‹ RivarolChapitre 62 sur 203 · Prospectus du Nouveau Dictionnaire, p. XV · texte numérisé non relu

Prospectus du Nouveau Dictionnaire, p. XV

il nous fait valoir M » En effet : son discours est un autre Panégyrique dC Athènes. Il y caractérise fortement, et sans marchander la louange, chacune des nations voisines ; mais les statues de l'Allemagne, de l'Espagne, de l'Italie, de l'Angleterre, sculptées en beau marbre polychrome, ne servent en somme qu'à orner les quatre angles du monument dressé à la gloire de la France, de cette France dont « tout le monde a besoin » ^ Qu'il cherche dans le génie de ses écrivains, dans le caractère de ses habitants, dans sa position géographique ou dans la grandeur de ses annales les causes de l'universalité de sa langue « sociale » entre toutes, le même élan d'orgueil national l'emporte. Il disait au début : « Le temps semble venu de dire le monde français, comme autrefois le monde romain » ^ A mesure qu'il développe sa thèse, qu'il montre la France donnant « un théâtre, des habits, des goûts, des manières, une langue, un nouvel art de vivre et des jouissances inconnues aux Etats qui l'entourent », il ne se contente plus de comparer sa grandeur à celle des Romains qui « s'engraissèrent de sang et détruisirent jusqu'à ce qu'ils fussent détruits » *. Elle est la reine des nations civilisées. Elle est sa chère et belle France. Il la veut plus belle encore.

Le xvni^ siècle parle beaucoup de progrès, et secoue résolument le joug de la tradition ^ Rivarol a le culte de la tradition : est-ce donc qu'il soit ennemi du progrès? Ou bien serait-ce qu'il s'en fait une idée juste et vraiment philosophique? Il eût applaudi à la déclaration de Renan : « Les vrais hommes de progrès sont ceux qui ont pour point de départ un respect profond du passé ^ ». Tradition

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