‹ Robert HerrickChapitre 44 sur 88 · LES IDEES MORALES · texte numérisé non relu

LES IDEES MORALES

candides, il écrit des poèmes palpitants d'effroi, mais ne s*alanguit jamais. Au reste, et avant même qu'il ait fini de pleurer, il pensera à autre chose, et aura commencé déjà une autre chanson. Cette "critique de la vie" se trouve développée et illustrée tout au long dans le poème intitulé Sa Fieillesse, dédié à son ami privé^ Mr. John Jf^ickes^ sous le nom de Posthumus. Le morceau est un des plus considérables des Hespérides. Citons-en au moins le commencement et la fin :

1. Posthumus, nos ans s'envolent rapides, et silencieux ; et ni la pieté

ni vœux ni prières ne préserveront notre front des rides ;

il nous faut poursuivre, obéir au sort qui guide et nous tire, car nul, Posthumus, n'échappa jamais à la loi cruelle de Proserpinc.

2. Epouse avenante, et maison, et terre, il faut tout quitter ; et pas une plante

ne pourra te suivre, sinon le cyprès, cet arbre maudit ;

un esprit joyeux regarde en avant, et se rit du reste ; vivons, mon ami, tant que le pouvons ; l'occasion est là : il la faut saisir.

3. Nos ans les meilleurs sont passés, et, las ! ne reviendront point ; l'océan reflue,

la lune décroît, mais pour un moment à peine, tandis

que l'homme qui meurt ressemble A un lis fané, qui jamais ne renaîtra plus ni ne fournira à ses jours flétris un second printemps

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