‹ Rivarol, sa vie, ses idées, son talent, d'après des documents nouveauxChapitre 15 sur 211 · Vie d'Antoine Rivarol · texte numérisé non relu

Vie d'Antoine Rivarol

4. Il y a une lettre de lui, adressée à Cubières et signée ainsi, sans date, dans les notes de la Vie d'Antoine Rivarol. M. de Lescure a reproduit un curieux passage d'une Notice sur Antoine Deparcieux, celui qui a eu maille à partir avec Rivarol; la Notice est d'un professeur aux Ecoles centrales de la Seine nommé Mahérault (Paris, Ballard, an VIII). Le bon M. Mahérault a cru devoir, en rappelant cet incident de la vie de son grand homme, traiter Rivarol de chevalier d'industrie et de voleur. Que n'ajoute-t-il que Deparcieux s'est conduit là comme un bourru? Ce Deparcieux, qui n'était lui-même que le petit-neveu du « respectable savant », a été professeur de physique et de géométrie au Lycée et à l'Ecole centrale du Panthéon. Rivarol ne s'est vengé de lui qu'en refaisant certain jour un de ses calculs et en observant d'un air détaché que « M. Deparcieux s'était trompé ». (Voir la Lettre sur le Globe aérostatique, notes.)

petite disgrâce où les torts n'étaient pas de son côté. « Faisant allusion à la figure commune et à l'expression pesante du respectable savant », Voltaire lui dit : « Pour croire que vous êtes le neveu de M. Deparcieux, il ne faut ni vous voir ni vous entendre » \ Bientôt, il quitte Versailles et se fixe à Paris. « Il était pauvre,... ses amis lui prêtèrent de l'argent, et il leur en témoigna sa reconnaissance avec tant de grâce qu'ils le remercièrent de l'avoir accepté2 ». A Paris, en un rien de temps, il a sa place faite; il est quelque chose comme le ténor ou le pianiste en renom que les salons se disputent. Il fréquente les gens de lettres, est introduit chez Dorât, séduit d'Àlembert et Voltaire, Buffon et Diderot 3; Panckoucke lui ouvre le Mercure de France-, les libraires le sollicitent 4; les hommes lui offrent leur bourse et les femmes leur cœur. Seul, le demi-mystère

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