‹ RivarolChapitre 161 sur 203 · Discours Préliminaire, p · texte numérisé non relu

Discours Préliminaire, p

été chrétiens, de si grands esprits ne sauraient lui sembler moins grands; mais une religion qui a été celle de Racine et de Bossuet, de Newton et de Pascal, ne saurait lui sembler ridicule.

Il a su profiter de cette leçon du passé. Débarrassé des préventions misérables qui aveuglaient son siècle, il voit dans la religion non pas la rivale, mais l'auxiliaire de la philosophie; il ne craint pas d'affirmer qu'au lieu d'obscurcir la raison, elle éclaire des millions d'âmes qui ne sauraient rien sans elle, qu'elle est une philosophie aussi, mêlée de belles fictions, revêtue d'une forme poétique, l'admirable philosophie des enfants et des femmes, des esprits modestes et des cœurs simples. Dégagez-la de ses petitesses; n'annoncez pas des apparitions et des guérisons miraculeuses *; mais laissez-lui ses belles cérémonies « aussi nobles que touchantes ^ », laissez-lui ses chants et ses temples. Elle ne travaille pas à soumettre une nation d'esclaves à un roi despote : elle travaille au grand-œuvre social, en élevant l'homme du peuple à la dignité d'homme, en lui apprenant à ne pas se décourager de l'effort quotidien, en le consolant des maux qui sont les crimes de la vie et non les crimes de la société. Ne faites point « présent de l'incrédulité à des hommes qui n'y seraient jamais arrivés d'eux-mêmes ^ ».... « La philosophie étant le fruit do longues méditations et le résultat de la vie entière ne doit ni ne peut être présentée au peuple qui est toujours au début de la vie \ » Avec vos petits écrits antireligieux en style de journaliste vous allez tuer la foi dans bien des

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