‹ RivarolChapitre 55 sur 203 · Carnets · texte numérisé non relu

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Robert, de rélectricien Quinquet! Grimm, qui n'a pas l'habitude de louer les gens gratis, mais qui louerait n'importe qui pour un écu, insinue qu'il est à la solde d'une coterie *. Est-il à la solde d'Archimède, de Christophe Colomb, de Newton, dont il évoque et honore la mémoire? Est-il à la solde du pauvre abbé Mical? J'aime à me rappeler qu'il s'est rencontré avec l'intègre et généreux Mallet Dupan pour rendre hommage à Mical ^ Celui-ci avait mis trente ans à créer ce clavier qui devait être « l'imprimerie des sons », et réalisait, semble-t-il, par des procédés de mécanique le prodige obtenu de nos jours par l'électricité. Les jaloux organisaient autour de lui la conspiration du silence; ils s'évertuaient à détourner de lui l'attention du public en exposant sur les boulevards une poupée qui était pure supercherie. « Elle parle, dit ironiquement Rivarol, elle parle sans remuer les lèvres et sans le secours du plus petit ressort,... elle fait des questions très-captieuses et même de jolis madrigaux. On la suspend en l'air avec des rubans,... on la prend même entre les mains; et ce qui peut encore augmenter le merveilleux, c'est qu'en suspendant une pantoufle à la place de la poupée on n'entend pas moins les questions captieuses et les petits madrigaux. . . . Au reste, on vient d'observer qu'elle s'est enrhumée, puisqu'elle a toussé plus d'une fois très-distinctement ^ » A peu de temps de là, méconnu, rebuté malgré le plaidoyer de Rivarol et de Mallet Dupan, en proie à la plus affreuse misère, Mical brisait son chef-d'œuvre et mourait de désespoir. Je sais gré à Rivarol de s'en être souvenu en 1797; l'édition qu'il publie alors chez Fauche du discours de r Univeî'salilé contient une note qui est l'épitaphe vengeresse de Mical. M. le baron de Grimm dira-t-il que le mort la lui a payée?

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