PP- I
One man repentant is of more esteem
With God, then onc, that never sin'd 'gainst Him.
1335, A Position in the Hebrew Divinity.
The Doctors in the Talmud say that one day spent hère in true Rcpcntancc is more worth than Eternity it selfe, or ail the days of Hcavcn in the othcr world. pp. i3+"5-
The Doctors, in the Talmud, s.ay, That in this world, onc oncly day In true repentance spent, will be More worth, then Heav'ns Eternitic.
1 336. Pénitence. '
Les relations entre les Notes and Observations upon some passages ofScr'tpiure de John Gregory et certains des Nob/e Numbers de Herrick sont nicme plus étroites parfois que ne l'indique Mr. Pollard. Comparez ce passage de Gregory et ce poème, intitulé d'ailleurs Observation
The Blcaed Virgin and the other womcn stood afarrc off... The Mothcr of Jcsus must nccds be rcduccd to the Kxtrcamest statc of sadncssc and
réiniprimccs, entre autres : Gngoiii 'Posl/iii»ui : or certaii: /etinu;/ tracts ivrittrn h J. G., London, 1649. — Gngorii Opuseula ; or notes tinJ ohsenuitions..., ivitA otiier leameJ tracts, z vol., Lonilon, 1650. — Notae et observationes in loca aliquot S. Scripturae... in Latiniim iraJuctae per R.Stokrs, London, 1660. — Tfie H'orks oftlie ReverenJ anil LearneJ Mr. Jo/in Grev;or\... z vol., London, 1665.
" Voir de nombreux exemples encore dans Pollard, e'Mt. cit., vol. H, pp. 30831 1.
contristation... But S^e stood up still in a resolute and allmost impossible complvance with thc Law... 'Twas necessary. And they might not sit downe in that case... They were to stand, as by the wrong posture to frce the company from any suspicion of mourning for a Malefactour... 'Tis true indced that we read of Mary Magdalen, and the other Mary sitting over against the Sepulchre, and they sate there to mourne over the dead and therefore they sate, but this was after leave obtained of the Governour to bury the body. This leave vouchsafed, and the Law discharged, the two Maries might sit downe and weepe over the Sepulchre in the open and usuall manner. pp. 25-26.
The Virgin-Mother stood at distance (there)
From her Sonnes Crosse, not shedding once a teare :
Because the Law forbad to sit and crie
For those, who did as malefactors die.
So she, to keep her mighty woes in awe,
Tortur'd her love, not to transgresse the Law.
Observe we may how Mary Joses then.
And th' other Mary {Mary Magdalen)
Sate by the Grave ; and sadly sitting there,
Shed for their Master many a bitter teare :
But 'twas not till their dearest Lord was dead ;
And then to weep they both were licensèd.
Nous avons besoin de nous rappeler la complaisance avec laquelle les Élizabéthains considéraient le plagiat, l'ignorance plutôt où ils étaient de la chose, sinon du mot, pour ne point trouver que Herrick dépasse ici la mesure. Il n'a même pas, pour justifier ses emprunts, le prétexte de les avoir traduits d'une langue dans une autre, et il ne pourrait plus se servir ainsi de l'argument que faisait valoir un certain Nicholas Grimald, déclarant que sa version du De Offictis lui appartenait en propre, " de même que Plaute et Térence avaient donné leurs noms aux comédies qu'ils avaient tirées du grec. " ^
Un caractère important distingue Herrick des lyristes élizabéthains : s'il néglige Pétrarque et les Pétrarquistes italiens et français, s'il s'intéresse peu à Virgile, à Catulle, ou même à Ovide, fort répandus à la fin du XVI'' siècle, et n'emprunte guère à ces romantiques
• Cité par C. Whibley, oii-v. cit., p. 24. Nicholas Grimald : T/iree Books oj Pueties, to Marcus /lis Sonne. Tourned out of Latin into Englysh, London, 1580.
d'entre les anciens, si l'on ose dire, que quelques détails pittoresques, il pille ouvertement Horace et Martial, chez lesquels il retrouve tous ses goûts de poète de société. Or, l'exemple lui vient, ici comme en tant d'autres points, de Ben Jonson, qui ignore lui aussi le français et l'italien, ' qui dédaigne le sonnet et les sonnettistes, ^ qui éprouve peu de sympathie même pour Spenser, ^ qui d'autre part a voué un culte à l'antiquité latine, qui prise par-dessus tout la vigueur, la netteté, la concision classiques, qui enfin fait ses modèles préférés de Martial et d'Horace. L'auteur du Renard imite le premier dans ses épigrammes, le second dans ses épîtres et ses poèmes lyriques, et c'est sous les traits d'Horace encore qu'il se représente lui-même dans le 'Poètereou. Il les a constamment sous les yeux, ^ soit pour les traduire littéralement, ' soit pour s'en inspirer
' Cotinjersations, IV. — Herrick, qui ne s'inspire nullement des Italiens, semble avoir également ignoré les poètes de la Pléiade, qu'il était incapable sans doute de lire dans l'original. Quand un poème des Hesperides évoque le souvenir d'une pièce de Ronsard, ce qui est assez fréquent, il est probable ou bien que les deux poètes ont puisé à une source commune, Anacréon ou Horace, ou encore qu'il y a eu entre eux un intermédiaire. L'exemple suivant pourrait être, sans grande difficulté, multiplié :
Ronsard : Amours, 1552,
Une niignardc abeille Dans vos lèvres forma son nectar savoureux... II, 11.
Lodge : 'P/iillis, 1593,
Sweet bées hâve hived their honey on thy tongue,
And Hebe spiccd her nectar with thy breath... XXII. vv. ^-6. Herrick :
For some rich flower, he took the lip
Of Julia, and began to sip ;
But whcii he feli he suckt from thence
Hony, and in the quintesccnce :
He drank so much he scarce co'd stir...
182, The captiv'd Bee : or, The Little Filcher.
^ Conversations, IV.
•' Ib., III, VII ; Disco-v., édit. M. Castelain, p. 90.
* On sait la légende qui montre le jeune Jonson, encore apprenti ma(,on, se tenant au haut d'une édulle avec une truelle d'une main, et de l'autre une édition d'Horace. (M. Castelain, Ren Jonson, p. 9.)
•' Voir : Horace, Mis Art 0/ IW/ri ; ()J,- 1, Hooi- IV, To Venus; OJe IX,
Book III, Dialogue of Horace and Lydia ; Oi/e II, Booi- V, TIk- praises nf a
( )L::itry lite. — Martial : VIN, 77 ; X, 47. Works, edil. cit., \ol. lU. pp. 567-38S.
seulement et s'assimiler ce qu'ils ont de plus substantiel. Excellent latiniste au surplus, ^ le vieux Ben se pose volontiers comme le représentant officiel en Angleterre des écrivains classiques ; il se fait l'âpre et virulent avocat de leurs principes littéraires ; il ne manque point de les défendre en toute occasion : dans les prologues ou le corps même de ses comédies, " dans les notes érudites de ses tragédies et de ses masques ; ^ il tire d'eux enfin la matière presque complète de ses Discoveries. A l'exubérance et à la romanesque diversité des Elizabéthains, il s'efforce en un mot de substituer l'ordre, la proportion, l'uniformité même, annonçant ainsi, dès le début du XVII= siècle, le néo-classicisme de Dryden et de Pope.
Jonson n'est pas seulement un théoricien qui croit que les règles sont infaillibles, et suffisent à créer des chefs-d'œuvre. C'est encore un réaliste audacieux, véhément, qui connaît tous les aspects de la vie londonienne, et qui, même lorsqu'il traduit un auteur ancien, le fait souvent en un anglais très idiomatique, en un style serré, nerveux, que l'élément latin ne fait qu'affermir encore. Ses emprunts, très nombreux, * ne laissent jamais de révéler son individualité puissante, ne serait-ce que par la façon même dont ils s'ajustent au contexte, et font corps avec lui. Nulle part cependant cet art de l'assimilation n'apparaît poussé plus loin que dans l'oeuvre lyrique du vieux Ben, avec son mélange- si particulier de laborieuse raideur, de grâce, et de fantaisie souriante, qu'il s'agisse de la chanson de la Femme Silencieuse (I, i) : Still to he neat^ still to he drest^ qu'imitera Herrick, et qui n'est elle-même qu'une très proche adaptation d'un poème latin anonyme, longtemps attribué à J. de Bonnefon ; ^ ou de l'ode fameuse
' Voir l'élégante pureté des Leges Con-z>i-vaIes rédigées par lui pour la salle du club d'Apollon, au cabaret du Vieux Diable. M'orks, vol. III, pp. 364-6.
'^ E'very Man out of his Humour, Induction ; Cynthias Renjels, le caractère entier de Critès.
•' Sejanus, The Masque of Blackness, The Masque ofOueens. Voir la lettre To my Lord Henry, Prince of Great Britain, qui précède cette dernière production.
Voir les exemples qu'en donne Mr. Castelain dans l'Appendice de son édition des Discoveries, pp. 143-157.
Ce poème qui commence par les vers bien connus :
Semper munditias, semper, Basi/issa, dccores, Semper compositas arte récente comas...
et qui a été attribué par tous les éditeurs de Jonson et de Herrick : GifFord et
à Célia : Drïnl^ to me only with thine eyes^ ' dont les moindres détails se retrouvent épars dans quatre lettres de Philostrate. Personne peut-être n'a jamais surpassé Jonson dans l'art de rendre méconnaissable ce qu'il dérobe cliez les autres, et de métamorphoser son larcin, par quelque jeu subtil de syllabes et de rythmes, en un poème nouveau. ^
Cunningham, Grosart et Pollard, A. H. Bullen et J.A. Symonds, par Mr. Moorman lui-même (p. 190), au poète de Panc/iaris, ne fait pas partie de ce recueil. L'auteur de ces vers est inconnu. On les trouve dans un manuscrit de Leyde, nous dit le Professeur Edw. Bensly qui a bien voulu nous renseigner sur ce point, et ils furent j)ublit's pour la première fois, semble-t-il, parmi les Catalecla aliorum poetarum -veterum, dans le P. Fir^ilii Maronis AppenJix de Scaliger, en 1572. Ils ont été très souvent republiés, par exemple, dans Burman : Ani/i. Vet. Latin. Epigr. et 'Poemat., 1759, vol. I, p. 636 ; et dans Meyer : Ant/io/ogia, II, p. 34. L'erreur qui a fait attribuer ce poème à Jean de Bonnefon provient peut-être de ce que, dans 'Panc/iaris, se trouvent quelques vers d'une pensée assez semblable, le morceau XXVIII, entre autres: Ad D. Franciscum Myronem,et qui commence :
Sit in deliciis puclla, Myro...
Voir, en outre, sur ce point curieux : Notes and Queries, IX S., vol. 6, p. 244 ; X S., vol. II, p. 26 ; Sidney Lee : Eliz.abet/ian Sonnets, London, 1904, vol. I, Introduction, p. LXXXIV ; K. F. Smith : On t/ie Source of Ben Jonson s Song " Still to be neat, still to be dfest. " (The American Journal of Philology, vol. 29, 1908, pp. 133, 155.)
' The Forest, 9. IVorks, /dit. cit., vol. III, p. 268. Voir sur les sources de ce poème l'article de J. A. Symonds dans T/ie .4c(ideniY, Dec. 6, 1884.
- Tel était bien aussi l'avis de ses contemporains. Voir, par exemple, W. Cartwright qui, dans Jonsonus Firbiiis [iVorks, êdit. cit., vol. III, p. 512), tait une véritable théorie de l'imitation :
Is it no labour, no art, think thcv, to
Snatch shipwrccks from the dccp, as divers do ?
And rcscuf jtwels troni thi" covftous sand,
Making the sca's hid wcaltli adorn thi- land ?
What though thy culling muse did rob the store
Ot Grcck and Latin gardens to bring o'er
Plants to thy native soil ? thcir virtues wcrc
Improvcd far more by bcing plantcd herc.
If thy still to thcir essence dolh rcfiiic
So many drugs, is not the water thine ?
Thcfts thus becoine just works ; thcy and thcir grâce
Are wholly thine : thus doth the stamp and face
M;ike û\.\\ the king's, that's ravished from the mine ;
In othcrs then "tis ore, in thec 'tis coin...
4j6 ROBERT HERRICK.
Herrick trouvait donc en Jonson un modèle achevé, et il se mit à le suivre pas à pas. Il est loin cependant d'égaler l'érudition du grand poète, et il demeurera toujours à côté de lui un simple écolier. Bien plus, il puisera largement dans cette érudition même, se comportant envers son maître un peu comme le jeune Ronsard envers " Jean d'Aurat, son précepteur et poète royal, " qu'il considérait
Comme un oracle des Dieux Pour desnouer aux plus sages Les plus ennouez passages Des livres laborieux. '
Cette sentence que nous trouvons dans les Hespèrides : Kings ought to sheare, not skin their sheepe ^
provient non de Suétone, mais de Ben Jonson, qui d'ailleurs l'avait lui-même empruntée à Juste-Lipse : For a Prince is the Pastor of the people. Hee ought to sheere^ not to flay Jiis sheepe. ^ L'éloge que fait Herrick du latin de son ami M. Jo. Harmar :
The Romane Language full, and superfine, If yoï'e wo'd speake, he vvo'd accept of thine *
est l'adaptation de cette phrase des Discoveries : that modester Testimonie g'tven by Lucius Âelius Stilo upon Plautus ; who affirmed^ Abusas, si Lutine loqui voluissent^ Plautino sermone fuisse loquuturas^ ^ De même enfin, et pour nous borner là, la forme que donne Herrick :
God is above the sphère of our esteem, And is the best known, not defining Him ^
Carew, d'autre part, au lendemain de la chute de la Nowvelle Auberge, écrivait à Jonson, pour le consoler :
... if thou overcome
A knotty writer, bring the booty home ;
Nor think it thet't if the rich spoils, so torn
From conquer'd authors, be as trophies worn.
To Bert Jonson. Upon occasion of //is OJe of Défiance annexed to his Flay ofthe Ne^uu Inn.
' Le 'Premier Li-vre des Odes, Ode XIII.
'' 781, Modération.
' Discoveries, Edit. M. Castelain, p. 63.
* 967, To his learned Friend M. Jo : Harmar, Phisitian to the Colledge of Westminster.
■' Edit. M. Castelain, p. 129.
" I 134, What God is.
à la phrase de Saint Augustin à propos de Dieu : Sciti/r melius nesciendo^^ a très bien pu passer par l'intermédiaire de cette traduction de Jonson : God who is hest knowne^ by our not knowing. '
En outre, Herrick n'hésite pas à faire siennes les traductions ou adaptations du latin si fréquentes dans l'œuvre poétique de Jonson. Son couplet : Gentlenesse (1068), par exemple :
That Prince must govern with a gcntle hand, Who will hâve love comply with his command
est calqué sur la traduction du \ ers de Sénèque : Qui vuit attuni^ langu'ida régnât manu (Phœn., 659) telle qu'elle apparaît dans A Panegyre on the Happy Entrance ofjatna :
He kncu tliat thosc who would with love command, Must with a tendcr yct a stcadfast hand Sustain the reins ; '
comme aussi cet autre couplet : Single life most secure (137) :
Suspicion, Discontent, and Strife, Corne in for Dowrie with a Wife
provient de Ben Jonson : Strife and tumult arc the dowry that cornes with a wife^ ^ traducteur d'Ovide :
Hoc decet uxorcs : dos est uxoria lites ;
Jrs A m., II, 1 ^ ;
comme la fin de cette épigramme encore :
...hc knows hc must of Cure dcspairc, Who makcs the slie Physitian his Heirc *
provient de Ben Jonson :
I often havc Hcard hini protest that your physician ShoulJ never be his heir, "
' De On/., II, 16.
-' Edit. M. Castclain, p. 30.
•' U'orf^, t'Jit. cit., vol. II, p. 570.
' T/ie Si/eiit ll'omau. I/>., vol. I, p. 441.
•' 3 16, Upon Lcech.
« T/ie Fox, I/>., vol. I, p. 344
traducteur de Publilius Syrus : Maie secum agit aeger, medicum qui haeredem fecit. '
Herrick va même jusqu'à emprunter à Ben Jonson des expressions particulières, comme :
That ev'n as motsture nnxt zvith beat
Helps every natural birth to life,
So, for thcir race, join man and wife../
qui devient, dans An Epithalamie to Sir Thomas Southwell (149, st. XIII) :
O ! give them active hcat And moistutr, both compleat :
Fit organs to encrease ;
jusqu'à lui dérober même non plus une métaphore passagère, mais l'idée générale, le mètre aussi, d'un de ses plus beaux morceaux, The Night-piece, to JuUa (620) comme il est aisé de s'en convaincre :
The faery beam upon you, The stars to glister on you ;
A moon of light,
In the noon of night, Till the fire-drake hath o'ergone you !...
The Gipsifs Mctamorphosed^ Works, vol. m, p. 145.
Her Eyes the Glow-worme lend thee, The Shooting Starres attend thee ;
And the Elves also,
Whose little eyes glow Like the sparks of fire, befriend thee... ''
• Masque of Hymen. IVorks, e'dit. cit., vol. III, p. 23.
' Sign. par R. Le Gallienne : Retrospecti'-ue RenjienMS, London, 1896, vol. I, pp. 272-3, c|ui écrit : " Herrick inight be said to be a rib taken out of Jonson's side " ; et par Edward B. Rced : Herrick' s Indebtedness to Ben Jonson.- Modem Language Noies, Dec. 1902, pp. 479-83. Cf encore :
If thereto addcd ail the gums, Or sweet, as is that gumme
And spicf th:il from Panchaia cornes... Doth from Panchaia corne.
Tlif Pénates, vol. II, p. 580. 149, St. XV.
...till \vc havc quiie run through, We'll weary ail the Fables there.
And wearicd ail the fables of the gods. 152.
Il arrive enfin à Herrick de démarquer complètement un long poème de Ben Jonson, comme l'épître To Penhurst^ ' dont le Panegerick to Sir Lewis Pemberton (378) n'est qu'un pastiche, ou plutôt même un très faible délayage :
To Penhurst
And though thy walls be of thc country stone, They'rc reared with no man's ruin, no man's groan ; There's none that dvvell about them wish them down...
vv. 45-7.
Whcre thc same bccr and brcad, and self-same wine,
That is his lordship's, shall be also mine... vv. 63-4.
Hère no man tells my cups ; nor standing by,
A waiter, doth my gluttony cnvy :
But givcs me what I call, and Icts me cat... vv. 67-9.
To Sir Letcis Pemberton.
Safe stand thy Walls, and Thee, and so both will,
Since neithers height was rais'd by th'ill Of others ; since no Stud, no Stone, no Pièce,
Was rear'd up by the Poorc-mans fleccc ; No Widowcs Tencment...
No Orphan's pittancc... vv. 115-123.
No, no, thy brcad, thy wine, thy jocund Hccrc Is not rescrv'd for Trebius hère,
...not a dish more known To thcc, thcn unto any onc. vv. 57-70,
The Fox, vol. I, p. 372.
As a dire vapoiir that had cleft theground, ...as iflight
To ingcnder with the night. Had met t'cngcndcr with the night.
Catilim; vol. II, p. 79. 169.
ru use niy t'ortune, yoii «hall sec, with Mans Fortune niiist be had in révérence, révérence. Sejaniis, vol. I, p. 287. 288.
Drink to me only with thine cyes, Reach, with your whiter hand», to me.
And I will pledgc with mine ; Sonie Christall of the Spring ;
Or leave a kiss but in the cup, And I...
And ril not look for wine. Or else swcet Nimphs do you but this ;
The Forest, vol. III, p. 268. To'th* Classe your lips encline ;
And I shall sec by th:it one ki»»e,
Thc Water turn'd to Wine. 496.
' The Forest, II, vol. III, pp. 262-4.
No commer to thy Roofe...is scourg'd with taunts
Of soine rough Groom, who (yirkt with Corns) sayes, Sir,
Y'ave dipt too long i'th' Vinegar ; And with our Broth and bread, and bits ; Sir, friend,
Y'ave fared well, pray make an end. vv. 19-24.
Ben Jonson semble donc avoir exercé sur Herrick une très grosse influence. Il a été son modèle poétique en même temps que son maître littéraire, que son professeur d'humanités en quelque sorte ; ^ il l'a dirigé vers les écrivains de l'antiquité latine, et lui a servi, plus souvent sans doute que nous ne pouvons nous en rendre compte, d'intermédiaire. Cette influence a été si forte qu'elle a protégé notre auteur non seulement contre le lyrisme élégiaque des Pétrarquistes, mais môme contre le lyrisme métaphysique et quelque peu nuageux de l'école de Donne. Elle a été à ce point exclusive que, si l'on excepte quelques traces de Fletcher et de Herbert, que nous avons signalées ailleurs, l'œuvre de Herrick est restée étrangement à l'écart de toute autre influence contemporaine. ^ Par contre, elle continue la production lyrique de Jonson, et la développe. Herrick qui est moins érudit et moins dogmatique que l'auteur de Sèjan^ qui a plus d'imagination, plus de légèreté et d'insouciance, ajoutera précisément cette aisance un peu fantaisiste, cette musique spontanée, cet impressionnisme en un mot qui manque aux chansons de son maître. ^ Il lui emprunte, sans répit, mais en transformant le plus
' On se souvient en effet du cuhe fervent que notre auteur avait voué au vieux Ben, son " père " littéraire. Il le déclare seul digne de la couronne de laurier (384), il le représente, avec une netteté sans emphase, comme le " meilleur des poètes" (911), et, ailleurs encore, fait son éloge funèbre avec une très sincère affliction (383).
- Grosart exagère considérablement l'influence de Greene et de Marlowe. Les exemples qu'il cite {Mem.-bifr., LXXVI-VII) se rencontrent non seulement chez les deux poètes élizabéthains, mais aussi chez la plupart de leurs contemporains : ce ne sont, en fait, que des lieux communs de la lyrique amoureuse du temps.
' Swinburne écrit excellemment à ce sujet : " Vigour of thought, purity of phrase, condensed and polished rhetoric, refîned and appropriate éloquence, studious and serious felicity of expression, fînished and fortunate élaboration of verse might hâve becn considered as qualities sufficient to secure a triumph for the poet in whose work ail thèse excellent attributes are united and displayed ; and we cannot wonder that youngcr men who had come withln the circle of his
souvent, et d'une façon délicieuse, ses emprunts. Prenant dans un masque, par exemple, cette image allégorique :
Marriage Love's object is; at whosc bright eyes Hc lights his torches... '
il l'affine en un trait pittoresque, et tout personnel :
...a thousand Cupids flye To light thcir Tapers at the Brides bright eye. '
Ces quelques vers de The f^ision of Delight^ à propos de Favonius :
...fathcr of thc spring, Who in thc vcrdant mcads doth rcign sole king... Whose breath or bcanis hâve got proud earth with child Of ail thc trcasurc that great Nature's worth ?... ^
se métamorphosent de même en l'exquise chanson à Sapho, que nous connaissons, The Apron of Flowers (741), où nous voyons la jeune fille rapporter :
Thc trcasurc of the Spring...
She lookt as she'd been got with child By young Favonius...
On saisit la nuance qui distingue les deux passages, et comme c'est tout autre chose de représenter Sapho, au lieu de la terre, grosse des fleurs qu'elle porte dans son tablier. Il n'est pas jusqu'aux pièces les plus semblables à première vue, et pour lesquelles Herrick s'est directement inspiré de Jonson, qui, à )' regarder de plus près, ne renferment des différences profondes. Qu'on mette en regard du morceau fameux de la Femme Silencieuse :
pcisonal influence should havc thoui^ht that the combination of them al! must cnsiirc to tlieir posscssor a place above ail his possible compeers. Hiit amonij the hmnhlest and inost (le\out of thèse prostrate entluisiasts was one who had but to hiy an idle and reckless hand on the instrument which hardly would answcr the touch of the inaster at ail, and the very note of lyric poetry as it should bc... responded on the instant to the instinctive intellifîence of his touch... As we turn froni Wordsuorth to Coleridge, as \ve turn from Byron to Sheliey, so do weturn froni Jonson to Herrick. " A S/iiJy oj Ben Jonson, London, 1SS9, p. 97.
' T//e Huniers, vol. III, j). 32.
- 284, .'\ Nuptiall Sontj... on Sir t"lii)seb\ frew and his Lady, st. 11.
•' T/ie Vision of Deli^/il, vol. III, pp. 118-19.
Still to he neat, still to be drest,
As you were going to a feast ;
Still to be powdered, still perfumed...
Robes loosely flowing, hair as free :
Such sweet neglect more taketh me
Than ail the adulteries of art ;
They strike mine eyes, but nôt my heart. '
le poème tout aussi célèbre des Hespèrides : A sweet disorder in the dresse Kindles in cloathes a wantonnesse :
A Lawne about the shoulders thrown Into a fine distraction :
An erring Lace, which hère and there Enthralls the Crimson Stomacher :
A Cuffe neglectfull, and thereby Ribbands to flow confusedly :
A winning wave (deserving Note) In the tempestuous petticote :
A carelesse shooe-string, in whose tye I see a wilde civility :
Doe more bewitch me, then when Art Is too précise in every part. "
Toute la différence réside ici dans l'impressionnisme supérieur de Herrick. Alors que Jonson s'était contenté de noter quelques traits, importants sans doute, mais en somme ordinaires : la robe dégrafée et les cheveux épars, Herrick évoque de jolis détails vus : le linon qui flotte sur les épaules, les rubans des manchettes, le jupon qui se gonfle au vent, le nœud défait du soulier, et il substitue ainsi à une observation générale, très simple, comme classique et traditionnelle, une fantaisie pittoresque, d'une ingéniosité toute neuve et d'une désinvolture vraiment exquise. Si son œuvre peut être considérée, à certains égards, comme le prolongement de l'œuvre lyrique de Jonson, elle n'en demeure pas moins très originale. Les Sous-Bois un peu sombres et la Forêt sévère du vieux Ben ont été traversés d'une printanière clarté : l'art plus délicat du jeune Herrick en fit le riant et somptueux jardin des Hespèrides.
' Vol. I, pp. 406-07.
' 83, Delight in Disorder.
Tout compte fait, l'imitation joue, dans l'œuvre de Herrick, un rôle essentiel. Les Hespêrides nous montrent, poussé jusqu'à sa limite extrême, le libre-échange des idées et des mots qui domine à l'époque de la Renaissance. A force de vivre dans la compagnie de ses modèles, notre poète en arrive à se conformer à eux, presque inconsciemment, et à ne plus pouvoir discerner ce qu'il leur emprunte de ce qui lui appartient en propre. Le choix même de ces modèles : les Alexandrins, vus à travers les traductions latines le plus souvent, Horace, Martial, Ben Jonson en Angleterre, est significatif. Herrick apparaît ainsi comme un adaptateur qui, ne se fiant pas à ses propres forces, recherche presque toujours un exemple sur lequel il pourra s'appuyer. Ses poèmes ressemblent à de petits tableaux aux lignes légères et aux chatoyantes nuances, mais dont le sujet est imité de chefs-d'œuvre connus.
En dépit de ces influences considérables qui pèsent sur lui, l'individualité littéraire de Herrick demeure intacte. L'exemple de Jonson a pu lui apprendre à tempérer la chanson lyrique élizabéthaine d'un accompagnement latin, du moins son rythme personnel prédomine-t-il toujours, alternativement tendre et fringant, malgré les lourdes masses qui menacent parfois de l'étouffer. Herrick, dévot admirateur, ainsi qu'André Chénier, des maîtres d'autrefois, a su lui aussi les imiter d'une façon originale, et " changer en son miel leurs plus antiques fleurs. " L'étude de son style et de sa métrique va achever de nous en convaincre.