Journal Politique National, i'" série, n
2. Id., V^ série, n" 11. La même idée se retrouve dans les Mémoires de Malouet, qui semblent en tant d'endroits la paraphrase du Journal Politique National. Mais Rivarol lui-même emprunte ici un mot à Lauraguais. L'influence de Lauraguais, esprit original, à la fois brillant et confus, passionné pour les sciences, en particulier pour la chimie, aristocrate impertinent, toujours prêt à défier la canaille, et en même temps frondeur hardi de tout despotisme, royal ou populaire, — son influence a été considérable sur Rivarol. J'en ai déjà dit un mot. Ils avaient mêmes goûts, souvent mêmes idées et mêmes ennemis. Lauraguais avait attaqué Necker dès son premier ministère, et si rudement que celui-ci aurait dit à M. de Vaudreuil (voir Bertrand de Molleville, Mémoires, p. 59) : « Ce gueuxlà!... quel plaisir j'aurais à lui plonger un poignard dans le cœuri » 11 l'attaquait encore dans une Lettre du 15 février 1789. Dans sa Réponse à Mme la marquise de... (18 février 1789), où il a terriblement exécuté Cerutti, il annonçait « une insurrection qui armerait les passions humaines contre les intérêts de la société », et je reconnais là un ami de Rivarol. Le 22 avril 1787, il avait écrit au roi : « Le seul moyen d'éviter une révolution quelconque, est d'en faire une. Le seul moyen d'empêcher une destruction totale est de passer à la Constitution anglaise. » Mais qu'il est loin d'avoir le talent de Rivarol!
Dans une note du n° 21 de sa 1''° série, Rivarol renvoie le lecteur à la Dissertation de M. le comte de Lauraguais sur les Assemblées nationales.