‹ Robert HerrickChapitre 46 sur 88 · Jusqu'à l'heure ainsi où le feu mourant · texte numérisé non relu

Jusqu'à l'heure ainsi où le feu mourant

est d'un moindre éclat que l'œil du chaton,

nous ne cesserons de faire passer la coupe joyeuse

en l'honneur des temps qui ont accordé la gloire à mes rimes ; las, enfin, de cette veillée unique, le foyer éteint, irons nous coucher. '

' 337, His Age, {Icditatcd lo liis iKiiiliar fricnd, M. John Wickes, undcr ihc name of Posthumus.

Morale étrange donc que celle de Herrick. Morale païenne, basée sur les préceptes des anciens, d'Horace en particulier dont elle imite l'épicurisme sans le suivre bien loin cependant dans ses velléités de stoïcisme, sans rien conserver non plus de sa gracieuse et spirituelle sociabilité. Morale étrangère à la perfection chrétienne, puisque, au lieu de juger la chair méprisable et le monde corrompu, elle exalte le plaisir comme le souverain bien. Morale purement naturelle en somme, opposée à notre idéal moderne, et qui nous trouverait volontiers hostiles, si nous ne songions qu'elle reflète l'état d'esprit si particulier à la Renaissance, à cette résurrection triomphale du paganisme où la règle morale était encore distincte des croyances religieuses, où l'on célébrait Vénus tout en vénérant la Vierge, où la vie paraissait si heureuse enfin qu'on avait la terreur de la mort, et que, avec la foi fervente qu'on mettait dans le ciel, on s'accrochait éperdument à la terre.

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