‹ Robert HerrickChapitre 6 sur 88 · LA FAMILLE · texte numérisé non relu

LA FAMILLE

Eyrick au début du XIV siècle, installée à Stretton Magna, paroisse de six cents acres située à quelques milles de Leicester. Dès 1334 Isabella, femme de Ivo Eyrick, y " recouvre trois acres et demi de terrain et une maison. " ' Un membre de cette famille, Robert, second fils de Robert et de Joanna, atteint à une position élevée. ^ Maître de Trinity Hall, à Cambridge, chapelain du Prince Noir, prébendier de la cathédrale de Lichfield en 1358, il est élu, deux ans après, grâce à la recommandation du Prince lui-même, évéque de Lichfield et de Coventry. L'archevêque de Canterbury, Simon Islip, refuse de le consacrer à cause de son ignorance trop notoire. Robert part pour Rome, et se présente au pape. Celuici, hésitant, s'en reinet à la décision finale de l'archevêque qui, une seconde fois, refuse la consécration. Sur l'intervention personnelle du Prince, néanmoins, les difficultés ne tardent pas à s'aplanir, et le 6 février 1361 Robert Eyrick prend à Lambeth les engagements usuels d'obéissance canonique, alio professionem legente^ quod ipse légère non possit. L'ignorance du nouveau prélat fut compensée par sa libéralité. Il mourut à un âge avancé, en 1385, et fut enterré dans la cathédrale de Lichfield.

Son frère aîné. Sir William Eyrick, qui a\ait été également attaché à la personne du Prince Noir et l'avait accompagné en Gascogne en 1355, vient s'installer à Houghton-on-the-Hill, un autre village des environs de Leicester, et y fonde une famille nombreuse. '^ Un Robert Eyrick qui y vit vers 1450 avec sa femme Agnes a deux fils : Robert, qui meurt sans enfant, et Thomas. Celui-ci, l'arrière-grand-père de notre poète, va à son tour s'établir à Leicester. Son nom apparaît pour la première fois dans les registres de la corporation en 151 i. Il meurt quelques années après, son testament ayant été homologué en 1517. Il laisse une fille, Elizabeth, et deux fils, Nicholas et John. Ce dernier, né à Leicester en

' J.H. Hill : The Hisforv ofMttrket Harhorottg//... ivit/i an account of the LorJs of t/ie Mdiiors anJ thdr Pedigrees, Lciiestcr, 1875, p. i 10.

-J.H. Hill, ouv. cit., pp. 1112 ; Rev. W.G.D. Flctcher : Robert Je Stretton, Bis/iop of Coventry and Lichfield, L.inoohi, 1888.

■' Voir, sur la géncalo<!;ic des Horrick de Houj;hton-on-the-Hill, John Nichols : The Hislory and Antiqitiiies of the Cou ntv of Leicester, 4 vol., Loiuion, I 795- 1 8 I 3 : \ol. II, pt II, p. 615.

151 3, épousa Mary, fille de John Bond, de Ward End, Warwickshire, qui lui donna cinq fils : Robert, Nicholas, Thomas, John, William, et sept filles : Ursula, Agnes, Mary, Elizabeth, Helen, Christiana, et Alice. Le second de ces fils, Nicholas, sera le père de Robert Herrick.

Les archives de Leicester abondent en renseignements sur la famille des Eyrick. ^ John Eyrick en particulier, le grand-père, semble avoir été un personnage d'importance dans la petite ville provinciale qui, en 1589, ne compte encore que quatre mille habitants. • Il y remplit les fonctions de coroner en 1554-5. I' ^st élu maire à deux reprises, en 1557-8, et en 1572-73.^ Son fils aîné, Robert, qui sera le parrain du futur auteur des Hespèrides^ * suit l'exemple paternel: lui aussi est alderman dès 1575, coroner en 1578-9 ; il est trois fois maire de Leicester, en 1584-5, 1593-4, et 1605-6 ; il représente la ville au Parlement en 1588 et y est envoyé de nouveau en 1592. Riche commerçant en fer, possédant en outre d'importantes propriétés,® il se montre généreux à l'avenant. En 1586 il contribue pour cent soixante livres avec un certain Thomas Clarke à une dépense totale de quatre cents livres faite au profit de la corporation ; '^ et il ira même jusqu'à s'endetter, lors de la peste de i 593, " afin de venir en aide aux malheureux. " '' Lui aussi enfin, comme tous les autres membres de sa famille, se trouve

' M. Bateson, ouv. cit. ; consulter aussi les histoires locales, John Throsby : The History ami Antiquities of the Ancient Tonxin of Leicester, Leicester, 1 7 9 1 ; James Thompson : The History of Leicester... Leicester, 1849.

- M. Bateson, owv. cit., vol. 3, p. LXIIL

^ Les élections avaient lieu chaque année, le 21 septembre. Il le mentionne en ces termes dans son testament: " My godson, Rob*^ Heyrick, son of my brother Nicholas. " Miscellanea Genealogica et Heraldtca, London, 1886, vol. I, second séries, p. 65.

■' J.H. Hill, owv. cit., pp. 1 18-9 : " He had large property, being possessed of the Franciscan or Grey, and the Augustus Friars in Leicester, with a considérable estate adjoining to the latter, besides other estâtes. "

* J. Thompson, oua>. cit., p. 282. Son nom figure encore dans un Subsidy-Roll, daté du 12 oct. 1590, auquel il contribue "in goodes Xli. Xs. "

' J. Thompson, owv. cit., p. 299. Quand il mourra, en 1618, à l'âge de 78 ans, "après avoir vécu cinquante-et-un ans avec sa femme," comme le mentionne la pierre mémoriale posée dans l'église paroissiale de S' Martin à Leicester, il léguera 16 livres et 10 shillings par an " to good uses. " J.H. Hill,

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