‹ Rivalité de François I. et de Charles-QuintChapitre 30 sur 35 · PI · texte numérisé non relu

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Lettre du ducde BoiirboD a l'eni^rf ur, du iSteptnabn.^Arth. tlrofl.de Vienne.

Lettre du duc de Boiirboa à Hrutî VIII, du 31 vitl. -~ Mot. Bril.

TiteûiiH, B. vt, r. an.

13, t^lrv du iluc de Itourlioii au iurdinai WoIh-ji, du 19 atflemhtr, —Mm. Brit. Vitoniu», R. VI. (. ZOI.

Ii3i CaAPlTBE M.

Avant de mettre en batterie les g-ros canons ama| nés de Toulon dans son camp, le duc de Bourbo) proposa une conférence à Renzo da Ceri et à Brioqj dans l'intention sans doute de leur persuader qt^j toute résistance serait bientôt inutile et de leur c frir une capitulation avantag-euse, alors qu'il ■ était encore temps. Mais Renzo et Brion refusèred de s'aboucher avec lui ; ils répondirent qu'ils n*ea4 tendaient traiter qu'à coups d'arquebuse et de canon. Cependant les Marseillais n'étaient pas sans inquiétude. Malg-ré l'opiniâtreté heureuse de leur défense et la vig-ueur persistante de leur résolution, ils craig-nirent à la long^ue d'être forcés, s'ils n'étaient pas secourus. Us envoyèrent en dépulalio] auprès du roi deux d'entre eux, Pierre Cépède i Jean Bèg-ue, pour l'informer de ce qu'ils avaietf fait jusqu'alors, l'instruire de la reddition de Toulon, lui annoncer que la grosse artillerie destinée à protég-er celte place avait été transportée au cai impérial, d'où elle allait battre Marseille et pouvj servir à la prendre, s'il n'accourait pas la dégtlg«r." Embarqués dans le port, les deux ambassadeurs de la ville assiég-ée prirent terre un peu avant l'embouchure du Rhône et s'acheminèrent vers François I". Ils le trouvèrent au milieu de son camp, à Caderousse, un peu au-dessus d'Avig-non.

Après des retards inévitables, et non sans g-randes difficultés, François T'élaif parvenu à i faire une armée. Il avait déployé une activité soit| tenue et habile en pourvoyant à la défense de Moi

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SIEGE DE MARSEILLE. 53!i

seille et en rassemblant les troupes à la tête desquelles il se proposait de descendre en Provence. La conspiration du rebelle qu'il allait eombatlre et le procès de ses complices n'avaient cessé de l'occuper. Ainsi qu'il en avait menacé le parlement de Paris, il avait quelque temps auparavant adjoint à ses membres deux présidents du parlement de Toulouse, deux présidents du parlement de Bordeaux, deux présidents du parlement de Rouen , le président du parlement de Bretagne et un conseiller du grand conseil, afin qu'ils prononçassent de concert surlesadhérenlsde messire Charles de Bourbon (I). Il avait désig'né surtout à leur rig-ueur Aymard de Prie, d'Escars, le chancelier de Bourbonnais Popillon, Desguières et Brion. Les jug-es procédèrent à de nouveaux interrog-atoires, sans faire usag:e de la torture pour arracher aux accusés des aveux plus étendus. Leur sentence, qu'ils ne prononcèrent pas aussi vite que le désirait François I", avait tout l'air d'un acquittement. Sans rien chang-er au jugement de Brion et de Desg-uières, ils décidèrent qu'Aymard de Prie, Pierre Popillon et d'Escars seraient élargis et relégués dans telle ville du royaume qu'il plairait au roi de leur assigner (2).

(1) Msj. Diipuy, t. iU, f.35U.

(2) Le parlcniKUl proDonça quelque temps «pWti h |M>iiiH de mort CODtre Im complices du conuéUbl^ qui lïUieiil liom de tVautv ul réuni» à lui, 11 coQdHUiQO, par arrêt du i'i août, à élit' décupiléit le cuuitc de ppjilhiivre. Lurcy, doul le corps devait de pluH élre fiis en quatre quortiifns, Taïuanoe*, des Escures, Uegj^uiàrei, Pumpeniit, Siinou, Beaiimout, les d'Eilspinal. de Toc<]uei', Louis de Vilrv, Frauçois du Pdoui, J«an de rUwpital, Bavant, Stga, Poatbu* de Soinl-Ruiutiu, Leun tdte«

ii3fi CdAPITRK VI.

François I", m apprenant cette décision, se raoqtra aussi surpris qu'iprilé. Il allait partir de Bli pour marcher contre Bourbon, qui venait pénétrer en Provence ; aussi écrivit-il au Parlemei du ton de la défiance, du commandement et de menace, comme s'il le suspectait de n'être pas di favorable à sa rébellion. « Nous avons trouvé vos arrêts fort étrang-es, vu le temps où nous sommes. Et pour ce, nous vous mandons et expressémei enjoig'nons do n'élarg-ir aucunement les prisoi niers, mais de les tenir en bonne et scure gfarde, en sorte qu'ils ne puissent échapper, et n'y faites faute sur vos vies, .^u demeurant, vous avisons que nous allons à Lyon pour empescber que Charles de Bourbon et aultres nos ennemis n'entrent dans notre royaume, ce nous sera facile de faire, et, à notre retour, ferons savoir de nos nouvelles, vous assui que ledit Charles de Bourbon n'est pas encore France (i). »

Le parlement lui ayant aussitôt répondu qu' passerait outre à l'ùlarg^issement, mais qu'il vou lait prononcer les arrêts de peur que le peuple ne murmurât et ne l'accusât de refuser justice, Fr çois I" éclata de plus en plus. " A ce que noi voyons, lui écrivit-il de la roule, vous estes délil rés persévérer dans votre erreur et préférer

deTBicnl itre la'ia^i itu bout d'une lancr, leuri corpâ penJus au | (le Hontfiiucon, leurs biens rnnfisiiui^s, et leuis Reh incorporés k du rai.

(1) Uttre du 10 juillel. — Mss. Dupiiv, v. 484, f. 48* »•.

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SIKGE IIE «ARSKiLLE. 337

volonlés parLiculières à notre honneur, service, cl au bien de tout le royaume, voulant déclarer que vous avez fait justice et que nous voulons l'empêcher; nous ne saurions le souffrir ni permettre, el pour ce nous vous mandons et défendons que vous n'ayez à autrement prononcer les dits arrests, ni élarg-ir les dits prisonniers d'où ils sont, et n'y veuillez faire faute sur tant que eraig-nez à nous désobéir et déplaire, autrement nous en ferons telle démonstration que en sera exemple aux autres (1).» II continua sa marche, et, comme, des trois citations exig^ées pour procéder au jug^ement rég-ulier du connétable contumace, les deux premières avaient été faites dans ses Etats, François I" écrivit sept jours après de Botirg^es de donner contre lui le troisième défaut, sans épuiser les délais el sans attendre son assistance (2). Il voulait que le pai-lement se mît en mesure de le condamner comme rebelle, tandis qu'il allait le combattre comme ennemi public.

L'armée qu'il avait réunie dans la vallée du Rhône était considérable. Bien que les Suisses fussent mécontents de l'inexécution de ses promesses, qu'il eût à se plaindre de leur indiscipline croissante et de leur récent abandon, il avait demandé aux cantons el il avait obtenu d'eux une levée de plus de six mille hommes. Deux corps de lansquenets venus des bords de la Moselle c4 du pays de Gueidre, et

[I] Autre lettn;, Uu. Dupuy, f. 48A v". (2) Lettre du SS juillet, iliiil., f. im.

placés SOUS le commandement de François de Loi raine et de Richard de la Poole, avaient forlifli infanterie, à laquelle se joignirent plusieurs Iroi pes d'aventuriers français. Ne voyant pas opéi de descente sur la côte de Picardie, il crut, la sais( étant déjà avancée, qu'il ne serait attaqué ni par' les Ang-lais ni par les Flamands, et il fit marcher vers le sud du royaume la plus grande partie des hommes d'armes, avec LaTréraoïlle, le comte de Guise et tous les vaillants chefs qui avaient défendu la frontière du nord-ouest contre l'invasion do l'aonée précédente, il appela mÔme auprès de lui le jeune roi Henri de Navarre, que le retour de l'armée de Cliarles-Quiiil au-delà des Pyrénées api la prise de Fontarabie laissait sans inquiéti pour ses propres États, et qui vint le joindre avi une troupe de Gascons. En se rendant au railieu de cette armée, François 1" laissait éclater sa belliqueuse ardeur. Il écrivait le II août, de Vienne en Dauphiné, au maréchal de Montmorency avec esprit, mais d'un Ion peuWtre un peu trop dégagé pour un prince dont le territoire était envahi , le pressant d'accourir auprès de lui et d'amener tous les horanies d'armes qui ne vaient pEis encore rejoint : " Je vous advise je pars demain de cette ville pour aller droit en mon camp, que je fais dresser à trois lieues d'.\vi gnon. Et pour autant que je ne sçaîs si l'on parle de la guerre à Blois ou là où vous estes, ji veux bien advertir qu'il en est ici très grand bri

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