‹ RivarolChapitre 81 sur 203 · Lettre sur le Globe aérostatique, notes · texte numérisé non relu

Lettre sur le Globe aérostatique, notes

i30 RIVAROL. •

siècle s'est affadi sur le sublime : on s'ennuie à l'Académie ». A elle aurait dû pourtant appartenir Tlionneur (( de nous donner une orthographe, de fixer la véritable acception de chaque mot, de les classer par racine et par famille, de poser enfin les limites de la langue. N'est-il pas étonnant qu'elle ne nous ait pas fait encore un bon dictionnaire? » Puis, comment ne se décide-t-elle pas à substituer aux « convulsions oratoires » et aux « moules usés du panégyrique l'éloge historique de quelques grands hommes, suivi de l'analyse de leurs ouvrages et d'observations sur la langue?... Saint Louis, pour avoir été tant loué, n'en est ni mieux connu, ni plus estimé \ »

Il y a loin de ce blâme, si sensé sous un air de badinage, à la violente diatribe de Ghamfort. « En perdant l'Académie, écrivait Rivarol en 1797, nous avons perdu un grand tribunal ^ » Il n'en avait pas demandé la suppression; il n'avait voulu que réveiller les juges endormis sous leur vieille perruque Louis XIV.

Aussi les prend-il à partie les uns après les autres. A quelques-uns d'entre eux, à ceux dont la renommée est grande et dont l'exemple est particulièrement nuisible, il fait l'honneur d'une brochure spéciale. Tandis que le poème des Jardins, publié depuis deux mois à peine, en est à sa septième édition ^ il lance coup sur coup sa Lettre au Président, son Dialogue du Chou et du Navet-, et si l'idole des salons, plus fragile qu'une statuette de Saxe, ne doit tomber en poussière que trente ou trente-cinq ans plus tard, elle a désormais la fêlure qui va peu à peu la mordre et en faire le tour *. Quel plan, demande-t-il à Delille, quelle suite parmi tant de préceptes ou de sem-

Page 1