Lettre à M. de La Porte, du 30 septembre
5. Voir dans le Premier Mémoiî^e le résumé d'un entretien qu'il a eu le 18 mars 1791 avec M. de Lessart.
blique. Le roi ne peut recouvrer sa popularité qu'en sacrifiant « tout ce qu'on appelle aristocrates * )>. La plupart d'entre eux ne méritent guère qu'il se perde pour eux. « Ceux qui sont restés, passent leur vie à Paris autour de trois mille tapis verts, et se consolent par la perte de leurs écus de celle de leur existence.... Ils ont des bals, des concerts;... leur unique cliagrin est de prévoir qu'il n'y aura pas de glace l'été prochain ^ ». Il en est de plus dignes et qui sont ajuste titre bien chers au roi? Ceux-là encore, qu'il les abandonne s'il les aime. Par là seulement il peut les sauver d'une ruine totale, puisque par là seulement il peut enrayer la Révolution qui n'épargnerait ni ce qui leur reste de leurs biens ni peut-être leur vie même. Puisset-il s'attirer leurs reproches et leurs plaintes ! « Les victimes de la Révolution ne seront jamais plus près d'être protégées par le roi, que lorsqu'elles paraîtront ne plus compter sur lui ". )>
C'est donc une feinte? Le roi jouerait la comédie du jacobinisme pour être ensuite à même de leur rendre ce qui leur a été enlevé? Non. Le jour où il prétendrait rétablir l'ancien régime, Rivarol le prévient que la Révolution se réveillerait plus furieuse, et qu'il n'y aurait plus de remède.
Dans une belle page d'histoire il lui rappelle que ses prédécesseurs « ont toujours péri ou se sont toujours conservés par \di j^artie forte de leur temps ». L'heure est venue de renoncer « à Fappui de l'Eglise et de la noblesse », de renoncer à un appui « pourri », et d'en chercher d'autres dans la partie forte qui est le tiers état. « Car après tout, il faut que le royaume soit régi, c'est-à-dire que le roi règne; il faut que le vaisseau aille, quelque vent qui souffle.... Un roi n'est ni prêtre, ni évêque, ni gentilhomme, ni peuple :