‹ RivarolChapitre 12 sur 203 · Journal Politique National, V série, n · texte numérisé non relu

Journal Politique National, V série, n

3. Les nobles, en revanche, avec qui il frayait, ne paraissent pas lui avoir contesté son titre. Il ne s'écrit pas, depuis un siècle, un bout d'article sur Rivarol où le mot ; « Voilà un pluriel que je trouve singulier », ne soit cité comme un mot de ^\. de Gréqui à Rivarol qui s'était écrié devant lui : « Nous autres gentilshommes... ». L'anecdote a paru pour la première fois, si je ne me trompe, dans les Mémoires pour servir à l'histoire de l'année 1789, insipide recueil attribué à Luchet (t. I, p. 147, 6 mars 1789) : remarquons que Rivarol y est appelé « le chevalier de Rivarol », d'où semblerait résulter que le narrateur a confondu les deux frères. D'autre part, une note manuscrite de Claude-François de Rivarol objecte que le bon mot n'est pas de Gréqui, mais de Rivarol lui-même; Gréqui

pas obtenu dans les salons de Paris, de Bruxelles, de Hambourg toute l'attention et toutes les indulgences dont a bénéficié M. le comte de Rivarol. Une couronne de comte surmonte les armoiries des Rivaroli *; revenait-elle, à la fin du xvH^ siècle, à Jean Rivaroli? Cela est admissible si celuici était bien le frère du marquis de Rivarol; mais cela ne peut se démontrer rigoureusement. Sur l'acte qui le déclare père d'Antoine-Roch, Jean Rivaroli n'a pas d'autre qualificatif que celui d'officier; et nous avons vu qu'Antoine-Roch et son fils Jean avaient abdiqué toute prétention au titre, voire à la particule. Il semble que Rivarol se soit dit : « Libre à eux de n'en pas vouloir! Pour moi, qui n'ai pas le dessein de m'enterrer comme eux dans une bourgade de province, descendant des Rivaroli et noble de l'aveu même des généalogistes de cour % je ressaisis, par de là cinquante ans d'infortunes, une qualité qui appartient de longue date aux Rivaroli. Monsieur mon père, vous êtes comte, que vous le vouliez ou non; et je signe : le chevalier de Rivarol. Persistez-vous à rester Jean comme devant? Eh bien! je signe . le comte de Rivarol ^ La couronne que

avait eu l'imprudence de dire : « Nous autres gens d'esprit... », et c'est ce pluriel-là qui avait semblé singulier — à Rivarol. Cette version a du moins l'avantage de présenter sous un aspect nouveau une anecdote qui devenait une scie. Jusqu'à la publication du Petit Almanach^ la légende de Rivarol n'est pas encore formée. Seuls, Grimm et un certain Masson de Morvilliers, cité par Grimm en août 1785, font de temps à autre allusion à la fameuse auberge. Mais dans les petits Recueils qui tout à l'heure vont recruter contre lui une armée de 'scribes exaspérés, il est jusqu'en 1788 traité avec déférence. En 1782, VAlmanac/i littéraire contient une Épitre du chevalier de Rivarol à M. le cotnte de R...; ce sont des vers de Claude-François à Rivarol; au bas de la page se lit cette note : « .VI. de Rivarol est d'origine italienne ». Claude-François est toujours appelé le chevalier et Rivarol le comte dans ce recueil : voir les années 1782, 1783, 1784 et 1785, aux Annonces. De même dans V Almanach des Muses, années 1782, 1784, 1785, 1786, 1787.

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