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Son frère

2. 11 y a ici une coupure. Claude-François, qui possédait le manuscrit de la lettre, aurait voulu faire l'oubli sur le rôle que leur sœur Françoise avait joué auprès de Dumouriez.

arrivera. J'ai remis en même temps six louis qui doivent vous être comptés par MM. Bascou et Brunnemann, négociants et banquiers à Montpellier. Bagnols est un trou si reculé qu'on ne peut le trouver sur la carte de commerce. Au reste, le change étant contre la France, vous devriez toucher un peu plus de six louis. Dès que vous aurez reçu ma lettre et cette petite somme, vous m'écrirez directement sous cette adresse : A M. Fauche, imprimeur- libraire, à Hambourg, et sous l'enveloppe : A Vauteur du Dictionnaire. Votre lettre m'arrivera plus vite, et n'occasionnera... ^

(( Pendant la longue détention de mon frère et de sa femme, ce pauvre enfant ^ errait, morne, nu, dans les rues de Paris, et recevait le pain des sections. On lui avait déjà mis un fusil sur l'épaule, et je ne doute pas qu'il ne fût déjà aux frontières, si j'avais tardé plus longtemps à l'appeler auprès de moi. Je l'ai trouvé extrêmement rouillé; le Latin oublié et tout le reste à proportion : nous travaillons à réparer tant de ruines; ce n'est plus un enfant; il court sur sa dixseptième année, et le voilà haut de cinq pieds quatre pouces et plus. Il a de la douceur et de la noblesse dans la figure, la taille et la jambe belle, et ce qui vaut mieux, le cœur sensible et l'esprit juste. Il a un furieux désir de vous revoir. La plus belle émulation existe entre lui et son cousin '^, qui est un très-aimable enfant. Il se prépare à battre mon fils en latin, celui-ci prépare ses batteries en allemand qu'il parle déjà assez bien. 11 monte à cheval et dessine passablement; mais point de musique, quoiqu'il ait la voix belle. Je me suis aperçu que le chant ne faisait que des hommes frivoles et des histrions. A propos de cousin, Barruel m'a gratifié d'une douzaine de lettres; fatigué de sa fécondité, et peu jaloux de sa correspondance, je viens de lui écrire un mot qui n'exige pas de réponse. La nature en avait fait un sot, la vanité en a fait un monstre. Je plains bien sa mère.

« Il me semble que ma tante l'aînée * doit être mal à l'aise; ses petites rentes ont dû longtemps être payées en chiffons, et peut-être qu'elle ne touche rien en ce moment. Je connais votre cœur; ainsi je ne doute pas que vous ne veniez à son secours. Il faudra, sauf meilleur avis, lui donner dix écus par mois, mon intention étant de vous faire passer six louis chaque mois tant que ma situation me le permettra. Je voudrais que la roule que je me suis ouverte par Bordeaux et Montpellier fût sûre et prompte; nous éviterions par là le 5 pour 100 que la poste exige.

« Si, comme je le présume, vos deux boîtes n'ont pas résisté aux rigueurs de la Révolution, il faut que je vous dise que j'en ai encore deux autres que je vous réserve depuis longtemps, une d'homme et

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