Premier Mémoire
Louis XYI la publication de ce discours * » .... Pauvre roi! Que de discours lui ont été ainsi offerts, qui tous, au dire des orateurs, devaient infailliblement sauver sa couronne et sa tête! Il n'y a plus un bel-esprit dé salon, il n'y a plus un pauvre hère à la feuille qui ne lui souffle sa tirade à l'oreille; tous s'en mêlent, jusqu'à Suleau, jusqu'à Peltier, jusqu'à Tilly M C'est un jeu de société qui a succédé aux bouts-rimés. Je renonce à compter combien de fois Rivarol, pour m'en tenir à lui, s'y est exercé en l'espace de deux ans ^ Le dernier mot de sa dernière lettre à La Porte est encore : « Dit-on si le roi fera l'ouverture de la deuxième Assemblée nationale par un discours *? » Il est clair qu'il en a un tout prêt dans sa tête.
Mais plutôt que de le chicaner sur « les petits moyens » dont il a pu s'exagérer l'efficacité, voyons l'idée générale de sa correspondance avec M. de La Porte. Cette idée, nous la connaissons déjà. Nous l'avons vue paraître dans le Journal Politique National^ et il me plaît de la retrouver dans des écrits confidentiels où il ne peut être accusé de parler pour la galerie. La plupart des royalistes qui en 4789 demandaient des réformes demandent en 1791 le retour pur et simple à l'ancien régime : il n'en va pas ainsi de Rivarol. Aujourd'hui comme hier, toutes les fois qu'il a l'occasion de s'entretenir avec un ministre ou un familier du roi, il répète le même conseil ^ Yoici comme il raisonne, en toute rigueur et avec une vue cruellement nette de la situation.
Il reste entendu que la Constitution est à refaire. Avant d'y songer, il s'agit d'empêcher la proclamation de laRépu-