‹ Rivalité de François I. et de Charles-QuintChapitre 3 sur 35 · PASSAGE DE FRANÇOIS V EN ITALIE · texte numérisé non relu

PASSAGE DE FRANÇOIS V EN ITALIE

600,000 écus d'or au soleil, et le duché de Berry qui serait donné pour 400,000 écus et dont François V^ se réservait la pleine souveraineté (1). La jeune princesse, qui n'avait que quatre ans, ne devait être remise à Tarchiduc Charles que dans les deux mois qui suivraient sa douzième année, et elle renoncerait aux droits qu'elle pouvait prétendre sur les duchés de Bretag'ne et de Milan. Une étroite alliance fut en même temps •conclue entre ces deux princes. François P' y fît comprendre le duc de Gueldre^ tandis que l'archiduc Charles dut inviter l'empereur et le roi catholique, ses grands-pères paternel et maternel, a y prendre une place qui leur était réservée et qu'ils refusèrent. Tels furent les premiers rapports établis entre les deux souverains qui devaient plus tard remplir le monde de leurs luttes et qui, dans ce traité où ils prétendirent s'allier ensemble, eurent surtout en vue chacun un g-rand intérêt : Charles, la succession d'Espag-ne qu'il espérait ainsi recueillir sans trouble ; François P', la conquête du Milanais, à laquelle il désirait rencontrer moins d'obstacle.

C'est dans cette intention qu'il renouvela avec le roi d'Angleterre le traité (2) signé par Louis XII. Il

(i; La souTerainelé^ rhommagc-Iigc, les églises cathédrales^ les cas royaux et ceux dout, par préveDance, la coDiiaissance appartient à ses juses, des4|uels connaîtra le bailli de Saint-Pierre le Moustier. Corps diplomatique, t. IV, p. i, p. 200.

(2j Rymer, Acta publica^ t. XllI, p. 273, sq.

maintint ég*alement le traité que son prédécesseur avait naguère conclu avec les Vénitiens, dont la coopération armée lui était nécessaire. Les Vénitiens, qui avaient aussi besoin de Tassistance de François P' pour reprendre celles de leurs possessions que Fempereur Maximilien détenait encore en Lombardie, s'étaient empressés de lui envoyer une ambassade extraordinaire afin de le complimenter sur son avènement à la couronne et de Tinviter à descendre en Italie. Les deux ambassadeurs, Pietra Pasqualig'o et Sebastiano Giustiniano, arrivés à Paris peu de temps après que François P' eût été sacré à Reims, furent reçus le 25 mars en audience solennelle. Les évoques d'Ang-oulôme et de C!outances et le sénéchal de Toulouse, étant allés les prendre à leur hôtellerie, les conduisirent dans une g'rande salle du Palais, où les attendait François P"" entouré de toute la pompe royale. Il était assis sous un dais, ayant à sa droite le duc d'Alençon, le connétable de Bourbon, tous les princes et seig*neurs du sang*; à sa g-auche le g*rand chancelier et beaucoup de prélats; derrière son trône le bâtard de Savoie son oncle, le g-rand maître de sa maison Arthus de Boisy, le maréchal de la Palice, le grand écuyer San Severino, le trésorier Fiorimond Robertet et plusieurs autres personnages de son conseil et de sa cour. A Tentrée des ambassadeurs, le roi se leva, tenant son béret à la main. Lorsque Pietro Pasqualigo et Sebastiano Giustiniano lui eurent fait la révérence, il ne voulut point, quelque

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