‹ RivarolChapitre 141 sur 203 · Second Mémoire · texte numérisé non relu

Second Mémoire

3. Premier Mémoire. Noiv le beau livre de M. Sorel : V Europe et la Révolution,

4. Lettre du 30 septembre 1791.Rivarol avait pu croire un instant que le miracle allait s'accomplir. 11 écrivait en septembre 1"90 {Journal Politique National, 3" série, n" 7) : « Le roi vient de renoncer à sa vénerie et de mettre ses équipages en vente; l'Assemblée nationale en a conçu quelque alarme, et cette alarme est plus fondée qu'on ne pense. Un roi qui renonce enfin à la chasse, après y avoir perdu sa jeunesse et son trône, peut donner quelque inquiétude à ceux qui comptaient le laisser où ils l'avaient pris.... Cette résolution du roi... nous a fait, en particulier, le même plaisir qu'éprouva Racine, quand Louis XIV, averti par quelques vers de liritannicus, cessa de danser en public. » Il a des rapprochements qui manquent un peu de modestie.

seconde Assemblée va remplacer la première et où la Révolution marque comme un temps d'arrêt, il s'applique à détruire l'un après l'autre les prétextes que l'homme pourrait opposer au roi. Le veto'! Chimère! Roseau qui se briserait dans la main de Louis XVI dès qu'il voudrait s'en faire une arme! L'armée de Coblentz? Loin de lui venir en aide, elle lui a déjà nui considérablement; et les ressources dont elle dispose sont plus qu'incertaines. « Comment M. le comte d'Artois sera-t-il jamais bien sûr des véritables intentions de l'Empereur et du roi de Prusse? Il est plus que probable que ces puissances n'accorderont aux princes émigrés (s'ils accordent quelque chose), n'accorderont, dis-je, qu'un secours au-dessous d'une si vaste entreprise; ils donneront de quoi tourmenter la France, et non de quoi la retourner. D'ailleurs, quand même les puissances étrangères seraient magnifiques dans leurs dons et fidèles dans leurs intentions et dans leur conduite, quand même les princes français, après avoir renversé tout obstacle, entreraient triomphants dans Paris, il me semble que leurs embarras recommenceraient le lendemain de leurs succès : ce n'est pas tout de vaincre, il faut régner; et pour régner, il faut payer. Que ferait le roi avec cette noblesse qu'il faudrait remplumer, avec ce clergé qui redemanderait ses bénéfices, avec tout l'ancien déficit, et près de deux milliards de bons ou de mauvais papiers qui circulent dans le royaume? » — Le roi ne redeviendra roi de France qu'en donnant à la France « la preuve qu'il ne veut plus être le roi des gentilshommes « *.

Neuf mois plus tard, la situation a bien changé. En opposant son illusoire veto aux décrets contre les émigrés, puis contre les prêtres non assermentés, le roi a mis le comble à la fureur du peuple. D'autre part, les troupes de la coalition ont passé la frontière : leur triomphe semble assez

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