‹ RivarolChapitre 34 sur 49 · LE DÉISTE-THÉOLOGIEN · texte numérisé non relu

LE DÉISTE-THÉOLOGIEN

Déiste-théologien : on s'est servi de cette expression pour

(i) Le désir est à la passion ce que le plaisir est au bonheur : mais le désir devient sourent passion, et nul plaisir n'est encore devenu - bonheur. R.

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agO RIVAROL

disting-uer M. Necker du déiste-philosophe. Celui-ci n'osa pas prononcer sur la nécessité d'un culte; il admet un Dieu formateur de l'univers, qui doit réunir toutes les perfections nécessaires à son essence, et non telles que nous les imag-inons. Il ne croit pas que la morale ait besoin des promesses d'un paradis ou des peines de l'enfer, pour dirig-er l'honnête homme, et le rendre heureux. Il ne croit pas enfin que l'Evang-ile ait rien appris aux hommes en fait de morale: le pardon des injures, la modestie, la charité, etc., tout cela est fortement recommandé dans tous les anciens moralistes. L'Evang-ile les a copiés; et dire que sa morale est plus parfaite que celle de Zenon ou de Cicéron, est une de ces fraudes pieuses qu'on ne devrait plus se permettre, d'autant que la relig-ion chrétienne n'en a pas besoin, L'Evangile nous a appris que les Gieux s'ouvraient à une certaine hauteur ; qu'il y avait trois personnes en Dieu ; que la troisième personne descendait en forme de colombe; que la seconde personne viendrait jug-er les vivants et les morts; que le diable entrait dans le corps des g"ens, etc.. Voilà incontestablement ce que l'Evano'iie nous a appris, et ce que l'esprit humain n'aurait pu imaginer, tant la science est impuissante et vaine! [Lettres à M. Necker,)

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