‹ Robert HerrickChapitre 9 sur 88 · LA FAMILLE I · texte numérisé non relu

LA FAMILLE I

vos frère et sœur Havves, et une rouelle pour votre frère Holden et sa femme, et une rouelle pour Thomas Chapman.... Chacun a son nom écrit SUT son morceau. Ma femme envoie à votre sœur Mary trois yards de drap pour une robe...

A Leicester, Dimanche matin, le 16 décembre 1582. Votre père qui vous aime autant que faire se peut, John Eyrick. " '

Il semblerait cependant que Nicholas Herrick ait été plus avare de ses lettres, dont pas une seule ne nous est parvenue, que de ses cadeaux, et que le vieux John s'en soit quelquefois formalisé. " Laissez entendre à votre frère Nicholas, ajoute-t-il en post-scriptum dans une lettre adressée à William en mars 1583, que je crois que le papier est rare à Londres, car je n'ai pas reçu une seule lettre de lui depuis son mariage. " - Son humeur éclate tout à fait dans une autre circonstance, lorsqiie sa fille Mary, qui était venue demeurer avec Nicholas, refusa, après le mariage de celui-ci, de regagner Leicester. La lettre qu'il lui adresse à ce propos achèvera de nous •dépeindre le vieillard, si cordialement affectueux malgré ses prétentions autoritaires et ses tendances à l'emportement :

" Vous devez nous être obéissante en tous temps, comme vous en fait un •devoir, ainsi que vous le savez, le commandement de Dieu ; comme pareillement vous êtes tenue d'être obéissante à vos parents par la Loi de Nature, et par la Loi du Royaume... Nous ne vous mandons point ici pour vous faire travailler, ou vous astreindre à aucune besogne ; mais pour surveiller la maison et faire le travail qu'il vous plaira.... Tous vos frères et sœurs, j'en rends grâces à Dieu, se montrent obéissants envers votre mère et moi.... Que je n'aie point sujet, s'il vous plaît, de vous en trouver différente ; car, en ce cas, ce serait grand ch.agrin pour votre mère et pour moi en nos vieux jours, et occasion d'abréger notre vie, qui ne saurait être longue.... Nous aurions pu vous forcer ; mais nous vous avons fait savoir nos désirs, et vous avons priée, et vous refusez d'obéir. Néanmoins votre mère et moi prions chaque jour pour vous, et demandons au Tout- Puissant de vous bénir, avec le reste de vos frères et sœurs. A Leicester, le 3 juin 1 583. " '

Il est probable cependant que Mary Eyrick fut toute par-

' Cité par John Nichols, oiiv. »//., vol. II, pt. II, pp. 622-23. - Ib., p. 623.

^ II'., p. 623.

donnée quand on apprit, dans la vieille maison familiale, qu'elle devait épouser le mercier Thomas Bennett, un des plus riches marchands de la Cité, qui, quelques années plus tard, allait recevoir à Whitehall (26 juillet 1603) le titre de Baronnet et presque en même temps être élu Lord-Maire de Londres (1603-04). ^

Telle était la famille où devait naître, en août 1591, Robert Herrick, et au milieu de laquelle il n'était pas inutile de nous attarder quelque peu. Si mystérieuses en effet que soient les transmissions héréditaires, il demeure indéniable qu'elles interviennent puissamment dans la formation d'un individu, et que, jusqu'à un certain point, le talent d'un écrivain est un capital accumulé par un lonç passé. C'est ainsi que les ancêtres provinciaux de Herrick ont contribué pour une bonne part à son originalité. On retrouvera chez lui leur riche santé, leur vitalité abondante, leur belle humeur, amie des gros repas et des propos joyeux ; un peu de l'orgueil que leur donnait une fortune bien assise et qu'encourageait la considération dont ils jouissaient dans leur petite ville provinciale ; jusqu'à leur pétulance même, impatiente de toute contrainte. Herrick pourra affiner singulièrement cette substance ancestrale, si massive encore :

il restera toujours, par certains côtés, " un poète du Leicester-

h»j 2 ire. -

Tout paraissait heureux en la demeure qu'occupait Nicholas Herrick dans Goldsmiths' Roiv, " la plus belle rangée d'habitations et de boutiques à l'intérieur de Londres ou dans tout le royaume, " affirme Stow, ^ quand naquit, dans la seconde moitié d'août 1591, Robert Herrick. "* La maison ^ était déjà toute peuplée à sa venue, six enfants, trois garçons et trois filles, nés entre 1585 et 1590,

' Voir Remembrancia, preser'ved among t/ie Archmes of the City of London, 1579-1664, London, \%jZ, passim.

- William Kelly : Royal Progresses and Fisits to Leicester, Leicester, 1884, P- 434-

» J. Stow : A SurHJey of London. Edited by CL. Kingsford, 2 vol., Oxford, 1908, vol. I, p. 345.

* La date de son baptême a été seule conservée. On lit dans le registre paroissial de S' Vedast, Foster Lane : " Roberte Herric/[e sonne to Nicholas Herric^ nvas baptized the XXII 11'^^' day of Auguste 1591. "

•' Elle était située à l'endroit compris aujourd'hui soit entre Foster Lane et

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