ALLIANCES DISPUTEES AVANT LA RUPTURE
CAMP DU DRAP d'oR. CONFÉRENCE DE CALAIS.
Cames de guerre entre François I*' et Charles-Quint. — Infructueuse tentatJTe d'arrangement au sujet de la Navarre et de Naples, dans la conférence de Montpellier. — Efforts des deux monarques rivaux pour gagner l'alliance du pape Léon X et du roi d'Angleterre Henri VIIL — Charles-Quint quitte l'Espagne prête à s'insurger pour s'aboucher a^ec Henri VIII avant que Henri VIII aille s'aboucher avec François l*' sur le continent. — Entrevue de François I" et de Henri VIII au camp du Drap-d'Or; fêtes et négociations. ^ Visite de Henri VIII à Charles-Quint dans la ville de Gravelines et accord seeret des deux princes à Calais. — François I*'', croyant Charles-Quint affaibli par l'insurrection des Comtmeros en Castille et arrêté par des difficultés graves en Allemagne^ le fait ittaquer vers les Pays-Bas où Robert de La Marck se jette en armes dans la province de Luxembourg^ et au-delà des Pyrénées^ où André de Foix, seigneur de Lesparre, envahit la Navarre. — Charles-Quint De le méprend pas sur l'auteur de ces deux agressions. — Après que les généraux les ont victorieusement repoussées, ses troupes pénètrent en France et commencent la guerre contre François I*'. — Henri VIII se propose comme médiateur entre François I*' et Charles-Quint. — Conférence trompeuse de Calais. — Pendant que le cardinal Wolsey semble négocier une trêve entre Charles-Quint et François I*', Henri VIII s'unit plus étroitement avec Charles-Quint par le traité de Bruges. — La guerre se poursuit et s'étend. — L'armée du Nord que cmnmande François P' pa80e l'Escaut^ et met en fuite Tannée
impériale qu'elle aurait pu battre sous Valenciennes ; l'armée du Sud, conduite par ramiral BonniTet, entre en Espagne et prend Fontarabie ; Tarmée d'Italie, sous les ordres des maréchaux Lescun et Lautrec, laisse envahir le Milanais par les forces combinées de l'empereur et de Léon X. — Le pape, qui arait traité secrètement le 8 mai 1521 avec Charles-Quint, se déclare alors ouTertement contre François 1«'. — Prise de Milan. — Fin des conférences de Calais. — Ligue offensiYe conclue le 24 noTembre 1521 contre la France entre le pape, l'empereur et le roi d'Angleterre. — Mort soudaine de Léon X.
La guerre entre François I" et Charles-Quint allait suivre de près la lutte animée et opinifttre qu'ils avaient soutenue pour l'élection à l'empire. La situation des pays y conduisait tout autant que les sentiments des souverains. François I*' et Charles-Quint avaient essayé de se mettre d'accord et de rester en paix durant les quatre premières années de leur règ'ne. Mais cet accord ménagée avec tant de soin ne pouvait guère être durable entre les deux princes. Les nécessités de leur position étaient plus fortes que les précautions de leur prudence. Des intérêts contraires et des ambitions opposées les avaient entraînés dans une rivalité inévitable et devaient les pousser à une longue rupture.
Leur désaccord éclata dès qu'ils recherchèrent l'un et l'autre la couronne impériale. François I* avait sans doute un grand intérêt à empêcher le
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possesseur déjà redoulable de si nombreux états de la mettre sur sa tête; mais il n'aurait trouvé aucun avantag-c à la placer sur la sienne. Il semblait l'avoircompris un moment lui-même, entre la diète d'Augïboiirg- en 1518 et la mort de Maximilien I" en 1519, lorsqu'il avait conçu le politique dessein de soutenir la candidature de l'électeur Frédéric de Saxe pour faire échouer celle de l'arehiduc Charlesfl); mais il avait bien vite repris le projet incoDsidérc de se faire élire. Il aurait pu donner un chef à l'empire s'il n'avait pas voulu l'être, tandis qu'en elierchant aie devenir, il fit nommer eui(>ereur son rivai naturel et son ennemi futur.
La puissance de Charles-Quint était ainsi dang-ertusement accrue par l'imprudence de François 1°'. -Avec la dig'nilé impériale, qu'il recevait en Allemagne, il était investi de la suzeraineté politique en ilalie. H acquérait le droit ou le moyen de disposer des forces de l'un de ces pays, d'intervenir dans les arrangements territoriaux de l'autre, et à la long-ue df commander aux deux. Cette première lutte entre François I" et Charles-Quint avait altéré leurs senliiuçDls aussi bien que chang-é leurs positions.
il) C'esl c« qu'on voU dans le» dépicims du uaiiliniil de Bibiena, aiu- ^MMdtur Ak Léon X auprès île François 1", écrites de Paris: «Disegoa, u funlo {wr lui «i poIrA, lolerroinper la cosa del catholico, conforme »i rioonlo tosiro... et dico, ctie surin sBola cosa per tulti quaudo ni po- W>c Un m de' Honuni, il duca di Sassonia : eoù mi ho dcito cbs \i ttriiË per ttia paita. s Leltere di Principi, 1. 1, p. aî, t*. — Celte letlri! 'In !* uaietuLre esl adieseêo au duc d'L'i'bin. Il avait dil In m£me chose 1^ la lettre du 8 décembre; françois I" y Imite de chmires les pra- ^an puur u propre candidature. Ibid., p. 00.