‹ Rivalité de François I. et de Charles-QuintChapitre 32 sur 35 · SIÈGE DE MARSEILLE. 54H · texte numérisé non relu

SIÈGE DE MARSEILLE. 54H

daîentses efforts. Il avait dépêché à Rome, comme négociateurs de la paix sous la médiation du pape, leseig^neur de La Roche, quiy portait neuf projets aboutissant presque tous , par des combinaisons diverses, à rendre le duclié de Milan indépendant de la France, et à faire rentrer le duché de Bourgog-ne sous la domination espag-nole (1). Il crut sans doute alors que le duc de Bourbon, en recevant l'arg'ent nécessaire au payement de l'armée, serait en état de s'emparer de Marseille, et, après avoir pris cette importante ville, de se maintenir dans sa conquête , d'où François !" ne pourrait le débusquer que par une bataille qu'il ne livrerait point de peurd'y hasarder son royaume. L'échange postérieur de la Provence avec la Bourg-og'ne l'aurait conduit à ses fins. Heureusement il négligea les moyens qui seuls lui auraient permis d'y parvenir.

Henri VllI avait été tenu jusque-là dans l'inaction par de timides conseils et de faux calculs que son ministre Wolsey avait crus profonds. II n'avait rien voulu exposer à moins d'être certain d'un succès qui dépendait surtout de sa coopération. Pour qu'une armée anglaisedescendtt en Picardie, ii exigeait que le duc de Bourbon eût pénétré dans l'intérieur de la France, que son arrivée y eût produit une révolution, ou que la défaite de François I" eût facilité la conquête du royaume, resté sans dé-

(IJ Papier» de Simancas. — Série D, liasse 3, n* 'H.

3*B CHAI'ITBK M.

fense (1). La promesse d'une diversion n'ava faite au duc de Bourbon que pour l'encourager dans son enlreprise. Aussi Wolsey avait très-mai accueilli les instances de Richard Pace, qui n'avait pas craint de lui écrire qu'il lui attribuerait les revers de l'expédition , s'il nég-lig-eait de prendre les mesures propres à en assurer la réussite, et l'accuserait d'avoir fait perdre au roi leur maître la couronne de France. Il lui avait reproché avec une amère ironie la témérité offensante de ses conseils. (1 Vous demandez, lui disait-il, que le roi, avec toute la célérité possible, profitant de ropportunité qu'il a de recouvrer sa couronne de France, s'avance dans ce royaume avec son armée, soit en personne, soit par lieutenant, et, pour faciliter l'entreprise, vous voudriez que je misse en g-ag-e mon chapeau de cardinal, mes croix, mes masses et moi-même (2). " Au lieu d'envoyer des troupes, il avait transmis un plan de campag-ne. ^Ê

Il répondait à l'ambassadeur de Henri VIII, d'tM près les délibérations en conseil sur ce qu'il convenait de faire ; que le duc de Bourbon devait s'emparer d'abord des villes de Marseille et d'Arles, el s'eng^ag-er ensuite dans l'intérieur du pays; que tant qu'il resterait en Provence, le roi d'Angleterre ne pouvait s'exposer, ni exposer une armée anglaise

(1) Lettre de Wolsey 1 Para, du 2S mai. — Slate paptri, U p. 289-290.

(2) Lettre de Wobe; H Puce, du 31 aodt. — State paV^i t*

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