‹ Robert HerrickChapitre 37 sur 88 · V. 45 et · texte numérisé non relu

V. 45 et

Hère .1 shcphcards boy piping, .is though he should ncver bc old.

Arcadia, Book I, 2 ; ou encore :

...thc Cock (the Plow-ni.nn*9 Home) Calls forth the lilly-wristed Morne vv. 19-20 et :

...thc lilj'-h.indcd Morn Saw l'hoebus ste.iling dew froni Ceres' corn.

Britannias 'Pastorals, I, m, w. 195-6.

' E. Haie : oiiii. cit., \t. 179.

c'est la charrue qui est le trésor du royaume ;

de là, tu pars vers les prairies tout émaillées,

et tandis que ton pied en foule le gazon,

tu reconnais la trace, en chaque fleur, chaque herbe,

de la présence et de la puissance de Dieu.

Des vaches aux gros yeux te lancent leur haleine

dont le parfum est doux comme la fleur de vigne ;

tu admires ton grand troupeau au poil luisant

plongé jusqu'au fanon dans la riche prairie ;

pendant que tu regardes, le taureau folâtre,

la génisse, et la vache, et le bœuf, tous s'approchent

et viennent se livrer à leurs joyeux ébats.

Puis quittant le troupeau, tu vas examiner

tes moutons, (à l'abri du loup et du renard),

et trouves que leurs ventres sont aussi remplis

d'herbe courte embaumée que leurs dos sont de laine ;

tu les laisses alors, ils pâturent à l'aise,

et ton berger joue du pipeau sur la colline.

Quant aux plaisirs, spectacles, et réjouissances

tu observes chez toi veillées et jours de fête

où tous les jeunes gens avec les jeunes filles

se réunissent et se mettent à danser,

d'un pied léger, les jolies danses campagnardes,

couronnés de jonquilles et de pâquerettes.

Tu as ici fêtes votives et quintaines,

et chaque année ton mai tout orné de guirlandes,

Vale de Pentecôte et la danse mauresque,

la fête de la tonte qu'on n'oublie jamais,

la rentrée des moissons, la coupe de wassail

que l'on se passe après quelque jeu familier,

enfin les mascarades et, quand vient Noël,

les joyeux réveillons, les reines et les rois... '

En résumé, la description de la vie rurale apparaît toujours, chez Herrick très réaliste à la fois et très livresque. On sent que le poète londonien transplanté à Dean Prior et subissant, comme malgré lui, le charme de tout ce qui l'entourait, n'a fait qu'appliquer sa

' 663, The Country life, to the honoured M. End. Porter, Groome of the Bed-Chamber to His Maj.

virtuosité à cet entourage. L'adaptation était d'autant plus facile que la campagne, que les jeux et les travaux des campagnards parmi lesquels se trouvait Herrick correspondaient assez exactement à l'idéal qu'il s'en était formé d'après les livres, et qu'il pouvait ainsi, sans trop de peine, les assimiler à ses rêves antiques. Il est ravi de songer que, dans des paysages presque semblables, les poètes qu'il aime vécurent, chantèrent, observèrent les rites pieux des divinités rustiques. Lui aussi se plaît à évoquer en imagination ces dieux du passé, à les faire réapparaître dans son petit village perdu de l'Angleterre, à lever le thyrse en l'honneur de Bacchus, à " répandre sur les danses grossières de ses paroissiens la grâce idéale de quelque ronde dorienne de bergers et de nymphes. " ' Par ce mélange de culture ancienne et de naturalisme familier, Herrick est le dernier successeur en Angleterre de celui qui fut, selon l'expression même d'Edward Kirke, -' " l'origine et la source " de la poésie rurale, de Théocrite qui, dans ses Idylles^ sut reproduire avec un art raffiné, au plein milieu d'une époque érudite et aristocratique, la vie simple de sa Sicile natale, depuis son soleil riant et l'ombre douce de ses bois de chênes et de pins jusqu'au murmure de ses ruisseaux se hâtant \ers la mer, ou la chanson de ses bergers sur les promontoires. Herrick qui, semblable encore à Théocrite, ne participe plus à l'état de naïve simplicité de la vie rurale dont il apprécie toujours la fraîcheur et la grâce, la représente ainsi avec " une demi-vérité, " où le réel et la fantaisie se marient exquisement. S'il n'atteint point à la puissance dramatique du poète alexandrin, du moins partage-t-il son rare talent de rendre " poétiques " les choses les plus ordinaires. Et il renouvelle en Angleterre ce paradoxe, qui semble si peu moderne, de tant d'art subtil mêlé à tant de spontanéité et de naturel.

' Edm. Gosse : IVard's Ens^lish 'Poels, Loniion, 1880, vol. II, p. 126.

■ " Theocritus, in vvhom is more ground of authoritie then in Virjïile, this specially from that deriving, as froin thc Hrst heaii and wclspring, thc wholo Invencion of thèse .iïglogues... " The Generall Argument, en tête de : Tlit Shep/ieards Calender.

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