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PÉRIODE MOYENNE

« Hors de France, la connaissance du français était très répandue, surtout au xvie siècle ; ainsi qu'au moyen-Age, on le regardait toujours comme la langue la plus délitable àouïr. En 1.549, Pelletier écrit : « En Angleterre, au moins entre les princes et en leurs cours, ils parlent français en tous leurs propos. En Espagne, on y parle, ordinairement françois es lieux les plus célèbres. A la cour de l'empereur, on n'use, pour le plus, d'autre langage que françois. Que dirai-je de l'Italie, où la langue françoise est toute commune ? (2; » Un autre grammairien, Pillot, écrit dans

(i) A la même époque, des mots français pénètrent en grand nombre dans les autres lanerues européennes, notamment dans l'allemand, qui nou9 emprunte mi'-mé un snï^xederen). On peut encore écrire en anglais en n'usant presque que de mots d'origine française.

(2^ On n'a pas respecté, en citant M. Nyrop, lorthographe réformée de Pelletier.

sa Gdllicœ lanffiiœ inslilaUo i l.joO) : « On ne rencontre aujoiirdhni, non seulement en Allemagne, mais encore dans tonte llùiropc, ({ue très peu d'hommes qui ne veulent pas que leurs cnlants apj)rennent le fran(;ais. Ceux (jui sont nobles comprennent que rien n'est plus utile pour accroître la considération, ceux qui ont quelque fortune y voient un moyen d'arriver aux honneurs, ceux qui sont pauvres pensent aui^menter par là leur avoir. » A ]a Hn du siècle, le flamand Melléma dit en tète de son dictionnaire flamand-fran(;ais : « La très noble et très parfaite lantçue Iranroise règne et s'use pour la plus commune, la plus facile, \ oir la plus accom[)lie de toutes les autres en la chrétienté .. Si nous en voulons juger sans passion, il nous faudra confesscrquc tous les Flamengs, avec leur seize provinces nommées le Pays Jias, s'en servent, quasi comme les Valons et François mesmes, (S marchés, es foires, es cours, les paysans en assez grand nombre, les citoyens et les marchands pour la plus part, les gentils- Iiommes : brief les parlements et secrétaireries, le clergé avec les <^studiens. Ouelqu'uns en Canarie, aucuns en Perse, et en Afriijuc, comme à Tripoli, Alger et Faiz, l'usurpent par ouy dire. Puis grande partie d'Alcmaigne, du pays de Levant, de Mascovie, de Pologne, d'Angleterre et d'Ecosse usent de ladite langue. Le mcsme se fait en Italie en maincts endroicts, mesmement en Insubria, Piedmont et Lombardia, sans que je di de la Turfjuie t't d'Egyj)te, commeà Caffa, à Pera, à Tripoli asiatique, à Aleppo et à Alcaire ou Alexandrie. »

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