ÉTUDE DE
DliKN
Ce soir-là le petit BloDCOurl débutait daas Chatterton. La pièce, non. pa&oubliée^maia. endormie depuis des années, restreinte à Tintiinité^ aa renfermé do livre, avait toute la nouveauté et Tintérét d'une piemière. Ceux qui la coBûaissaient sans ravoir vu louer assistaient curieusement à cet épanouissement de Tceuvre interprétée, où certaines beautés, surtout les finesses, disparaissent, se dispersent, se volatilisent pour ainsi dire au feu de la rampe^ tandis que d*autrès éclatent à l'improviste dans le mouvement des voix et des gestes. Ceux qui avaient assisté aux anciennes représentations étaient heureux de retrouver deux heures de leur jeunesse, un regain des premières émotions artistiques. Bref ce beau vieux drame, arrivant au milieu des banalités du jour, enthousiasmait et rajeunissait toute la salle.
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lï fàat dire qu'on n'aurait pc rêver tm Chattertbw pli» séduisant que ce pettï Koracotïrt. PIfe et petlt-flak de comédîenB, ce jeune homme a du sang de graiéP artiste dan? les veines et tenait à nous* le prouver ce
Otaifr Fagitation êm wpfUm^Betaente^ au milieu de !Mt» ces paires d'yeux, de tinitesces mains ten-^ da» yerê la scène, j*apercefais de temps en temps xme bdte figure^ fmmobfle, sortant de Tombre des coidolis^ p^ à la lumière des- lustres. C'était le père BloncoQvt, vmapouraBsisleratt Driomplie de son &^. Très^nm, Il cbangeait smivent(<fe pktce, paraissafTât tOBB le» étages du tItéMre, tontât dans l^ébloaîsse^ TBimtâiBs loge9, tanOM dans la eonflffiiou' des gaFeraes, (mme a-il ettt voulu mesurer, voir sobb. teut^^s sesfaces^ ee" succès qui élait nm peu le^ sieff. La salle l'avait reeonutt et se lé montrait On* disait : e Hegantes done le père Bl<meourt... A-t^il Tair heu*reux t » Et parfois des gens^ qui applaudîasaient, se Umruaienr ie sou c0t8^ voulatit faire participer le grand artiste aff triontpbe de son élève et de son' eu-^
ffiM qafm efflet, il n'y a-pasde gleive^pitecouffii^
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que celle des comédiens. Sitôt qu'ils ae jouent plus, c'est fioi. On ne s'occupe plus d'eux» Ils ont le sort de la parole entendue, que Tair emporte si belle qu'eUe soit, du son évanoui dès que la note est donnée. Hais cette fois, grâce à son fils^ le vieux Bloncourt allait écfaapper à cette terrible destinée des grands comédiens. Il voyait une gloire nouvelle sortir de sa gloire passée, et commencer au bout de sa vie artistique une autre vie, pleine d'espérances. Aussi l'émotion du pauvre homme était grande. Il avait, en écoutant, des mouvements nerveux, des tremblements de lèvres. Puis, à chaque entr'acte, on le voyait rôder dans les couloirs^ écouter aux groupes ; et quand les poignées de mains, les félicitations allaient vers lui, il rougissait, se dérobait avec un embarras de débutant, une modestie paternelle vraiment touchante.
Passant à son côté dans un de ces moments-là, je ne pus me défendre d'un mouvement de sympathie vers ce bonheur silencieux.
— Vous devez être bien heureux, lui dis-je en lui serrant la main... C'est un grand succès...
Je sentis une main froide, couverte de sueur, qui se dégageait brusquement, presque avec colère.
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L*homme eut un sourire affreux en me regardant : — GommentI vous aussi... vous me complimentez... Il n'y en aura donc pas un pour comprendre tout ce que je souffre... Ah I tenez, j'étouffe. Sortons. Et il m'entraîna deliors.
Un vent glacial soufflait sous les galeries ; mais le vieux comédien n^y prenait pas garde, c Âb l c*est bon... c*e3t bon... disait-il en buvant Tair avec délices. J*ai cru que j'allais devenir fou là-dedans. Depuis deux heures que j'entends ces applaudissements, ces félicitations imbéciles qui ont l'air d'une raillerie... Ça vous étonne, ce que je vous dis... Eh bien t oui, je suis jaloux. Je suis jaloux de cet enfant qui est le mien^ et jaloux à en crever, là I... C'est affreux, n'est-ce pas?... Mais aussi pourquoi m'a-t-il volé mon rôle? C'est moi qui devais le jouer, ce rôle-là. C'est mon emploi, et d'ailleurs Vigny me l'avait promis. Huit jours avant de mourir, il me disait : c Blon« court, quand on reprendra Chatterton^ je compte sur vous. » Et vous pensez si j'attendais cela ^vec impatience. Depuis si longtemps que je ne jouais plus, Paris commençait à m'oublier. J'espérais que cette création me ferait une seconde jeunesse, un renou-
Twa^de jncGÉB, et jour ost oiîitf'âtHiisiiB. JeitooBvais âBBCbosee J'âtançrêt*.
j[«.. Voità qa'un SDifin ie ipefit:arri«e &fo maâiOB, i»6 MotaaaiHm. ~ « Mil plie l'^n^îe «^ je vais jouer Chatterton. » fl 4umitt InflD, *M, nâeux tqte .peifimme, ia promesRe qijîi loi'aTait ^Mé laite ; mais dans Jtt joie M n'y pensait fin^ ieBe dUm i te «K <(e l^heiir si lâgdlstel fiehii^Ut m dMDait un gnmd CDop de cofltean en viast. !H m'aiprit qu'on «voit dlahord pensé i moi fsnr le vOle, mais -cjif^OB «e Inonvait^rop marqué... Tr^p maorqnél ... II7 a -Se quoi l^ôtre en elht Wfec des fléoeflKons parles «flans sa vie. ie suis sûr qu'en cinq mhiules fni eu vingt ans ût i^lus sur la 4éte... Bncofe ai le pefit avarKeuim mot de regret, de tendresse, je lui aurais *Mi simplem^t : € Ne joue pas ça, to vas me tuer. » Et je suis flir qu'il ne Taurait pas joué, car enfin il m'aime, cet *6nfanst. Hais la ^rté m'a wtenu. Vous avons causé ^du rôle. Il m'a demandé «des conseils. Depuis deux BUPB k 'broctiure 'était aur ma lable. Nous Pavons lue ensemble, ile lui moûtraû oomment je compreinaîB k xhose. Se 4emps en temps, il m'échappait, iepffdait latHmôaief et avec des yeux que je n'ai
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jdii8, M jçpti ûoaiiatt jûen le ^poUic .de JDainteoaol, il dâcouYraii des idées où je n'en To^Lispas... Cei^i^e j*ai souffert dans cette petitaséance i Non, YoyeaB-viuiBt ilfant y avoir passé. £t pourtant tout cela n'est lian aiy)iâs. de .mon. martyre de ce soir...
*€ Obi je ntaujraîs [pas dû venir ce soir. Mais c'était pins fort gue âOoL .La cnnosité «t jieot-étre aussi, je sois honteux de l'avouer, le secrel.e8poBrdejBaisir au miMeu de8.tu:avos<un r^rot, un souv^ûi pour moi, d'enteodw quelQu'jui jdire 4ans la salle : c Ahl si Je pètû JBloncouxt avait joué gai j Eh lùen^ non. JRîflD, pas un mot. Us avaûeat assez à iUre à apfdaudir. Pourtant il ne joue pas bien, ce garçon-là. 11 est même très-mauvais. Quand il est entré, j'ai cru qu!on allait siffler. Est-ce qu'il sait marcher, seulement? Srt-ce qu'il sait se tenir en scène? Dans ce grand r61e si cherché» si .CQau>osé, a-t-il trouvé un efliat^ quidgue chose ?J{ûq. Il «'est jeté .là-4edansii ix)ips perdu avec l'étourderle âe la .jeunesse* La foqgue iui tient lieu de tale«2L Tenez» .danftU gcande scène a^nec Ketts; quand Gh«Ueiton^ i
Et voilà le pauvre h^mme parti k me détailler les défauts de son fils. U imitait ses intonations, «es ges-
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