L'APPRENTI ET L'ÉTUDIANT SIR WILLIAM HERRICK
L'année 1607 marque une étape décisive dans la biographie de Herrick. Le jeune homme, qui vient d'avoir seize ans, entre comme apprenti dans la boutique de son oncle et tuteur. Sir William Herrick, l'orfèvre de Wood-Street, et par le contrat d'apprentissage, daté du 25 septembre, s'engage à demeurer avec lui pendant "dix années complètes et écoulées":
" ... Durant ce terme, poursuit le document, ' le dit apprenti servira fidèlement son dit maître, gardera ses secrets, exécutera ses ordres légalement donnés avec plaisir et en tout lieu. Il ne causera nul dommage à. son maître, ni ne souffrira qu'il en soit causé par aucun autre sans qu'il s'y oppose de tout son pouvoir, et en prévienne son maître sur-le-champ. Il se montrera ménager des marchandises de son maître et ne les prêtera illégalement .î personne. Il ne forniquera ni ne contractera mariage durant le dit terme. Il ne jouera point aux cartes, aux dés, aux dames, ni à aucun jeu illégal dont son dit maître pourrait éprouver quelque perte en sa propre marchandise ou en celle d'autrui, durant le dit terme, sans la permission de son dit maître. Il ne mendiera ni ne volera. Il ne fréquentera point les tavernes ni ne s'absentera du service de son maître de jour ou de nuit, illégalement. Mais en toutes choses il se comportera en apprenti fidèle envers son maître et tous les siens, durant le dit terme. Et le dit maître enseignera et montrera au dit apprenti de son mieux, comme il est dft, tout ce qui concerne son
' Conserve paiiiii les papiers de la famille Herrick, à Ik-aunianor Park, Leiccstershire ; sijjnalc par W.C. Hazlitt, p. X'III,et Grosart, p. XLV, publié par Mr. Moornian, pp. 331-2. Nous n'avons pu, à notre jjrand ref^rct, avoir accès à CCS papiers. La propriétaire actuelle de Beauuianor, Mrs. \N'. Perry- Herrick, veuve (lu dernier descendant direct de Sir William, a bien voulu nous assurer '' I cependant "qu'ils ne contiennent rien qui n'ait déjà été publié."
art, et pourvoira au manger, au boire, au vêtement, au logement, et à tous les autres besoins dudit apprenti, conformément à la coutume de la Cité de Londres..."
L'orfèvre de Wood-Street qui en 1607 prenait ainsi sous sa garde le fils de son frère Nicholas, comme il avait été accueilli par lui dans sa maison de Goldsmiths' Row quelque trente ans plus tôt, était devenu un personnage considérable. Admis dans la faveur d'Elizabeth envoyé par elle en ambassade auprès du Grand Turc, ^ capable de satisfaire, dans les dernières années de son règne, à ses continuels besoins d'argent, il avait su tirer de sa haute situation de gros profits. Dès 1594 il achète aux agents de Robert, comte d'Essex, la propriété <Je Beaumanor, " un ancien castel entouré d'un large fossé poissonneux, avec pont-levis, jardin, verger et dépendances, " ^ situé dans le Leicestershire, à quelque distance de la forêt de Charnwood, et Elizabeth lui en confirme la possession quatie ans plus tard, par lettres patentes adressées " à son très aimé et loyal serviteur, William Heyrick, Esq." '^ Le 6 mai 1596, il épouse Jane, fille de Richard May, un des principaux marchands-tailleurs de Londres dont l'un des fils, Hugh, deviendra Gentilhomme de la Chambre Privée de Jacques P'', et l'autre, Humphrey, Chancelier du duché de Lancastre. ^ Les habitants de Leicester envoient William Herrick au Parlement le 16 octobre 1601, et il leur offre, l'année suivante, douze cuillers d'argent. ^ Londres demeure la résidence principale de l'orfèvre et le centre de ses affaires. L'avènement •de Jacques P'' lui apporte un surcroît d'honneurs. Il est nommé
' L'objet de sa mission est inconnu, mais ce fut lui qui rapporta, dit-on, la lettre de compliments adressée à Elizabeth, commençant par : " Most sacred Quine and noble Princis of the mightie worshippers of Jésus... " datée du 25 mars 1581-82, et imprimée dans The Gentleman s Magazine (1792, Pt. H, p. 1071). Nichols, qui signale le fait (owv. cit., vol. IH, pt. l, p. 150) ajoute comme preuves " some authentic documents in the family, his own picture, in a Turkish dress, and that of a Turkish lady whom he brought back with him, which used to hang in the dining-room at Beaumanor. "
' Â Description of Beaumanor, 1594, cité par Nichols, Ib., p. 146,
•" 18 Août 1598. Ib., p. 150.
* Ib.
'■> The Records ofthe Borough of Leicester, owv. cit.. Hall Book, vol. IH, pp. 217 £t 240.