‹ Robert BrowningChapitre 25 sur 27 · II. — Poèmes d'après l'Antiquité grecque · texte numérisé non relu

II. — Poèmes d'après l'Antiquité grecque

Les plus importants peut-être de tous ces grands poèmes que, faute d'un meilleur nom, nous appelons didactiques ou psychologiques sont ceux qui ont été inspirés par l'antiquité grecque. Le premier : L'Aventure de Balaustion (1871) raconte comment Balaustion, jeune fille de Rhodes, sauva d'un immense danger des Athéniens tombés au pouvoir de leurs ennemis en récitant à ceux-ci des vers d'Euripide. On sait qu'Euripide, à cause de sa psychologie humaine, était le poète favori de Browning comme de sa femme ; c'est elle-même qui l'avait appelé « Euripide l'humain auxlarmes chaudes et ruisselantes ». Balaustion célèbre ses louanges et raconte, en une traduction presque littérale et commentée, toute une pièce, VAlcesiey que Browning introduit dans son récit. Une deuxième aventure de Balaustion est racontée dans V Apologie d'Aristophane. Athènes a péri et la jeune fille évoque les souvenirs du temps de sa gloire. Parmi ces souvenirs, elle rappelle surtout la soirée où Ton apprit la mort d'Euripide, soirée où Aristophane qui l'avait dénigré, vint dans sa maison à elle se disculper et faire l'apologie de son œuvre. Ces deux poèmes pourraient donner à des anthologies de Browning des extraits abondants et pleins de lyrisme ; ils sont remarquables aussi par la création de Balaustion, type pur et gracieux de jeune fille, énergique et tendre à la fois, cultivée, enthousiaste de beauté, et capable à elle seule de faire revivre devant nous toute la splendeur de l'antiquité grecque. En outre, dans le premier. Browning déploie son talent de classique pur, mesuré et châtié comme dans le prologue d'Artémis de ses anciens recueils; dans le second, c'est l'érudit surtout qui se montre, avec une connaissance profonde et familière de la vie ordinaire dans Athènes et de toutes les choses grecques, politique

intérieure, art ou littérature, tellement qu'on peut faire sur son poème de véritables commentaires de scoliastes, vers par vers, comme on l'a fait pour Aristophane luimême. Dans cette dernière partie est introduite sa traduction de VHeraclèa d'Euripide. Enfin il a complété cette grande œuvre de résurrection grecque par la traduction en vers de VAgamemnon d'Eschyle (1877), traduction plus fidèle et à allures plus grecques qu'aucune de celles qui l'avaient précédée.

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