lui et ce qu'ils en avaient entendu. Saint-André lui répondit que le roi n'aspirait point à ses héritages et qu'il serait plus disposa à les lui donner qu'à les lui prendre. Le connélable leur proposa de porter à François 1" une lettre pour le remercier des bonnes paroles qu'il avait reçues d'eux; mais ils s'excusèrent l'un ol l'autre de s'en charger. Le con-
(Ij Interrogatoire (l'Kscars. — Mss. Dupuy, n^ 484, f. 2i»l.
CdMDRATlOiS Dr CONNKT\»LF, DE BOUnilON. 3i)7
nètablc vit dans ce refus le sig'ne des véritables disposi lions du roi. Il appela ces deux seig-neursHes affeckz (I), parce qu'ils n'auraient pas dû décliner son message à François i", si François. I" eùl réellement manifesté les intentions qu'ils lui avaient attribuées. Il apprît au contraire ([ue le chancelier Uu Prat conseillait de le réduire à la condition d'un g-enlillioiinne de quatre mille livres de rriite (2). Uulré au dernier point, n'espérant rien tlii roi, comptant peu sur le Parlement, il dit avec une amertume allière « qu'il allendait des nouvelles de son procès pour savoir s'il serait duc ou Charles » (3f. L'issue n'en était pas éloif^née et ne pouvait (Tuère être douteuse. Sous la pression irrésistible de l'autorité royale, le Parlement allait prononcer le séquesire des biens contestés (4), comoie prélude de la dépossessinn du connétable, auquel il les retirerait poui- les adjug-er plus tard à la duchesse d'.Ang'oult'nie et à François 1".
Pendant (pi'il était ag-ité de ces craintes et en proie ù ce.s ressen liment s, le duc de Bourbon appnt l'arrivée de Beaurain à Bourg en Bi-esse. Il fallait se décider à traiter ou à rompre avec Cliarles-Quinl, rester soumis à Frani.-ois I" malgit? de
(I) Dépotition d'Antoine de amhauts, .-vOijuc <lu Ciiy. — M«s. thipuf r Wito ot «".
(2j'lulerrDgHloiie de IViéi|uc iIAitliin du âO odubrc. — Ibid.,