‹ RivarolChapitre 192 sur 203 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

(( M. de Lauraguais a comparé mon esprit à un feu qui brûle sur l'eau. Expliquer cela ^ » Faut-il expliquer aussi pourquoi Fontanes disait : « C'est un rayon de soleil réfracté dans un bloc de glace ^ ))?Nous n'en sommes pas à découvrir que cette flamme éblouissante, cette flamme aux mille reflets, est une flamme froide.

J'aime le cri qu'il a jeté à la fm de sa vie : « L'esprit est le côté partiel de l'homme : le cœur est tout^! » Ayons pourtant le courage d'avouer qu'il s'est là moins défini que critiqué. Quoiqu'il ne manquât point de cœur, il avait tant d'esprit qu'il ne pouvait y avoir équilibre. Il était, comme on dit à présent, un intellectuel : la passion était chez lui vie intense du cerveau, exaltation de l'idée. Il était du xvm® siècle lors même qu'il le reniait; du siècle qui a excellé à détruire et à railler, n'est-ce pas tout un? et n'a presque rien édifié. Pour édifier, pour créer, il ne suffit pas d'être très intelligent : « Vous conviendrez que c'est l'esprit qui nous a perdus! » gémissait après la débâcle un niais de l'émigration; et lui de répondre : « Et pourquoi ne nous avez-vous pas sauvés*?» La réponse est jolie.

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