LA SAGESSE DE HERRICK 33 I
ses sentiments chrétiens s'atténue singulièrement, et les liens sont nombreux qui rapprochent les idées épicuriennes de notre poète de ses principes religieux, très tolérants, large ouverts aux compromis de toute sorte. Herrick, qui néanmoins semble s'être rendu compte de l'apparente contradiction, fait un effort honnête pour la dissiper. Il s'excuse du plaisir qu'il prend à la vie du siècle par la foi qu'il met dans la vie éternelle. Et, pour que le voluptueux jardin des Hespèrides paraisse moins coupable, il élève à sa suite le temple de ses Poèmes Sacrés.
La sagesse de Herrick, nous voulons dire l'ensemble de ses réflexions vieillissantes sur la morale et la religion, est une des parties les moins originales de son œuvre. Elle est impressionniste avant tout. Elle est faite moins d'idées organisées que de sensations diverses, souvent même contradictoires. Elle nous montrera l'impuissance de Herrick à s'élever hors du domaine du sentiment, et nous permettra d'atteindre ainsi à la limite précise de son esprit.