‹ Robert le ressuscité (volume 2)Chapitre 9 sur 19 · LV. Rt'SSîJSCITÉ i · texte numérisé non relu

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car on m'a dit (|u'il se nommait ainsi, je la cherchais encore; quand vous m'avez vu redescendre la montagne, triste et décoiirai:^é, le dernier rayon d'espoir venait de s'éteindre dans mon cœur, et la pensée de la mort y pénétrait sombre et fuuèhre. Je me laissai guider par le hasard qui me conduisit ici sur cette roche, et la nuit étant venue, je me couchai dans la neii^e, bien convaincu qu'avec le froid et la faim réunis, je m'endormais du dernier sommeil. C'est ce qui serait arrivé sans doute, sans le cri qu'a poussé cet homme, ce cavalier que j'ai aperçu rc^rardant au fond de cet abîme comme j'y regardais moimême quelques heures auparavant, et que

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Dion seul aspect a fait fuir épouvanté, sans que j'aie rien pu comprendre a cet eiîroi, puisqu'il coup sûr je lui suis tout a fait inconnu. Vous savez maintenant pourquoi je suis venu dans ce pays, et vous comprenez, n'est-ce pas? que tout espoir de bonheur soit a jamais banni de mon âme; enfin , vous voyez bien que la mort est

désormais mon seul refuge.

— Non, répondit la Maugrabine, je ne conviendrai jamais de cela , même après avoir entendu le récit de votre amour et de vos malheurs. Mais laissons ce sujet de côté et veuillez me répondre : ce gentilhomme qui vient de fuir, vous ne l'avez

donc vil qu'an niomenl où ses regards plonireaient dans ce précipice ?

— Je ne Tai vu qu'a ce niomenl.

— Alors, vous ignorez pourquoi il regardait ainsi au fond du gouflVe?

— Je Tignore.

— Venez.

EHe marcha devanl; le jeune homme la suivit, et au bout de quelques pas, elle lui montra la neige sillonnée par une large traÇe de sang.

— Savez-vous ce que c'est que cela ? lui dit-elle.

— Du sang! murmura Franlz en fris-

sonnant.

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— Et voyez-vous oii aboutit cette trace?

— Au précipice.

— Eh bien! un homme a été tué sur cette roche et lancé dans ce précipice, et l'assassin regardait si sa victime avait bien rouie jusqu'au fond de l'abîme, au moment où vous vous êtes dressé a ses. jeux ; et maintenant, je vais vou^jjwre quels étaient ces deux hommes et vous révéler la cause de la prolfc^lerreur o«-votre apparition a jeté celui qui vij'nt de fuir devant vous. Mais d'abord tâchez de réunir dans votre esprit tous les souvenirs de

k votre enfance et contez-les moi, car je vous le répèle, j'entrevois dans votre des-

tince qiieJque chose de invslérieux qu'un fait insignifiant sutrirait peut être pour éclaircir et qui pourrait apporter un changement complet dans votre position.

— Mon enfance, dit le jeune homme en passant la main sur son front, elle s'est effacée de mon esprit. Je n'en ai conservé qu'un seul souvenir; mais celui-ra aussi vif, aussi émouvant que s'il datait d'hier. Cependant il remonte hien loin , car j'avais alors cinq ans à peine.

— Cinq ans! murmura Zarita d'une voix sombre et en se parlant a elle-même l'autre aussi avait cinq' ans !

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Le jeune homme se détourna pour ne pas voir le san^^ qui rougissait la neige et lit ainsi a la Maugrabine le récit qu'elle lui demandait.

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