L ENFANCE IJ
a Councellor of Lawe. " ^ En tout cas, moins de trois semaines après la mort de Nicholas, le Grand Aumônier de la Reine, qui était alors Richard Fletcher, évêque de Bristol - — le père de John Fletcher le dramatiste, et l'oncle de Phineas et Giles Fletcher — rendait une très longue ordonnance où il déclarait, en un style verbeux et pompeux à souhair, renoncer à tout droit sur les biens et effets du défunt :
" Or sachez, y disait-il entre autres, que moi, cvcquc Aumônier... gagné par des sentiments de charité, et pour diverses autres bonnes causes et considérations me touchant spécialement, j'ai donné et j'ai accordé en aumône, et par ces lettres patentes donne et accorde en aumône à Julian Herrick veuve dudit Nich'as Herrick, décédé, et à leurs ayants cause tous les droits, titres et intérêts que moi, le dit évêque Aumônier ai, aurais, puis, pourrais, ou devrais avoir sur, dans, ou à tous les biens dudit Nich'as Herrick..."^
Si douloureuses qu'aient été pour Juliana Herrick les circonstances de cette mort soudaine, dont nul sans doute ne perça jamais le secret, la situation matérielle de la veuve ne demeurait nullement précaire. Par son testament, homologué et enregistré par la " Prérogative
membres délégués par la corporation pour la réception du roi Jacques I"^ dans la Cité (15 mars 1604). Reniemhrancia, ouv. cit., p. 441.
' T/ie Fisitatioin of Bed/ords/iire... ou-tj. cit., p. 143.
^ C'est lui qui, cinq années auparavant, étant encore Doyen de Peterborousïh, avait officié comme cliapclain à l'exécution de Mary Stuart au château de Fotheringay (8 Février 1587). Le " So f>fris/i ail enemies oftfie Oucen " qu'il prononça à haute voix aussitôt après le coup fatal ne tut point étranger sans doute à sa rapide fortune. Voir P'roude : History of Eii^/anJ... London, 1870, vol. 12, pp. 336-40 ; Mrs. Maxwell Scott : T/ie TrageJy of Fot/jeriii^a\; Edinburg, 1905.
' Ce document, reproduit en entier dans VAppeiiilice A (II), détruit complètement la \ersi()n adoptée par les biographes de Herrick, par Grosart en particulier (|ui écrit {ouv. cit., p. XLI) : " After weary and wearing litigation, the matter was referred to arbitration, and the Bishop was awarded 210 li. only, " in satisfaction of ail pretensions. " It was 220 li. taken graspingly from the " widowand the fatherless " — one of, alas ! many unscrupulous actions of this constantlv impecunious Bishop. " Avant de rencontrer cette preuve décisive, nous axions longuement cherché, au RfcorJ Office, les traces de ce prétendu procès. Mr. Moorman a eu connaissance du document, mais n'en cite que la première j^artie (p. 13), qui reproduit, en la délayant, la lettre du " Privy Council " que nous connaissons.
l8 ROBERT HERRICK
Court" de Canterbury le 13 février 1593, ^ le défunt lui accordait le tiers de sa fortune, et celle-ci, au lieu de s'élever à trois mille livres comme il était prévu, ^ en réalisa, lors de l'inventaire, plus de cinq mille. ^ Sa fortune personnelle,* d'autre part, devait être assez considérable : trois mois plus tard, le 20 mai, devant " Robert Hericke, de Leicester, commerçant en fer, administrateur de tous les biens et effets de feu Nich'as Hcrrick, et William Herick, citoyen et orfèvre de Londres, frères dudit Nicholas, " elle renonçait généreusement, en faveur de ses enfants, aux treize cents livres qui constituaient sa part d'héritage. ^
Ici prennent fin les documents qui nous permettaient de reconstituer, avec quelque exactitude, les événements qui précédèrent ou suivirent la naissance de Robert Herrick. Dès ses années d'enfance en effet, nous sommes livrés aux conjectures. Une tradition, rapportée par John Nichols, le diligent chroniqueur du Leicestershire, veut que William, le fils posthume de Nicholas, soit né en 1593 à Hampton, chez une des sœurs de Juliana, femme d'un certain Henry, ou "Harry" Campion." La plupart des biographes de Herrick ont repris et développé à plaisir cette simple donnée. Partant du séjour de Juliana Herrick à Hampton, qui ne fut peut-être que momentané, la pauvre femme ayant pu demander l'hospitalité à sa sœur pour cette
' Wills Pro-ved in tlie Prérogative Court of Canterbury, 15 84- 1604. Compilée! by S.A. Smith and E.A. Fry, London, 1901, vol. 4, p. 208. Un nouvel acte probatif fut délivré le 26 nove nbre 1601.
" " My State is worthe three thowsand poundes I give to my Loving wyfe Julyan Hericke the thirde parte which is one thowsand poundes. "
5.068 exactement, dont 400 pour la maison de Cheapside, ce qui correspond à plus de 25.000 livres de notre époque. Miscellan. Genealog. et Herald., ou-u. cit., p. 64.
* Le nom de son père apparaît à plusieurs reprises dans les Domestic State Papers il propos d'achats ou de ventes.
^ Voir à l'Appendice A (III), l'acte de renonciation.
'^ Ouv. cit., vol. II, pt. II, p. 631. — Ce Henry Campion aurait été le troisième fils de Henry Campion de Londres, et de Margaret, sa femme. Son frère aîné, William, acheta Combwell Manor, dans la paroisse de Goudhurst, Kent, où il mourut en 1615. Voir The Fisitation of Kent, 1619, pp. 95-6; et E. Hasted : The History and Topographical Sur-uey of the County ofKent, London, 1790, Art. Goudhurst.